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Iles Eoliennes, un décor de rêve

Si, comme le raconte un poète sicilien anonyme, la Sicile est un diamant posé sur la mer que Dieu a décroché de sa couronne pour l’offrir en cadeau aux hommes, alors les îles Eoliennes sont pareilles à un collier de perles qui s’égrène sur fond d’azur méditerranéen.

Inscrit depuis 2000 sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco pour son volcanisme, l’archipel compte sept îles principales (Lipari, Salina, Stromboli, Panarea, Filicudi et Alicudi) ainsi qu’un petit nombre d’îlots inhabités à proximité de Panarea (Basiluzzo, Dattilo, Bottaro, Lisca Nera et Lisca Bianca), situés au large des côtes septentrionales de la Sicile.

Bien qu’elles aient toutes en commun une végétation luxuriante et des paysages naturels de toute beauté, chacune possède son propre charme, sa propre particularité. Stromboli, avec son volcan, protagoniste du film éponyme de Roberto Rossellini en 1950 avec Ingrid Bergman, est sans doute la plus célèbre. Bien que Panarea, destination favorite de la jet-set italiennne, lui vole quelque peu la vedette l’été. Salina a la réputation d’être la plus agréable, la plus fertile et la plus verte (et sans doute la plus belle, mais ça, c’est mon opinion perso!), abritant une vaste réserve naturelle et ayant, elle aussi, servi de décor au cinéma (Le Facteur, de Michael Radford avec Philippe Noiret, sorti en 1994). Vulcano attire les randonneurs qui grimpent hardiment sur son cratère, considéré pourtant comme l’un des plus dangereux au monde, ou se baignent dans ses eaux chaudes ou ses boues sulfureuses. Lipari, la plus grande et la plus peuplée, est aussi la plus importante sur le plan administratif et économique. Tandis que Filicudi et Alicudi, les plus lointaines, sont aussi les plus sauvages. Bref, toutes différentes et toutes aussi somptueuses.

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L’île de Vulcano, vue de Lipari ©Régine Cavallaro

Les îles Eoliennes ont depuis tout temps exercé un charme puissant. Habitées dès l’âge de pierre, elles ont permis à leurs premiers habitants de prospérer grâce au commerce de l’obsidienne, roche volcanique que l’on trouve en abondance à Lipari. Plus près de nous, les carrières de pierre ponce, aujourd’hui abandonnées, ont été durant la seconde moitié du XXe siècle, l’une des principales ressources économiques de Lipari. Eteints ou en activité, les volcans des îles Eoliennes ont donc façonné leurs paysages, fertilisé leurs sols et nourri les hommes.

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Les deux anciens volcans de Salina vus de Lipari ©Régine Cavallaro

Aujourd’hui, on vient dans l’archipel Eolien pour se ressourcer, se détendre, oublier le stress et les soucis, s’émerveiller le long de ses sentiers de randonnée ou autour de ses cratères, savourer des produits authentiques et riches en goût qui font la fierté de la gastronomie sicilienne, profiter d’une nature reine, florissante et généreuse, d’un soleil toujours au rendez-vous et d’une mer digne des plus belles scènes du Grand Bleu. Bref, y passer des vacances de rêve!

 Ça tombe bien ! Le site voyage-prive.com propose régulièrement des séjours en Sicile et dans les îles Eoliennes, comme récemment une croisière à bord d’un superbe voilier, qui a accueilli autrefois Roberto Rossellini et Ingrid Bergman lors du tournage de Stromboli.

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Art brut à Sciacca

Posées sur la colline face à la mer, des milliers de têtes sculptées forment le peuple pétrifié de celui qui se faisait appeler le « Seigneur des cavernes ».

A Sciacca, sur la côte méridionale de la Sicile, se trouve un musée d’un genre particulier, au nom tout aussi particulier : le Château enchanté (Castello Incantato en italien). Dans un décor naturel de toute beauté, accroché à un ciel d’azur et face à une mer turquoise, quelque 3000 têtes de pierre veillent telles des sentinelles silencieuses sur les oliviers, les amandiers et les figuiers de Barbarie environnants. Est-ce l’histoire étonnante de l’artiste, l’étrangeté de ses oeuvres, ce lieu improbable? Une chose est sûre, il règne sur le Château enchanté une atmosphère empreinte d’une grande poésie qui plonge le visiteur dans un univers hors du temps.

Selon certains, Filippo Bentivegna, dit aussi Filippo delle teste (« Philippe des têtes »), était un original, pour d’autres un fou, pour d’autres encore un artiste génial. De son retour des États-Unis en 1919, où il avait cherché à émigrer, jusqu’à sa mort en 1967, ce sculpteur autodidacte, né à Sciacca en 1888 et issu d’un milieu très modeste, a réalisé une armée de têtes de toutes tailles, tantôt isolées, tantôt formant des masses pyramidales ou encore encastrées dans les murs. Certaines portent un nom : Mussolini, Garibaldi, Napoléon, Dante, Léonard de Vinci… L’artiste a toujours refusé de vendre ses œuvres. Quelques-unes, cependant, ont réussi à se frayer un chemin jusqu’à la Collection de l’Art brut à Lausanne, initiée par Jean Dubuffet. Selon Giuseppe Gulino, responsable de l’Association Agora chargée de gérer le site, elles seraient même les pièces préférées de sa collection.

Mais pourquoi cette obsession à ne sculpter que des têtes ? L’explication relèverait du cas médical. Lors de son séjour aux États-Unis, Filippo Bentivegna subit un grave traumatisme crânien, au cours d’une bagarre déclenchée, dit-on, par un rival en amour. Le coup fut si violent que le jeune homme resta sans connaissance plusieurs jours et souffrit par la suite de graves pertes de mémoire. Jugé inapte au travail, il doit rentrer chez lui en Sicile. A peine débarqué au lendemain de la Grande Guerre, il est arrêté pour désertion et condamné à trois années de réclusion. Toutefois, les médecins qui l’examinent le jugent « mentalement infirme » et on le remet en liberté. Avec ses économies et sa pension d’invalidité, il achète son bout de terrain et entreprend de sculpter des têtes à l’infini.

Infos pratiques
Il Castello incantato
Via Filippo Bentivegna, 16
92019 Sciacca (AG)
Tel  : +39 0925 99 20 64
Ouvert tous les jours, sauf lundi
de 9h30 à 13h et de 16h30 à 20h
Entrée : 3€

Depuis Palerme, si vous n’avez pas de voiture, vous pouvez prendre un car de la compagnie autolinee Gallo (voir site pour horaires. Terminus près de la Gare centrale) à destination de Sciacca (12,60€), puis arrivé à Sciacca prendre le bus n° 4 ou 5 (1€).

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Pour en savoir plus
Le site du musée
Le musée de l’art brut à Lausanne
La fiche de Filippo Bentivegna sur la base de données Muséris

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Salina, l’île de la malvoisie, des câpres…et du paradis

A douze mille marins de la côte nord-orientale de la Sicile, Salina est l’une des sept îles que compte l’archipel Eolien, figurant au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2000 pour sa nature généreuse et volcanique. Avec sa réserve naturelle de 1000 hectares, c’est sans aucun doute l’un des plus beaux paradis de la planète, carrément!!!

Et c’est dans ce superbe décor naturel, léché par une mer d’un bleu intense et sous un ciel indigo que les Tasca d’Almerita, une antique famille de la noblesse sicilienne qui se consacre à la vitiviniculture depuis huit générations, a choisi d’installer son Capofaro Malvasia & Resort : une résidence 5 étoiles, au luxe sobre et raffiné, dotée d’une vingtaine de chambres, d’un restaurant gastronomique et d’une merveilleuse piscine aux eaux turquoise offrant une vue unique sur les îles voisines de Stromboli et Panarea

Mais outre l’incroyable beauté de ce site d’exception, son autre particularité réside dans les six hectares de vigne plantés au coeur même du Resort. Tasca d’Almerita, élu meilleur chai de l’année par le prestigieux guide Vini d’Italia 2012 du Gambero Rosso, y cultive la Malvoisie des îles Lipari, un cépage qui serait arrivé sur l’île en 588 av. J.-C. avec les premiers colons grecs. Ce « vin des volcans », comme l’a qualifié Guy de Maupassant, est un vin doux naturel à la robe jaune aux reflets dorés, riche en arômes et long en bouche qui bénéficie d’une appellation d’origine contrôlée depuis 1973.

Cette année, le Capofaro Malvasia & Resort fête son dixième anniversaire. Une excellente occasion d’aller goûter aux mille et une délices d’une île paradisiaque, servies par un sens inné de l’hospitalité et une profonde gentillesse issue du désir de partager le privilège de vivre dans un endroit unique.

Pour en savoir plus
www.tascadalmerita.it
www.capofaro.it

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Dans les entrailles du volcan

Aussi appelé Mongibello ou plus simplement A’ Muntagna en dialecte, l’Etna est une créature bien vivante, aimée et respectée des Siciliens.

Depuis l’Antiquité, l’Etna, ce « roi des usines à feu » comme l’a appelé Fernand Braudel, a toujours enflammé les imaginations. Sénèque, Pindare, Eschyle, Ovide, pour ne citer qu’eux, en ont longuement chanté la beauté et la puissance. Récemment, Dominique Bertrand, chercheuse et enseignante de l’université Blaise Pascal de Clermont-Ferrand, a recensé dans son ouvrage Mythologies de l’Etna les innombrables mythes et légendes ayant pour décor le volcan sicilien.

On y apprend notamment que Zeus y a enseveli le monstre Typhon, fils de Tartare et de Gaïa, qui avait eu l’audace de s’opposer au maître de l’Olympe. Prisonnier de l’Etna pour l’éternité, ce géant furieux et insoumis tente parfois de se libérer, provoquant au passage de terribles tremblements de terre et vomissant les flammes que l’on voit régulièrement surgir du volcan. C’est aussi l’ultime demeure du philosophe Empédocle qui se serait suicidé en se jetant dans la bouche de l’Etna, non sans avoir pris soin de laisser ses sandales sur le bord du cratère.

