Il était une fois un cabaret à Palerme

Le Mirage est un cabaret mythique de Palerme qui a animé les nuits de la ville pendant plus de vingt ans, durant les années soixante et soixante-dix. Situé au n° 148 de la via Emerico Amari, juste à côte du Teatro Politeama, le night-club fut longtemps le seul et unique rendez-vous chic de la ville pour les noctambules, les dandys et la fine fleur de la société palermitaine en quête de divertissement. Son livre d’or compte notamment les signatures de l’équipe de tournage du Guépard, du sénateur Robert Kennedy ou encore de Domenico Modugno, l’inoubliable auteur-interprète de Volare.

Pierrette & Lino Cavallaro, les mythiques propriétaires du Mirage… et mes grands-parents!

Il faut dire que les propriétaires – qui ne sont autre que mes chers grands-parents! – avaient dirigé plusieurs cabarets à Paris. Ils ont été les premiers – et sans doute les seuls de toute la Sicile – à introduire des numéros de strip-tease dans leurs spectacles. Les artistes se nommaient Lulù du Chili, Lady Elektra, Black Pearl ou Lady Winchester. Mais il y eut aussi le comique Mac Roney, le magicien Goldin ou l’humoriste et poète Renzino Barbera et son truculent personnage de « Don Totò ». Un orchestre jouait en live les standards du jazz ou de la variété du moment.

Dans les années soixante-dix, mes grands-parents vendirent le night (comme on l’appelait là-bas) à Sergio Caminita, le musicien qui dirigeait l’orchestre depuis toujours. Mais la formule du cabaret passant peu à peu de mode, le Mirage dut fermer définitivement ses portes en 1983. L’ami Caminita a raconté cette belle aventure dans un livre :

La couverture du livre de Sergio Caminita, Un Night Club a Palermo, Gaefra editore.

Aujourd’hui, le local est devenu une extension de la Galerie Sarno, une maison de ventes aux enchères d’antiquités et d’objets d’art. Ce que l’on sait moins, c’est que l’immense fresque qui servait de décor à la scène du cabaret, aujourd’hui dissimulée sous une épaisse tenture de velours rouge et représentant un funambule et un équilibriste sur un vélocipède se détachant sur une ville polychrome, a été commandée par les propriétaires du Mirage à l’un des grands maîtres de la peinture italienne du xxe siècle, l’artiste Gianbecchina, de son vrai nom Giovanni Becchina.

La fresque de l’artiste Gianbecchina au Mirage

Dans un passionnant documentaire intitulé Dreaming Palermo, Mario Bellone retrace toute la scène musicale du chef-lieu sicilien, depuis la fin de Seconde Guerre mondiale à Pop 70, le Woodstock italien qui eut lieu précisément à Palerme. Regardez la vidéo sur son site, vous ne serez pas déçus! Vous y découvrirez, of course, le mythique Mirage de Monsieur Cavallarò, mais aussi un jeune et fringant Johnny Hallyday. Vintage, assurément!

5 commentaires sur « Il était une fois un cabaret à Palerme »

  1. Oggi, ho scoperto « Dreaming Palermo ». Molto mosso. Sto ora in Francia, ma ho conosciuto Palermo ne gli anni 70. Ho vissuto qualche anni la. Mi ricordo « Mario Bellone. mi piacere be vedere il film intero, ma come fare. Può essere possibile di comprare uno dvd ?

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  2. Carissima, non so se il termine esatto in francese sia CABARET, ma mi sembra riduttivo. Il Mirage era molto, ma molto di più… era una sorta di stato estero la cui ambasciata era a Palermo! Mitico, mitico, Mirage!
    Un saluto Reginella.

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    1. Scusami, Attilio, per il ritardo con cui rispondo al tuo commento : non l’avevo visto!!! Grazie tanto per il « mitico Mirage ». Ma si, in francese, si dice proprio così e non ha una connotazione riduttiva. I cabarets andavano molto di moda a Parigi dagli anni 20 fino agli anni 60, più o meno. Un periodo più che passato…

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  3. Mon mari Rudy Eyers (chanteur) a travaillé quelques mois au Mirage en 1977 ou 78. J’en garde de merveilleux souvenirs ; j’entends encore Sergio dire « mon petit pou », je crois que c’était l’une des seules expressions françaises qu’il connaissait.

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