Avec ses 3350 mètres d’altitude et sa superficie de 1570 km2, l’Etna est aujourd’hui le plus grand volcan en activité d’Europe. Sans oublier les 58 000 hectares du Parc naturel de l’Etna institué en 1987, offrant une incroyable diversité de paysages grâce à la richesse de sa terre : végétation luxuriante au pied du volcan (vignes, orangers et citronniers), pentes boisées (amandiers, pistachiers et arbres fruitiers) et sommets lunaires (lave et poussières noires).

Il existe plusieurs points de départs pour se rendre sur l’Etna. On y accède soit par le nord à Linguaglossa dont les guides de montagnes proposent plusieurs excursions jusqu’aux cratères sommitaux, soit par le sud à Nicolosi : au refuge de Sapienza (1923m), un téléphérique amène les visiteurs jusqu’à 2500m ; ils sont ensuite conduits en véhicules tous terrains jusqu’aux zones du cratère autorisées. Une fois là-haut, on ne regrette plus les 45 euros que l’on doit débourser pour cette excursion unique et inoubliable, surtout lorsqu’on a la chance de l’entendre mugir ou de le voir s’animer.

En hiver, les amoureux de la glisse peuvent même s’adonner à leur sport favori (ski et snowboard) sur les pentes enneigées du volcan. Gageons que l’idée de skier tout en apercevant la mer risque d’en séduire plus d’un !

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La vogue des Bed & Breakfast en Sicile

Vous pensiez que le bed & breakfast était typiquement anglais ? Détrompez-vous. En Sicile, la formule a largement été adoptée, elle a même le vent en poupe.

L'agriturismo Guarnera de Donatella près de Campofelice di Rocella
L’agriturismo Guarnera de Donatella près de Campofelice di Rocella

Il fut un temps où l’on entendait davantage parler français sur les plages siciliennes. Mais depuis quelques années, nos compatriotes semblent bouder la Sicile, du moins voit-on plus rarement des hordes de vacanciers tricolores s’engouffrer dans des cars et partir à l’assaut des plus beaux sites de l’île. Pourtant, le tourisme se porte plutôt bien. En fait, il a tout simplement changé de physionomie.

L’heure n’est plus aux voyages organisés, en groupes, mais à la découverte d’une Sicile plus intime, plus personnelle, « à la carte » : on loue une voiture à l’aéroport puis on part sillonner les routes en suivant son propre itinéraire. On est alors libre de rester plusieurs jours à Palerme et prendre le temps de visiter les innombrables joyaux que renferme la « capitale » de la Sicile, ou bien partir explorer les reliefs montagneux des Madonie au cœur de l’île, se concocter un circuit des plus belles villes baroques ou même ne rien programmer du tout et se déplacer au gré de ses envies avec, au menu, plages et dolce farniente.

Les hôtels-clubs ne font plus recette. La formule à la mode, désormais, c’est le bed & breakfast. Les Italiens, qui ne sont pas très tatillons en matière de protection de la langue et n’hésitent pas à emprunter massivement à l’anglais, ont opté pour ce vocable 100% british. En France, on parlerait plutôt de logement chez l’habitant ou de chambre d’hôtes. Moins froide et moins formelle qu’un séjour à l’hôtel, la formule se prête parfaitement à un tourisme nomade : on s’y plaît, on reste ; on a envie de bouger, on repart. Et ce ne sont pas les propositions qui manquent. Pour la seule ville de Palerme et ses environs, il existe pas moins de 133 bed & breakfast, contre 891 dans toute la Sicile. Comme son nom l’indique, il s’agit, la plupart du temps, d’une chambre avec salle de bain, mise à la disposition du vacancier à l’intérieur d’un appartement ou d’une villa occupée par ses propriétaires. Avec, compris dans le prix, petit déjeuner servi le matin.

Mais la formule est souple (nous sommes en Méditerranée, ne l’oublions pas !) et réserve parfois d’agréables surprises. Comme les bed & breakfast que propose Il Glicine. En fait, sous cette dénomination se cachent trois sœurs. Trois sœurs, trois structures différentes. Celui de Silvana est sans conteste le plus recherché. Jouissant d’une vue imprenable et digne des plus belles cartes postales sur le golfe de Mondello, la plage préférée des Palermitains, la vaste villa est adossée au mont Gallo et domine la baie de sable blond. Enfouie dans la verdure, elle offre un véritable havre de paix après une chaude journée passée à barboter dans une mer bleue Caraïbes et à se dorer sous un soleil implacable, tout ça dans la joyeuse ambiance des plages du Sud. Mais la station balnéaire étant très bien desservie par les bus et les pullmans (version plus confortable dotée de l’air conditionné), il suffit d’une vingtaine de minutes pour rejoindre le centro storico de Palerme, le cœur de la vieille ville où se trouvent réunis tous ses plus importants monuments et ses quartiers hauts en couleurs.

Ce bed & breakfast sur le golfe a aussi l’avantage de proposer deux types de logements : une chambre double traditionnelle, mais aussi un véritable appartement, avec entrée indépendante, donnant sur un jardin à la végétation luxuriante. Et pour couronner le tout, la maîtresse de maison est d’une gentillesse à toute épreuve et incarne à elle seule le sens de l’hospitalité légendaire des Méridionaux. Non seulement a-t-elle soigné son intérieur, en sachant créer une ambiance chaleureuse et raffinée, toute en harmonie, mais elle pousse le détail jusqu’à vous offrir des confitures faites maison au petit déjeuner (celle aux figues et à la cannelle est un pur délice !) et des œufs des poules du jardin, lorsque celles-ci ont pondu en quantité suffisante.

Toujours à Mondello, le deuxième bed & breakfast, celui de Gabriella, est ni plus ni moins situé dans l’aile d’un château du XVIIIe siècle. Tout comme le reste de l’habitation, les trois chambres sont d’une rare élégance et vous plongent dans une atmosphère hors du temps. Et quand vous aurez pris le petit déjeuner sur la terrasse noyée dans la végétation exubérante du splendide jardin, il y a fort à parier que vous aurez toutes les difficultés du monde à quitter ces lieux enchanteurs. Vous ne parlez pas un mot d’italien ? Qu’à cela ne tienne ! « Je préfère recevoir des Français car je parle mieux la langue de Molière que celle de Shakespeare », explique la maîtresse de maison dans un français impeccable. Les Anglais viennent principalement au printemps, tandis que les Italiens sont surtout présents en été, même si les chambres sont disponibles tout au long de l’année.

Car l’autre grand avantage du bed & breakfast, c’est qu’on peut le visiter virtuellement, quel que soit l’endroit de la planète où l’on vit. Dans la majorité des cas, en effet, il s’accompagne d’un site Internet sur lequel d’abondantes photos et descriptions sont fournies aux visiteurs. Finies, donc, les mauvaises surprises à l’arrivée. De plus, on traite directement avec le propriétaire. L’absence d’intermédiaires permet ainsi de proposer des tarifs bien plus raisonnables que ceux pratiqués par les hôtels.

En outre, les propriétaires des villas se mettent généralement en quatre pour faciliter et agrémenter le séjour de leurs hôtes : ils sont souvent heureux de partager leurs connaissances des environs et prodiguent de précieux renseignements et conseils de visite. Les trois sœurs de Il Glicine ont des étagères remplies de dépliants, de cartes et de brochures de la région qu’elles mettent à la disposition des vacanciers. Elles proposent également un certain nombre de services supplémentaires, comme de venir vous chercher à l’aéroport, ou de vous y emmener, si vous n’avez pas de voiture ; ou encore de vous louer vélos ou vespas, un must quand on vit dans le sud de l’Italie. L’une d’elles prévoit même, pour l’été prochain, de cuisiner le repas du soir pour tous ceux qui en feraient la demande. Et, petit plus, elles peuvent aussi fournir une connexion Internet, ce qui n’est pas négligeable dans une ville où, bizarrement, les points Internet et les webcafés ne sont pas très répandus.

Avec la troisième sœur, Donatella, nous quittons la catégorie bed & breakfast à proprement parler pour passer à celle de l’agriturismo, littéralement tourisme vert, l’équivalent, plus ou moins, de notre gîte rural. Il s’agit pourtant du même principe : on loue une chambre, un appartement, voire une dépendance toute entière au sein d’une propriété habitée par les maîtres de maison. La différence, c’est que ces habitations sont situées la plupart du temps loin des villes, dans des sites naturels privilégiés, qui servent de point de départ pour découvrir les produits du terroir et les spécialités gastronomiques de la région. L’agriturismo de Donatella se trouve à Campofelice di Roccella, à quinze kilomètres de Cefalù et à soixante de Palerme. Dans un paysage tout en collines, avec la mer en toile de fond, cette belle demeure de campagne du XIXe siècle est littéralement noyée dans le vert : le vert argenté des oliviers, mais aussi le vert plus sombre des pins de Méditerranée, le vert clair des eucalyptus et le vert éclatant des citronniers. Les oiseaux ne s’y trompent pas et viennent nicher en nombre, faisant du lieu un véritable paradis pour les adeptes du birdwatching. La mer n’est qu’à trois kilomètres, mais la piscine est là pour se rafraîchir lorsque la chaleur estivale fait grimper le mercure. Donatella produit elle-même son huile d’olive, bio bien entendu, comme du reste tous les fruits et légumes qu’elle cultive dans son jardin et qu’elle propose à ses hôtes en demi-pension ou pension complète.

Outre une magnifique glycine grimpant le long de leurs maisons (d’où le nom de leur association), les trois sœurs ont assurément en commun le goût des belles choses et savent créer une atmosphère à la fois chaleureuse et raffinée, et l’intérieur de Donatella ne déroge pas à la règle. Leurs trois maisons ont une âme qu’aucun hôtel ne saurait apporter à leurs clients.

Article paru sur le site du magazine de voyage Ulysse

Agrigente vu par Angelo Pitrone

Jamais je n’aurais imaginé retrouver un jour les colonnes des temples d’Agrigente sur les collines environnantes de Vézelay au cœur de la Bourgogne. Mais c’était sans compter sur la solide amitié qui lie Edith de La Héronnière, écrivaine et présidente de la fondation Zervos, et le photographe sicilien Angelo Pitrone, une belle amitié qui a donné lieu à une bellissima exposition.

Au siècle dernier, la Maison Zervos (à ne pas confondre avec le musée du même nom situé dans le centre de Vézelay) a accueilli nombre d’hôtes illustres, de Picasso à René Char en passant par Max Jacob et Paul Eluard. Aujourd’hui et jusqu’au 31 août, elle abrite l’exposition de photographies « Agrigente intime, lieux d’écriture en Sicile » d’Angelo Pitrone.

Depuis maintenant une quarantaine d’année, le photographe agrigentin s’attache à capter l’âme de sa ville et de ses paysages, mais aussi de ses écrivains célèbres, comme Luigi Pirandello, Leonardo Sciascia ou encore Andrea Camilleri. En couleur ou en noir et blanc, l’œuvre d’Angelo Pitrone réussit parfaitement à magnifier la lumière si particulière de cette île de la Méditerranée. Comme le fait observer l’artiste à un admirateur venu l’interroger lors du vernissage de l’exposition, « la lumière en Sicile peut être très violente. L’azur sicilien ne peut se voir qu’en hiver. L’été, tout est blanc. »

Angelo Pitrone a publié de nombreux ouvrages, notamment I luoghi del romanzo, dédié aux lieux qui ont façonné les trois grands écrivains que sont Pirandello, Tomasi di Lampedusa et Sciascia et dernièrement Agrigento Intima, qui raconte en une centaine de clichés celle qui a été désignée Capitale italienne de la Culture en 2025.

Le maestro m’a fait un joli cadeau quand nous nous sommes aperçus que nous avions pris le même modèle en photo, un « olivier sarrasin » pluricentenaire près du temple de la Concorde à Agrigente, en posant ma petite carte de visite en couleur près de son magnifique cliché noir et blanc.

Angelo Pitrone
« Agrigente intime, lieux d’écriture en Sicile »
du 2 juillet au 31 août 2025
Maison Zervos, à La Goulotte, à 4 km de Vézelay
tous les jours, sauf lundi et mardi, de 14 à 19 heures
Entrée : 3 euros
Tél. : 03 86 32 36 10
www.fondationzervos.com

Il testo in italiano

Agrigento vista da Angelo Pitrone

Non avrei mai immaginato di vedere un giorno le colonne dei templi di Agrigento sulle colline che circondano Vézelay, nel cuore della Borgogna. Ma questo era senza considerare la forte amicizia tra Edith de La Héronnière, scrittrice e presidente della Fondation Zervos, e il fotografo siciliano Angelo Pitrone, una bella amicizia che ha dato vita a una bellissima mostra.

Nel secolo scorso, la Maison Zervos (da non confondere con l’omonimo museo nel centro di Vézelay) ha ospitato numerosi ospiti illustri, da Picasso e René Char a Max Jacob e Paul Eluard. Oggi e fino al 31 agosto, ospita la mostra fotografica “Agrigente intime, lieux d’écriture en Sicile” di Angelo Pitrone.

Da più di quarant’anni, il fotografo agrigentino si dedica a catturare l’anima della sua città e dei suoi paesaggi, nonché dei suoi famosi scrittori, come Luigi Pirandello, Leonardo Sciascia e Andrea Camilleri. A colori o in bianco e nero, l’opera di Angelo Pitrone riesce perfettamente a magnificare la luce particolare di quest’isola del Mediterraneo. Come sottolinea l’artista a un ammiratore venuto a interrogarlo all’inaugurazione della mostra, « la luce in Sicilia può essere molto violenta. L’azzurro siciliano si vede solo in inverno. In estate, tutto è bianco ».

Angelo Pitrone ha pubblicato diversi libri, tra cui I luoghi del romanzo, dedicato ai luoghi che hanno plasmato la vita e l’opera di Pirandello, Tomasi di Lampedusa e Sciascia, e ultimamente, Agrigento Intima, che racconta in una centinaia di scatti la città proclamata Capitale italiana della cultura nel 2025.

Il maestro mi ha fatto un bel regalo quando ci siamo resi conto di aver scelto lo stesso modello, un ulivo saraceno plurisecolare vicino al Tempio della Concordia ad Agrigento, avvicinando il mio piccolo biglietto da visita a colori al suo magnifico scatto in bianco e nero.

Angelo Pitrone
« Agrigente intime, lieux d’écriture en Sicile »
dal 2 luglio al 31 agosto 2025
Maison Zervos, La Goulotte, 4 km da Vézelay
tutti i giorni, tranne lunedì e martedì, dalle 14 alle 19
Biglietto : 3 euro
Tél. : +33 3 86 32 36 10
www.fondationzervos.com

Isabella Ducrot, jeune artiste nonagénaire

Bien qu’elle soit née à Naples et vive à Rome, Isabella Ducrot a toute sa place dans ce magazine dédié à la Sicile car son nom est étroitement lié à la vie économique et culturelle palermitaine du début du XXe siècle. Le sicilien Vittorio Ducrot (d’origine française comme son nom l’indique) fut en effet l’un des plus prestigieux fabricants de meubles Art Nouveau d’Italie et d’Europe, fournissant les hôtels de luxe et les paquebots transatlantiques. Mais ceci est une autre histoire qui mériterait son propre article…

Née en 1931, Isabella Ducrot n’a débuté sa carrière artistique que très tardivement, aux alentours de la soixantaine. Mais comme elle le confie elle-même à une journaliste du New Yorker venue l’interroger dans son appartement-atelier à Rome, “I think life, for women, begins at sixty. Because then we begin to be free.” (“Je pense que la vie, pour les femmes, commence à 60 ans car c’est à ce moment-là que nous commençons à être libre”).

Marié à un important agent de voyage romain (Viaggi dell’Elefante) et mère de deux enfants, elle a longtemps accompagné son époux aux quatre coins de la planète. De ses innombrables voyages, elle rapporte des textiles anciens, des miniatures persanes et indiennes, des bouts de tapis, de vieux papiers japonais. Cette passionnée d’art baroque s’entoure également d’une riche collection de peintures comptant d’illustres artistes comme Artemisia Gentileschi ou Luca Giordano. Jusqu’au jour où elle décide de trouver sa propre voie/voix artistique, en assemblant sur du papier des tissus anciens, des collages complétés de dessins, de motifs, d’encres noires et colorées.

Bien que l’art d’Isabella Ducrot soit reconnu depuis les années 90 en Italie, jusqu’il y a peu l’artiste ne jouissait pas d’une renommée internationale. C’est une galeriste allemande de Cologne, Gisela Capitain, qui la première lui a donné une visibilité internationale. Cet été, tandis que le magazine américain The New Yorker publiait son long et élogieux portrait, le Consortium Museum de Dijon, lui, organisait une – bellissima! – exposition intitulée « Profusione », présentant une partie significative de sa production sur papier, tissus et collages de ces cinq dernières années ainsi que de nouvelles pièces créées spécialement pour l’occasion. Il reste encore quelques jours (jusqu’au 8 septembre) pour découvrir l’œuvre de cette artiste qui n’a pas fini de faire parler d’elle.

Consortium Museum
Isabella Ducrot
« Profusione »
37, rue de Longvic
21000 Dijon
Tel : 03 80 68 45 55
www.leconsortium.fr

Il testo in italiano

Isabella Ducrot, giovane artista novantenne

Anche se è nata a Napoli e vive a Roma, Isabella Ducrot ha un posto di diritto in questa rivista dedicata alla Sicilia perché il suo nome è strettamente legato alla vita economica e culturale di Palermo all’inizio del XX secolo. Il siciliano Vittorio Ducrot (di origine francese, come suggerisce il cognome) fu uno dei più prestigiosi produttori di mobili Art Nouveau in Italia e in Europa, rifornendo alberghi di lusso e transatlantici. Ma questa è un’altra storia che merita un articolo a sé…

Nata nel 1931, Isabella Ducrot ha iniziato la sua carriera artistica molto tardi, a sessant’anni. Ma, come lei stessa ha confidato a una giornalista del New Yorker venuto a intervistarla nella sua casa e atelier a Roma, « penso che la vita, per le donne, inizi a sessant’anni. Perché allora cominciamo a essere libere ».

Sposata con un importante agente di viaggio romano (Viaggi dell’Elefante) e madre di due figli, ha accompagnato il marito per molti anni ai quattro angoli del mondo. Dai suoi innumerevoli viaggi ha portato con sé tessuti antichi, miniature persiane e indiane, ritagli di tappeti e vecchie carte giapponesi. Questa amante dell’arte barocca si è anche circondata di una ricca collezione di dipinti di artisti illustri come Artemisia Gentileschi e Luca Giordano. Fino al giorno in cui ha deciso di trovare la propria voce artistica, assemblando vecchi tessuti su carta, collage completati da disegni, motivi e inchiostri neri e colorati.

Sebbene l’arte di Isabella Ducrot sia riconosciuta in Italia fin dagli anni Novanta, fino a poco tempo fa l’artista non godeva di fama internazionale. È stata una gallerista tedesca di Colonia, Gisela Capitain, a darle per prima visibilità internazionale. Quest’estate, mentre la rivista americana The New Yorker pubblicava il suo lungo ritratto encomiastico, il Consortium Museum di Digione in Borgogna ha organizzato una – bellissima! – mostra intitolata « Profusione », che presenta una parte significativa del suo lavoro su carta, tessuto e collage degli ultimi cinque anni, oltre a nuovi pezzi creati appositamente per l’occasione. Restano ancora pochi giorni (fino all’8 settembre) per scoprire le opere di questa artista che non ha ancora finito di far parlare di sé.

Consortium Museum
Isabella Ducrot
« Profusione »
37, rue de Longvic
21000 Dijon – Francia
Tel : + 33 3 80 68 45 55
www.leconsortium.fr

Musica!

En ces temps de noirceur, un peu de musique pour adoucir les mœurs.

Si vous aimez les chanteurs italiens avec leurs voix chaudes et leurs mélodies entraînantes, alors vous devriez a-do-rer Tiberio Ferracane! J’ai découvert cet auteur-compositeur-interprète turinois il y a deux ans à l’occasion de la sortie de son album Magarìa, « l’album de toute une vie » comme le définit l’artiste lui-même mêlant ses propres créations et des reprises de Domenico Modugno, Serge Reggiani ou encore Adriano Celentano.

Magarìa en sicilien signifie « enchantement », « sortilège ». Avec ce CD, Tiberio Ferracane nous invite effectivement à un voyage enchanté et en chansons à travers les sons, les langues, les parfums et les saveurs de la Méditerranée. Car s’il est né à Turin, Tiberio Ferracane n’en reste pas moins sicilien dans l’âme, grâce à ses parents siciliens installés à Tunis puis rapatriés en Italie:

« Je suis un enfant d’Afrique, mes parents sont siciliens, ils sont nés à Tunis et moi à Turin. Ma culture se partage en deux moitiés égales. Enfant, ma mère me parlait en français et mon père me répondait en sicilien. À la maison, on parlait une langue étrange mêlée de français, d’italien et de sicilien. À table, le dimanche, c’est un couscous aux poissons comme à Tunis. L’apéritif par tradition se tenait debout, un verre de pastis à la main et du poulpe bouilli relevé à la harissa sur la table basse du salon. Dans mes chansons, c’est devenu presque une évidence d’insérer des phrases en français, en sicilien et aussi en italien. Chez moi, ma maison c’est Palerme, Gênes ou Marseille ! »

Rien d’étonnant donc qu’on retrouve dans cet album, à côté de son titre phare La casa sognata, la chanson de Serge Reggiani, l’Italien, « un véritable hymne pour tous les immigrés italiens vivant en France », explique-t-il. Mais ma reprise préférée reste sans aucune hésitation Un’ora sola ti vorrei, un classique de la chanson italienne datant de 1938 et interprété par de nombreux artistes. La version de Tiberio Ferracane qu’il chante accompagné de son seul piano est une pure émotion!

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Embarquement immédiat!

Pour fêter dignement les dix ans de mon Dictionnaire insolite de la Sicile, j’ai souhaité organiser un voyage dans ma chère Sicile. Mais attention, pas n’importe quel voyage! Un voyage inédit et exclusif basé précisément sur une sélection de lieux insolites extraits du Dictionnaire.

Naturellement, n’étant pas voyagiste, je me suis appuyée sur une agence de voyages locale ayant une solide expérience dans l’organisation de séjours et circuits thématiques.

C’est donc avec une joie immense que je vous propose de partir avec moi, à la découverte d’une Sicile insolite, une Sicile que vous ne trouverez pas dans les guides de voyage traditionnels, une Sicile véritablement hors des sentiers battus.

Un périple d’une semaine autour de Palerme et ses environs en passant par Mozia et les îles du Stagnone, pour vous étonner, vous émerveiller, séduire vos pupilles comme vos papilles, découvrir, admirer, savourer.

Itinéraire

Les mots en gras correspondent à des entrées du Dictionnaire insolite de la Sicile.

1er jour
Arrivée à l’aéroport de Palerme, transfert et installation dans les hébergements choisis (hôtels ou chambres d’hôtes)
Visite du Palais Steri-Chiaramonte avec les graffitis des prisonniers de l’Inquisition espagnole
Dîner dans la meilleure (d’après moi et beaucoup d’autres 😉 ) pizzeria de Palerme

2e jour
Dégustation des nénés de Sainte-Agathe et autres délices de la pâtisserie monastique au couvent de Sainte-Catherine à Palerme. Visite du cloître et de l’église, chef-d’oeuvre de l’art baroque
Déjeuner dans une osteria
A la découverte de l’éléphant nain de Sicile, de l’île fantôme Ferdinandea et autres trésors préhistoriques du musée Gemmellaro à Palerme
Visite de l’incroyable collection de carreaux de majolique d’un musée privé à Palerme
Dîner et soirée libres

3e jour
Visite d’une glacière, taillée dans le flanc d’une montagne, qui fournissait autrefois la glace indispensable à la recette de la granita suivie de la visite de l’abbaye médiévale San Martino delle Scale et déjeuner avec les moines
Visite – incontournable – de la magnifique cathédrale de Monreale avec ses mosaïques d’or, qui abrita un temps les entrailles du roi Saint-Louis
Dîner et soirée libres

4e jour
Visite de Mozia, un îlot hors du temps entouré de salines et de moulins à vent et abritant un site archéologique phénicien, dont un bassin sacré appelé Kothon
Repas léger avec dégustation d’un vin rare issu de vignes cultivées à l’ancienne par le domaine Tasca Conti d’Almerita
Visite des salines puis apéritif chez Mamma Caura avec vue sur le coucher de soleil
Dîner et soirée libres

5e jour
Visite des Qanat, ingénieux réseau hydraulique construit dans le sous-sol palermitain lors de la domination arabe et encore en service aujourd’hui
Visite d’une mine de soufre à Lercara-Friddi, qui a longtemps été un pilier de l’économie de l’île mais dont l’exploitation a engouffré tant de vies humaines, y compris celles des fameux carusi
Dîner et soirée libres

6e jour
Et pour finir en beauté, une journée au bord des eaux turquoise de Mondello, la plage de Palerme avec son établissement balnéaire et ses villas Liberty avec, pour les plus courageux, une excursion à pied sur la montagne qui surplombe la plage pour admirer les mosaïques du Sémaphore, accueillant un Facteur Cheval version sicilienne.
Dîner et soirée libres

7e jour
Transfert à l’aéroport et retour à Paris

Ce programme peut être soumis à de légères modifications en fonction des horaires des vols retenus.

    Tarif : 1450 euros + billet d’avion Paris/Palerme A/R*
    *Environ 300 euros. Plus tôt nous réserverons, plus nous bénéficierons d’un tarif économique. A contrario, plus nous attendrons, plus le prix du billet d’avion s’envolera!

    Ce prix comprend:
    les nuits d’hôtel ou en chambres d’hôtes, avec petits-déjeuners
    les déjeuners,
    les transferts de et vers l’aéroport,
    les déplacements et excursions en minivan et en bateau,
    les entrées et visites guidées,
    les dégustations.

    Ce prix ne comprend pas:
    les dîners
    et, pour celles et ceux qui ne l’auraient pas encore lu, mon Dictionnaire insolite de la Sicile 😉

    Réservations
    Ce voyage est limité à 12 personnes maximum, avec un minimum de 10 personnes. Ne tardez pas à réserver votre place!

    N’hésitez pas à me contacter pour plus de renseignements.

    Connaissez-vous le tourisme des racines?

    En Italie, 2024 a été décrété « l’année des racines ». A cette occasion, le gouvernement a lancé un vaste programme appelé Italea, un jeu de mot dérivé de « talea » qui signifie bouture. En effet, il s’agit de faire connaître le Bel Paese aux descendants des Italiens et Italiennes qui ont quitté leur pays jadis à la recherche d’une vie meilleure pour planter racine aux quatre coins de la planète. Selon les estimations, il y aurait quelque 60 millions d’Italiens et d’Italo-descendants disséminés de par le monde.

    Aujourd’hui, beaucoup de ces descendants ont perdu le lien avec leur famille et leur terre d’origine. L’Italie a donc décidé de promouvoir le tourisme des racines, en les invitant à effectuer un retour vers la plante mère, à la découverte de la culture et des lieux de leurs ancêtres. Mais pas seulement. L’initiative prévoit également de les accompagner dans leurs recherches généalogiques.

    Évidemment, la Sicile est l’une des régions les plus concernées par ce programme, ayant fourni l’un des contingents migratoires les plus importants du pays. Ainsi, Italea Sicilia propose une large palette d’activités aux touristes d’origine sicilienne, en plus de les assister à reconstituer leur arbre généalogique.

    Il suffit aux personnes intéressées de remplir un formulaire sur le site (il n’existe pas encore de version en français mais il y a une version en anglais) pour qu’on leur suggère un voyage concocté sur mesure à partir des renseignements fournis. Elles pourront ainsi se rendre dans la ville ou le village de leurs aïeux pour y découvrir la culture, les paysages, le patrimoine architectural et artistique, les coutumes, les fêtes traditionnelles, l’artisanat sans oublier, bien sûr, la gastronomie et les produits locaux.

    De plus, une équipe de généalogistes est là pour aider les « touristes des racines » à aller puiser dans les archives de l’état-civil, des paroisses et des cimetières ou encore dans leurs propres archives familiales toutes les informations nécessaires pour retracer l’histoire de leur famille, voire retrouver des parents éloignés.

    Alors, si vous avez toujours rêvé de découvrir la terre de vos origines, comprendre d’où viennent et ce qu’ont vécu vos grands-parents ou arrière-grands-parents, n’attendez plus, c’est le moment ou jamais!

    Le Guépard, version magazine

    On connaît tous le film de Luchino Visconti avec Burt Lancaster, Alain Delon et Claudia Cardinale, adapté du non moins célèbre roman de Giuseppe Tomasi di Lampedusa dont la fameuse tirade a donné son titre à l’œuvre : « Nous fûmes les guépards, les lions ; ceux qui nous remplaceront seront les chacals et les hyènes ; et tous, guépards, chacals et moutons, nous continuerons à nous considérer comme le sel de la terre », déclarait le prince de Salina.

    Mais on connaît moins le magazine sicilien Gattopardo, tout aussi élégant et remarquable. Ce bimestriel de 130 pages que l’on trouve uniquement dans les kiosques locaux (malheureusement!) a pour slogan « la rivista della Sicilia che cresce », littéralement la revue de la Sicile qui croît. Il raconte non seulement les mille et une beautés de l’île, mais aussi les récits de défis relevés, de victoires remportées, de rêves réalisés de Siciliens et Siciliennes qui s’engagent et se battent pour redonner à leur terre ce petit goût de paradis que sa nature fertile et volcanique lui a donné.

    Sa rédactrice en chef, Laura Anello, également présidente du festival Le Vie dei Tesori, a réuni une trentaine de journalistes, d’écrivains comme Roberto Alajmo et Santo Piazzese, d’historiens, d’universitaires et de spécialistes tous amoureux de leur île. A travers leurs chroniques et leurs articles de fond, ils nous invitent à (re-)découvrir une autre Sicile, une Sicile innovante et inspirante, à la fois tournée vers la modernité et attachée à ses savoir-faire ancestraux. Éclectique, le magazine aborde aussi bien l’actualité artistique et culturelle, la gastronomie, le design ou la mode que des sujets liés au patrimoine architectural, aux sites naturels ou encore aux traditions.

    Je suis particulièrement fière de collaborer à ce magnifique magazine. J’ai notamment écrit une série d’articles en italien sur les liens (nombreux) entre la Sicile et la France, dans une rubrique appelée « Sicilia, mon amour ». On peut les lire ci-dessous:

    Voyage & écriture

    Un voyage littéraire en Sicile, ça vous tente? Suivez le guide!

    Ayant deux passions, la Sicile et l’écriture, c’est au mariage des deux que je vous invite : découvrir la Sicile tout en écrivant.

    Depuis quelque temps, j’anime des ateliers d’écriture pour favoriser ou consolider l’expression de soi. Écrire noir sur blanc ses pensées, ses émotions ou ses expériences permet de mieux les structurer et les intégrer, de procéder à un état des lieux, de faire le tri aussi entre ce que l’on préfère garder ou oublier, de prendre conscience de ses envies et de ses limites, bref d’y voir plus clair sur son passé, son présent et son avenir. Mais c’est aussi un temps d’échange et de partage entre les participants, rarement réunis par hasard.

    C’est donc sur les traces des Florio à Palerme que je vous invite. Villa Igea, le palais des Florio, devenu le palace 5 étoiles de Palerme, le Villino Florio, chef d’œuvre du Liberty (version sicilienne de l’Art nouveau), la Villa Florio de l’Arenella sans oublier les Cantine Florio où était produit le célèbre Marsala, la tonnara (madrague) de l’île de Favignana… autant de lieux prestigieux qui vous replongeront dans l’époque dorée de Palerme.

    Palermo 10 luglio2017Tonnara Florio, Cico Paladino e Anna Paula Mancino©Ph.Tullio Puglia

    L’objectif étant avant tout de se faire plaisir et de se faire du bien, le programme sera simple : visite le matin, atelier d’écriture l’après-midi et quartier libre le reste du temps, histoire de pouvoir aussi profiter des plages palermitaines.

    Date :
    Prix : *** euros
    Ce prix comprend les ateliers d’écriture, l’hébergement, les petits déjeuners, les repas du midi, les visites et l’excursion à Favignana ainsi que les transferts de et vers l’aéroport. Il ne comprend pas les transports aériens et les repas du soir.

    Les tarifs des billets d’avion étant susceptibles de grimper très rapidement, il est recommandé de réserver son transport et son séjour le plus tôt possible (seules deux compagnies aériennes proposent des vols directs Paris/Palerme : Transavia et Ryanair).

    Salina Bellissima

    © Libby Lush

    Les îles Éoliennes plus belles encore sous l’objectif de Libby Lush

    Jamais l’usage du superlatif n’aura été autant mérité. Les îles Éoliennes, et plus particulièrement Salina, sont déjà une merveille en soi. Mais la photographe Libby Lush réussit l’exploit de les magnifier. Son œil parvient non seulement à en capturer la beauté indicible, il sait aussi mettre en valeur sa riche palette de couleurs. Et par son choix des sujets, qu’il s’agisse d’un détail inattendu, d’un geste ancestral, d’une habitation traditionnelle ou même d’un coucher de soleil, l’artiste fait preuve d’une attention fine et d’une sensibilité généreuse.

    © Libby Lush

    Je suis restée des heures, enivrée par la magie des couleurs, sur le nouveau site Internet de Libby Lush. J’ai retrouvé dans l’œuvre de la photographe cette lumière unique, cette atmosphère intemporelle, ce charme puissant qui règnent sur Salina et ses « sœurs », comme on les surnomme. Une fois que l’on commence à cliquer sur l’une des deux séries « couleurs » et « lifestyle », il est bien difficile, voire impossible, de renoncer à faire défiler toutes les photos

    © Libby Lush
    © Libby Lush
    © Libby Lush

    Libby Lush est une Australienne devenue locale. Lorsqu’elle a posé le pied pour la première fois sur l’archipel éolien au large nord-est de la Sicile en 2005, elle a immédiatement su qu’elle était chez elle. Elle est non seulement tombée amoureuse de l’île, mais aussi du beau Santino, qu’elle épousera en 2007. Depuis, entre deux clics d’objectif, ils filent le parfait amour dans leur coin de paradis.
    Vous pouvez aussi retrouver les photos de Libby sur son compte Instagram.

    © Libby Lush

    Il testo in italiano

    Le isole Eolie ancora più belle sotto l’obiettivo di Libby Lush

    Mai l’uso del superlativo sarà stato così giustificato. Le isole Eolie, e più particolarmente Salina, sono già una meraviglia in sè. Ma la fotografa Libby Lush riesce addirittura a magnificarle. Non solo il suo occhio ne coglie la bellezza indicibile, sa anche valorizzare la ricca tavolozza dei colori. E con la scelta dei soggetti, sia un dettaglio inatteso, un gesto ancestrale, un’abitazione tradizionale o anche un tramonto, l’artista dimostra una sottile attenzione e una generosa sensibilità.

    © Libby Lush
    © Libby Lush

    Io sono rimasta ore e ore, inebrieta dalla magia dei colori, sul nuovo sito Internet di Libby Lush. Ho ritrovato nell’opera della fotografa quella luce unica, quell’atmosfera senza tempo, quel fascino potente che regnano su Salina e le sue « sorelle », come vengono soprannominate. Una volta che si comincia a cliccare su una delle due serie « colors » e « lifestyle » è difficilissimo, anzi impossibile, rinunciare a fare scorrere tutte le foto.

    © Libby Lush
    © Libby Lush

    Libby Lush è un’Australiana fattasi Saliniana. Quando ha messo piede per la prima volta sull’arcipelago eoliano al largo della costa nord-orientale della Sicilia nel 2005, ha immediatamente saputo che era a casa sua. Non solo si innamorò dell’isola ma anche del bel Santino che sposò nel 2007. Da allora, tra due clic di obiettivo, i due filano il perfetto amore nel loro angolo di paradiso.
    Puoi anche ritrovare le foto di Libby sul profilo Instagram.

    © Libby Lush
    © Libby Lush

    Pantalica ou l’appel de la grotte

    La nécropole de Pantalica est l’exemple parfait de la Sicile hors des sentiers battus. Inscrit, avec Syracuse, sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 2005 pour sa haute valeur archéologique et son histoire vieille de trois millénaires, le site, cependant, semble boudé des touristes, qu’ils soient locaux ou internationaux. Peut-être est-ce dû aux efforts physiques requis pour parcourir les chemins parfois pentus de ce plateau des monts Hybléens situé à une quarantaine de kilomètres de Syracuse ? Peut-être est-ce la faute du manque de signalisation ou d’informations didactiques ou encore d’une piètre comunication de la part de l’organisme qui gère le site ? Quand on lit sur le Net les commentaires des voyageurs déçus, on se dit qu’il y a résolument quelque chose qui cloche. L’endroit, en effet, possède un charme puissant et intemporel. Plus de cinq mille tombes creusées le long des parois rocheuses entre le XIIIe et VIIe siècle av. J.-C. en font la plus grande nécropole d’Europe. Je vous parle d’un temps qui remonte à la préhistoire lorsque les populations installées sur la côte orientale de la Sicile, fuyant des envahisseurs venus de la mer, probablement les Sicules, trouvèrent refuge dans ces montagnes rudes et inaccessibles qui constituaient alors une véritable forteresse naturelle.

    Le site fut ensuite abandonné durant la colonisation grecque, mais quelque mille ans plus tard il retrouva son rôle défensif lorsque les Byzantins vinrent s’y réfugier pour se protéger des incursions arabes. Du reste, Pantalica doit précisément son nom à l’arabe buntarigah qui signifie grotte. Plusieurs petites églises rupestres, comme celle du Crucifix et de San Micidiario, témoignent aujourd’hui encore de cette présence byzantine.

    Mais la poésie du lieu ne réside pas seulement dans son patrimoine archéologique et culturel. La nature puissante et sauvage qui l’entoure contribue elle aussi à l’enchantement. Une magie toute minérale, façonnée par des éperons rocheux, des canyons sculptés par deux cours d’eau, le fleuve Anapo et le torrent Calcinara, et des grottes karstiques, comme la grotte des Chauves-souris (Pipistrelli en italien). La végétation, naturellement, n’est pas en reste, avec sa riche biodiversité faite de maquis méditerranéen, de milieux aquatiques et de sous-bois épais. Le site, qui fait partie de la Réserve naturelle de Pantalica, Valle dell’Anapo et Torrente Cava Grande, s’étend sur plus de 3700 hectares.

    Il existe deux entrées, à Ferla et à Sortino. De nombreux sentiers ainsi que deux itinéraires cyclo-piétonniers permettent aux amoureux de la nature et aux randonneurs de découvrir cet endroit unique et relativement peu fréquenté. Il est même possible de suivre l’ancien tracé du chemin de fer, aujourd’hui désaffecté, qui reliait autrefois Syracuse à Vizzini à travers la vallée de l’Anapo.

    Cet article a été publié initialement en italien dans le magazine sicilien Gattopardo, n°34, mai 2019

    Pantalica o il richiamo delle grotte

    La necropoli di Pantalica è il perfetto esempio della Sicilia fuori dai sentieri battuti. Inserito, insieme a Siracusa, nella lista del patrimonio mondiale dell’Unesco nel 2005 per l’alto valore archeologico che vanta una storia lunga tre millenni, il sito, però, non sembra attrarre i turisti, locali o internazionali, che si meriterebbe. Sarà lo sforzo fisico richiesto per percorrere i cammini a volte ripidi di quest’altopiano dei monti Iblei situato a una quarantina di chilometri da Siracusa? Sarà colpa della mancanza di segnalazione e informazioni didattiche o di una scarsa comunicazione da parte dell’ente gestore? A leggere sulla rete i commenti d viaggiatori rimasti delusi, c’è sicuramente qualcosa che non va. Il sito, infatti, possiede un fascino fuori tempo. Più di cinquemila tombe a grotticella scavate lungo le pareti rocciose tra il XIII e il VII secolo a.C. ne fanno la più grande necropoli d’Europa. Stiamo parlando di una storia plurimillenaria quando ai tempi preistorici le popolazioni insediate nella zona costiera della Sicilia orientale sfuggirono da invasori venuti dal mare, probabilmente i Siculi, e trovarono rifugio in queste montagne aspre e impervie che costituivano una vera e propria fortezza naturale.

    Il sito fu poi abbandonato durante la colonizzazione greca, ma più di mille anni dopo riacquistò la sua funzione difensiva quando i Bizantini vi trovarono riparo dalle incursioni arabe. Infatti, Pantalica deve il suo nome all’arabo buntarigah che significa appunto grotte. Alcune chiesette rupestri, come quella del Crocifisso e di San Micidiario, testimoniano tutt’oggi di questa presenza bizantina.

    Ma la poesia del luogo non risiede solo nel suo patrimonio archeologico e culturale. La possente e selvatica natura circostante contribuisce anch’essa all’incanto. Una magia tutta minerale, creata da rocce a strapiombo, canyon scolpiti da due corsi d’acqua, il fiume Anapo e il torrente Calcinara, e grotte carsiche, come la grotta dei Pipistrelli. La vegetazione, ovviamente, non è da meno, con una ricca biodiversità fatta di macchia mediterranea, ambienti fluviali e fitti sottoboschi. Il sito, che fa parte della Riserva naturale orientata Pantalica, Valle dell’Anapo e Torrente Cava Grande, si estende su una superficie di 3700 ettari.

    Due sono gli ingressi, a Ferla e a Sortino, mentre numerosi sentieri e due percorsi ciclopedonali permettono agli amanti della natura e appassionati di trekking di scoprire questo posto unico e relativamente poco frequentato. Si può persino percorrere l’ex-tracciato della ferrovia, oggi dismessa, che collegava Siracusa a Vizzini, attraversando la valle dell’Anapo.

    Questo articolo è stato pubblicato inizialmente sulla rivista Gattopardo, n°34, Maggio 2019

    Yoga & dolce vita

    Le Siracusa Yoga Festival est de retour! Mon conseil : ne manquez surtout pas sa deuxième édition qui se déroulera du 4 au 7 octobre 2019 dans l’île d’Ortygie, cœur historique de la ville de Syracuse! Les inscriptions sont ouvertes!

    Créé en 2017 par un yogi français tombé amoureux de Syracuse, le Siracusa Yoga Festival, ou  SYF pour les intimes, a l’avantage d’allier pratique du yoga et douceur de vivre sicilienne dans un décor d’une rare beauté. Lorsque David Caussieu, alors en vacances en Sicile, découvre l’Antico Mercato d’Ortigia, c’est le coup de foudre, ou plutôt l’illumination : il y organisera un festival de yoga. Ce pratiquant de longue date, épaulé par la syracusaine Katiuscia Santoro, relève le défi et un an an plus tard, la première édition du SYF voit le jour. Aux dires de tous les participants, élèves comme enseignants, ce fut une belle réussite.

    Cette année, il réitère l’expérience avec son équipe, en enrichissant le programme. Nouveaux professeurs, nouveaux styles, nouveaux événements… la deuxième édition est alléchante et plus que prometteuse. Parmi les nouveaux venus, Yuji Cristaldi, le tout premier enseignant de yoga Iyengar en Sicile, a été formé par Gabriella Giubilaro à Florence et se rend régulièrement au Ramamani Iyengar Memorial Yoga Institute (RIMYI) à Pune en Inde. En 2013, il a obtenu le certificat Intermediate Junior III, l’un des titres d’enseignement les plus élevés en Italie qui lui permet de former à son tour des professeurs. Il a également été vice-président de Light on Yoga Italia, l’association de yoga Iyengar en Italie, pendant plusieurs années. Il enseigne à Catane, dans son propre centre de yoga : www.yamaniyama.it.

    Il y a aussi Carla Nataloni qui enseigne le yoga des hormones, méthode élaborée par Dinah Rodrigues visant à réguler et stimuler de façon naturelle la production hormonale, dont le déséquilibre est responsable de nombreux troubles : ménopause, andropause, diabète, obésité, stress… Carla s’est formée directement auprès de Dinah Rodrigues dont elle vient de traduire et d’éditer en Italie l’ouvrage de référence (Yoga ormonale per la salute della donna, Fabbri editori). Elle organise régulièrement des stages et  retraites de yoga, notamment dans les Pouilles, où elle enseigne en italien, français et anglais. www.carlanataloni.com

    En tout, ils sont un vingtaine d’enseignants, français et italiens (les cours sont dispensés dans les deux langues), représentant tous les styles de yoga : hatha, ashtanga, vinyasa, kundalini, yin, nidra, iyengar, hormonal… il y en a pour tous les goûts et pour tous les niveaux. En plus des cours et ateliers de pratique, il y a aussi des séances de méditation au lever du jour, des massages (ayurvédiques, thai et shiatsu), de la danse Bharata Natyam et de la philosophie. Sans oublier la musique, avec kirtans, concerts et  soirées festives. Autre nouveauté de cette seconde édition, une visite guidée de la ville à la découverte de ses racines grecques ou un tour de l’île en bateau sont proposées aux festivaliers. Bref, un programme riche, encore en cours d’élaboration que vous pouvez retrouver sur le site du Siracusa Yoga Festival.

    Naturellement, l’autre atout de ce festival c’est qu’il a lieu dans l’une des plus belles villes du monde. Non, non je n’exagère pas: Henri Salvador ou Yves Montand l’ont chanté avant moi. C’est vrai, il y a tant de choses à voir et à faire à Syracuse. Outre son site archéologique avec son théâtre grec, la ville regorge de lieux exceptionnels : le Duomo, la cathédrale bâtie sur un temple de l’Antiquité dédié Athéna; l’église Santa Lucia alla Badia, un écrin baroque qui conserve l’une des toute dernières toiles du Caravage; la Galleria Regionale Palazzo Bellomo, qui renferme les œuvres d’art les plus prestigieuses de la ville; ou encore l’insolite Musée du Papyrus, unique en son genre… Le patrimoine de cette ville riche de 3000 ans d’histoire est impressionnant. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si elle figure sur la liste du Patrimoine mondial de l’Unesco.

    Enfin, la grande star des lieux, c’est bien évidemment la Méditerranée. Plages, solariums et même réserve marine… difficile de résister à l’appel de ses flots bleus. Il règne dans l’île d’Ortygie comme un air de vacances éternelles, une douceur de vivre hors du temps, encore accentuée par le caractère international de ses visiteurs au long cours. En octobre, période du festival, les jours sont encore beaux et chauds et l’eau, à la température idéale. Un bain de mer après un cours de yoga, tout en profitant des derniers rayons du soleil, en attendant de siroter un verre de vin blanc sicilien ou un cocktail d’agrumes (yoga oblige)… hum… ne dirait-on pas un avant-goût du paradis?

    Il testo in italiano

    Yoga & dolce vita

    Torna il Siracusa Yoga Festival! Un consiglio : non mancare per niente al mondo questa seconda edizione che si svolgerà dal 4 al 7 Ottobre 2019 nell’isola d’Ortigia, cuore storico della città di Siracusa! Le registrazioni sono aperte!

    Fondato nel  2017 da un yogi Francese inamoratosi di Siracusa, il Siracusa Yoga Festival, o  SYF per gli intimi, offre il vantaggio di unire la pratica dello  yoga e la dolce vita siciliana in un scenario di rara bellezza. Quando David Caussieu, allora in vacanza in Sicilia, scopre l’Antico Mercato d’Ortigia, è il colpo di fulmine, o piuttosto l’illuminazione : decide di organizzarci un festival di yoga. Questo praticante di lunga data, aiutato dalla siracusana Katiuscia Santoro, si lancia nella sfida e un anno dopo, nasce la prima edizione del SYF. Secondo tutti i partecipanti, sia studenti sia insegnanti, fu un bel successo.

    Quest’anno, David e la sua équipe rinnova l’esperienza, arricchendo il programma. Nuovi professori, nuovi stili, nuovi eventi… la seconda edizione è attraente e più che promettente. Tra i nuovi acquisti, Yuji Cristaldi, il primo insegnante di Iyengar yoga in Sicilia, è stato formato da Gabriella Giubilaro a Firenze e si reca regorlarmente al Ramamani Iyengar Memorial Yoga Institute (RIMYI) a Pune in India. Nel 2013, ha conseguito il diploma Intermediate Junior III, uno dei certificati d’insegnamento più elevati in Italia che gli consente di formare insegnanti a sua volta. È stato  vice presidente di Light on Yoga Italia, l’associazione italiana di Iyengar yoga per diversi anni. Insegna a Catania, nella sua scuola di yoga : www.yamaniyama.it.

    C’è anche Carla Nataloni che insegna lo yoga ormonale, metodo creato da Dinah Rodrigues con l’obiettivo di regolare e stimolare in modo naturale la produzione ormonale, cui lo squilibrio è responsabile di molti disturbi : menopausa, andropausa, diabete, obesità, stress… Carla è stata formata da Dinah Rodrigues cui ha appena tradotto in italiano e curato il libro di riferimento (Yoga ormonale per la salute della donna, Fabbri editori). Organizza regorlamente  workshop e ritiri yoga, specialmente in Puglia, dove insegna sia in italiano, francese e inglese. www.carlanataloni.com

    In tutto, sono una ventina d’insegnanti, francesi e italiani (le lezioni vengono date nelle due lingue), rappresentando tutti i stili di yoga : hatha, ashtanga, vinyasa, kundalini, yin, nidra, iyengar, ormonale… c’è ne per tutti i gusti e per tutti i livelli. Oltre le lezioni e workshop di pratica, ci sono anche meditazioni all’alba,  massaggi (ayurvedico, thai e shiatsu), danza Bharata Natyam e filosofia. Senza dimenticare la musica, con kirtan, concerti e  serate festive. Altra novità di questa  seconda edizione, una visita guidata alla scoperta delle radici greche della città e un giro dell’isola in barca sono proposti ai festivalieri. Insomma, un programma ricco, ancora in corso di elaborazione che puoi ritrovare sul sito del Siracusa Yoga Festival.

    Naturalmente, l’altro punto forte di questo festival è che si svolge in una delle più belle città al mondo. No, non sto esagerando : l’hanno cantato prima di me Henri Salvador o Yves Montand. È vero, c’è tanto da vedere e da fare a Siracusa. Oltre il sito archeologico con il suo teatro greco, la città vanta numerosi luoghi eccezionali : il Duomo, costruito su un tempio antico dedicato ad Atena; la chiesa Santa Lucia alla Badia, uno scrigno barocco che conserva uno degli ultmi dipinti del Caravaggio; la Galleria Regionale Palazzo Bellomo, che racchiude le opere d’arte più prestigiose della città ; o ancora l’insolito Museo del Papiro, unico nel suo genere… Il patrimonio di questa città ricca di 3000 anni di storia è impressionante. Non a caso fa parte del Patrimonio dell’umanità dell’Unesco.

    Finalmente, la grande star dei luoghi, ovviamente, è il Mediterraneo. Spiagge, solarium e perfino riserva marina… difficile resistere al richiamo del mare azzurro. Regna sull’isola d’Ortigia come un atmosfera di eterne vacanze, una dolcezza di vivere fuori dal tempo, ancora accentuata dal carattere internazionale dei visitatori di lungo corso. In Ottobre, periodo del festival, le giornate sono ancora belle e calde e l’acqua, alla  temperatura ideale. Un bagno di mare dopo un atelier di yoga, godendosi gli ultimi raggi di sole, in attesa di degustare un calice di vino bianco siciliano o un cocktail di agrumi (yoga oblige), sarà questo un assaggio di paradiso?

    À la recherche de Rosa

    Après des années d’enquête, à fouiller le passé, à investir les archives et les bureaux de l’état civil, à tarabuster les membres de ma famille, voici enfin reconstituée l’histoire de mon aïeule sicilienne. Une histoire tourmentée et un destin hors du commun qui me hantaient depuis mon enfance. C’est le résultat de ces recherches que je publie dans ce nouveau livre.

    Rosa Celona
    Rosa Celona

    Rosa Celona est née à Catane en Sicile au XIXe siècle. Sa vie aurait pu être un lit de roses. Le destin en a décidé autrement. Mariée à seize ans à un jeune ambitieux, mère de deux fillettes à vingt-et-un ans, elle est subitement chassée puis « divorcée » dans un pays qui ne légalisera le divorce qu’un siècle plus tard. La jeune femme ne se laisse pas abattre pour autant et tente de reprendre sa vie en main. Mais rien ne se passe comme prévu. Mise au ban de la société, mon arrière-grand-mère paternelle sombrera peu à peu dans l’oubli.

    Bien des décennies plus tard, intriguée par cette aïeule à la destinée hors du commun, j’ai voulu en savoir davantage. J’ai mené l’enquête auprès des archives siciliennes et dans les mémoires familiales pour tenter de redonner sa place à cette femme répudiée et négligée par les siens. Ce que j’ai découvert m’a parfois laissée sans voix. Les documents que j’ai rassemblés au fil du temps m’ont permis de dresser un tableau plus complet et beaucoup plus proche de la vérité que les souvenirs teintés ou édulcorés des uns et des autres.

    J’ai choisi de publier l’histoire de Rosa sur la plateforme d’édition d’Amazon, en livre papier et en version eBook. D’une part, parce que son format court (une cinquantaine de pages) limitait ses chances d’être publié par une maison d’édition classique; d’autre part, pour le rendre accessible au plus grand nombre, tant géographiquement qu’économiquement. Sa traduction en italien est également disponible en cliquant sur l’image ci-dessous:

    Il testo in italiano

    Cercando Rosa

    Dopo anni di indagine, a rovistare nel passato, a prendere d’assedio gli archivi e gli uffici dell’anagrafe, a tormentare i parenti, ecco finalmente ricostruita la storia della mia antenata siciliana. Una storia travagliata e un destino fuori dal comune che mi abitavano sin dalla mia infanzia. È il frutto di queste ricerche che pubblico in questo nuovo libro.

    Rosa Celona è nata a Catania in Sicilia nell’Ottocento. La sua vita sarebbe potuto essere un letto di rose. Il destino ha deciso altrimenti. Sposata a sedici anni a un giovane ambizioso, madre di due bambine a ventuno anni, all’improvviso viene cacciata via e poi « divorziata » in un paese che renderà legale il divorzio solo un secolo dopo. La giovane donna non si lascia scoraggiare e tenta di darsi una svolta. Ma niente va come previsto. Messa al bando della società, la mia bisnonna paterna sprofonderà poco a poco nell’oblio.

    Alcuni decenni dopo, incuriosita da quest’ava dalla sorte straordinaria, ho voluto saperne di più. Ho indagato presso gli archivi siciliani e nei ricordi familiali per cercare di ridare il suo posto a quella donna ripudiata e trascurata dai suoi. Ciò che ho scoperto, a volte, mi ha lasciata senza fiato. I documenti che ho raccolto nel tempo mi hanno permesso di tracciare un quadro più completo e molto più vicino alla verità dei ricordi falsati o edulcorati degli uni e degli altri.

    Ho scelto di pubblicare la storia di Rosa sulla piattaforma di pubblicazione di Amazon. Prima di tutto, perchè il testo breve (una cinquantina di pagine) limitava le sue chance di essere pubblicato da una casa editrice tradizionale. E poi, per renderlo accessibile ai più, sia geograficamente sia economicamente. La traduzione in italiano è (finalmente!) disponibile cliccando sull’immagine qui sotto:

    La Sicile vue par Faut pas rêver

    Quand la télévision française part à la rencontre de la Sicile et de ses habitants, c’est bien souvent la garantie d’une invitation au voyage et au rêve, même si le nom de l’émission en question tente de faire croire le contraire.

    Il y a tout juste un an l’équipe de Faut pas rêver terminait le tournage de son émission entièrement dédiée à la Sicile. J’ai longuement travaillé sur le projet, étant ce qu’on appelle officiellement une « collaboratrice spécialisée d’émission » ou, plus communément dans le jargon du journalisme télé, « fixeuse ». J’ai notamment aidé les journalistes à préparer leurs reportages, en leur suggérant des sujets et des personnages et en leur ouvrant mon riche carnet d’adresses. Ensuite, je les ai accompagnés sur le terrain, leur sevant d’interprète et de traductrice et veillant au bon déroulement de la logistique, ce qui, en Sicile, n’est pas toujours uune mince affaire.

    L’émission a été diffusée en novembre 2017 sur France 3, mais on peut la voir et revoir sur la chaîne Youtube de Faut pas rêver. Au dire de tous – et de l’audimat – ce fut un franc succès. Elle est d’autant plus réussie qu’elle est animée par une Sicilienne pur jus. Carolina di Salvo, qui présentait le programme pour la première fois, a su montrer, avec talent et émotion, une Sicile riche, inédite et toujours fascinante. Pour celles et ceux qui auraient raté le direct, voici l’intégralité de l’émission :

    Mon intervention s’est principalement concentrée sur les trois reportages réalisés par les journalistes : « Les Trésors de Palerme », « Le Vin du Volcan » et « La Sirène de Filicudi », dont vous trouverez les liens ci-dessous. Malheureusement, la production a oublié d’extraire le troisième sujet. C’est bien dommage car tant le bleu des îles Éoliennes que le charme de Monica Blasi méritaient bien d’être soulignés. Vous pouvez néamnoins retrouver le sujet à 1:26:00 dans l’émission intégrale.

    Il testo in italiano

    Quando la televisione francese parte alla scoperta della Sicilia e dei suoi abitanti, è molto spesso la garanzia di un invito al viaggio e al sogno, anche se, in questo caso, il nome della trasmissione tenta di far credere il contrario.

    Proprio un anno fa, l’équipe di Faut pas rêver concludeva le riprese della sua trasmissione interamente dedicata alla Sicilia. Ho lavorato a lungo al progetto, essendo ciò che si chiama ufficialmente una « collaboratrice specializzata di programma » o, più comunemente nel gergo del giornalismo televisivo, un « fixer » (in inglese). Fra l’altro, ho aiutato i giornalisti a preparare i servizi, suggerendo loro soggetti e personaggi e condividendo con loro le mie numerose conoscenze locali. Quindi, li ho accompagnati sul posto, facendo da interprete e traduttrice e occupandomi della logistica, il che in Sicilia non sempre è un compito facile.

    Il programma è andato in onda nel Novembre 2017 su France 3, ma si può vederlo e rivederlo sul canale Youtube di Faut pas rêver. Tutti – compreso l’auditel francese – concordano nel dire che fu un grande successo. La trasmissione è andata particolarmente bene, anche perché a presentarla è stata un’autentica siciliana. Carolina di Salvo, che conduceva il programma per la prima volta, ha saputo mostrare, con talento e emozioni, una Sicilia ricca, inedita e sempre affascinante. Per tutti quelli che non sono stati in grado di vedere la diretta, ecco l’integralità della trasmissione.

    Il mio intervento si è principalmente concentrato sui tre reportages realizzati dai giornalisti : « Les Trésors de Palerme », « Le Vin du Volcan » e « La Sirène de Filicudi », di cui troverete i links su questa pagina. Purtroppo, la produzione ha dimenticato di estrarre il terzo soggetto. Un vero peccato perché sia il blu delle isole Eolie sia il fascino di Monica Blasi meritavano di essere sottolineati. Potete tuttavia ritrovare il soggetto a 1:26:00 nella trasmissione integrale.

    Santa Mamma, une plongée dans le vert

    Envie de nature? Voilà l’adresse qu’il vous faut! Un de ces lieux uniques et insolites qui parlent d’une autre Sicile. Une Sicile au vert intense et luxuriant, où règnent le silence et l’air pur. Que vous choisissiez de vous promener dans les montagnes environnantes ou de lire au bord de la piscine, la détente est assurée!

    La Masseria Santamamma
    La Masseria Santa Mamma

    Nichée en plein coeur du parc naturel des Nébrodes qui forme, avec ses 85 000 hectares, la plus grande zone protégée de l’île, la Masseria Santa Mamma est véritablement un lieu hors des sentiers battus. Dans tous les sens du terme. Car pour y arriver, il faut obligatoirement suivre les consignes du propriétaire – au demeurant très claires – et serpenter le long d’une route improbable parmi les montagnes et les forêts de chênes, et qui dans les derniers mètres se transforme en un chemin cahoteux. Un lieu, donc, où l’on n’arrive jamais par hasard, ce qui est précisément le gage de sa tranquillité.

    La Masseria Santa Mamma est ce qu’on appelle un agritourisme, la version italienne du gîte rural. Cette ancienne ferme s’étend sur un domaine de 700 hectares, composé essentiellement d’oliveraies, de bois et de pâturages. Au XIXe siècle, elle appartenait au prêtre et homme politique Gregorio Ugdulena. Ses héritiers l’ont transformée, il y a vingt-cinq ans, en un gîte de 10 chambres, pouvant accueillir jusqu’à 30 personnes au total. Plus récemment, ils y ont ajouté une piscine, creusée dans un ancien bassin d’irrigation. Et bien sûr, ils y proposent une cuisine maison locale, dont une grande partie des plats sont préparés avec les produits bio de la ferme.

    Alfonso et Giusi, les propriétaires de la Masseria, lui astrophysicien et elle architecte, accueillent leurs hôtes en famille et s’efforcent par tous les moyens de rendre leur séjour le plus agréable possible. Ils leur prodiguent conseils de promenade et proposent des paniers repas pour leurs excursions. Car ce ne sont pas les activités qui manquent dans ce vaste territoire boisé. On peut partir à la découverte des environs : visiter, par exemple, le parc archéologique d’Appollonia, perché sur le promontoire de Monte Vecchio dans la petite ville voisine de San Fratello. Le panorama sur la côte septentrionale de l’île y est tout bonnement splendide; ou encore se baigner à la plage de Torre del Lauro, située à une vingtaine de kilomètres; à moins que l’on préfère les eaux bucoliques du lac Biviere, dans la commune de Cesarò, avec en toile de fond le sommet enneigé de l’Etna.

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    L’église des Trois Saints dans le parc archéologique d’Appollonia à San Fratello
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    Vue sur la côte septentrionale de la Sicile depuis le parc archéologique d’Appollonia à San Fratello, avec au loin les îles Éoliennes
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    Paysage bucolique au lac Biviere près de Cesarò
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    Le lac Biviere, près de Cesarò, avec l’Etna en toile de fond

    Mais on peut aussi choisir de rester à la Masseria, pour lire tranquillement sur la terrasse à l’ombre des chênes, ou lézarder au bord de la piscine et profiter pleinement de cette nature généreuse et ressourçante. L’été, les citadins y viennent aussi pour fuir la chaleur étouffante des villes et bénéficier des températures plus clémentes qu’offrent ses 600 mètres d’altitude. L’automne, ce sont les cueilleurs de champignons qui viennent s’adonner à leur passe-temps favori. L’hiver, l’agritourisme qui reste ouvert les week-ends attire les amateurs de cîmes enneigées, comme le Monte Soro qui, du haut de ses 1847 mètres, est le point culminant des monts Nébrodes. Et évidemment, dès les beaux jours, les amoureux de la nature s’y donnent rendez-vous pour célébrer le retour du printemps.

    Masseria Santa Mamma
    Azienda agrituristica
    98072 Caronia (ME)
    Tel : +39 091 616 13 84 ou +39 347 679 22 28
    Site web : www.santamamma.it

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    Il testo in italiano

    Santa Mamma, un’immersione nel verde

    Voglia di natura? Ecco l’indirizzo giusto! Uno di quei luoghi unici ed insoliti che parlano di un’altra Sicilia. Una Sicilia dal verde intenso e lussureggiante, dove regnano il silenzio e l’aria pura. Tra andare a passeggio nelle montagne circostanti o leggere sul bordo della piscina, qui il relax è garantito!

    Annidata nel cuore del parco naturale dei Nebrodi che, con i suoi 85 000 ettari, costituisce la più grande area protetta dell’isola, la Masseria Santa Mamma è letteralmente un luogo fuori dai sentieri battuti. Per arrivarci, bisogna tassativamente seguire le indicazioni del proprietario – peraltro chiarissime – e serpeggiare lungo una strada improbabile fra montagne e querceti che, negli ultimi metri, si trasforma in uno sterrato accidentato. Un luogo, dunque, dove non ci si arriva per caso, ed è proprio la garanzia della sua tranquillità.

    La Masseria Santa Mamma è quello che si chiama un agriturismo, l’equivalente del francese gîte rural. Quest’antico caseggiato si estende su un ex feudo di 700 ettari, composto principalmente di uliveti, boschi e pascoli. Nell’Ottocento, apparteneva al sacerdote e uomo politico Gregorio Ugdulena. Gli eredi l’hanno trasformato, venticinque anni fa, in un agriturismo di 10 camere, per una capacità totale di 30 posti-letti. Successivamente, hanno aggiunto una piscina, ricavata in un’antica vasca di irrigazione. E naturalmente, offrono una cucina casereccia locale, cui gran parte degli ingredienti sono prodotti biologicamente in azienda.

    Alfonso e Giusi, i proprietari della Masseria, lui astrofisico lei architetto, accolgono gli ospiti in famiglia e fanno del tutto per rendere il loro soggiorno il più piacevole possibile. Prodigano consigli di gita, proponendo pranzi al sacco per le escursioni. Infatti, le attività non mancano in questo vasto territorio boscoso. Si può partire alla scoperta del territorio : visitare, per esempio, il parco archeologico di Appollonia, sul promontorio di Monte Vecchio nel vicino paese di San Fratello. Da lì, il panorama sulla costa settentrionale dell’isola è semplicemente splendido; oppure fare il bagno alla spiaggia di Torre del Lauro, distante una ventina di chilometri; o ammirare il bucolico lago del Biviere, nel comune di Cesarò, con sullo sfondo la cima dell’Etna.

    Ma si può anche scegliere di rimanere alla Masseria, per leggere tranquillamente sulla terrazza all’ombra delle querce, o fare la lucertola sul bordo della piscina e approfittare pienamente di quella natura generosa e rigenerante. D’estate, i cittadini ci vengono anche per fuggire dal caldo soffocante delle città e godere della temperatura più clemente che offrono i 600 metri di altitudine. D’autunno, sono i raccoglitori di funghi che vengono per darsi al passatempo prediletto. D’inverno, l’agriturismo che resta aperto il fine settimana attira gli amatori di vette innevate, come il Soro che, dai suoi 1847 metri, è il punto culminante dei monti Nebrodi. E ovviamente, non appena torna il bel tempo, gli amanti della natura ci si ritrovano per celebrare il ritorno della primavera.

    Masseria Santa Mamma
    Azienda agrituristica
    98072 Caronia (ME)
    Tel : +39 091 616 13 84 o +39 347 679 22 28
    Website : www.santamamma.it

    Palermo, The Place To Be

    S’il y a une ville en Europe où il faut être cette année, c’est bel et bien Palerme. Car ça bouge en 2017/2018 dans le chef-lieu sicilien! Avec une offre culturelle particulièrement riche, la ville mérite amplement son titre de « Capitale italienne de la Culture ». Vous ne me croyez pas? Demandez le programme!

    Piazza Pretoria - Palermo
    La Piazza Pretoria de Palerme

    Les Palermitains se plaignent souvent de leur ville : pas assez propre, circulation chaotique, moyens de transport déficients… Et parfois, on les comprend. Mais cette fois, tous s’accordent à dire qu’il plane comme un vent nouveau, un ferment de créativité artistique et de dynamisme culturel inédit.

    Palerme, vu du toit du Teatro Massimo
    Palerme, vu du toit du Teatro Massimo

    En témoigne, par exemple, la programmation du Teatro Massimo. Non seulement sa saison lyrique est d’une puissance et d’une originalité rarement vues, comme le démontrent sa Traviata, transposée dans le Palerme Art Nouveau du début du XXe siècle, qui a connu un tel succès que le spectacle s’est exporté jusqu’au Japon; ou encore Rigoletto avec sa mise en scène de John Turturro. Mais l’opéra de la ville ne se contente pas de ces brillants lauriers et multiplie les initiatives pour toucher un public toujours plus large. L’Opera Camion se rend dans les quartiers défavorisés et donne gratuitement de véritables spectacles (adaptés à la taille d’un camion/container) avec chanteurs et orchestre. Il n’est pas rare non plus que les soirs de première la représentation soit reproduite sur écran géant sur la place Verdi, face au théâtre. Sans oublier sa Web Tv, qui permet d’assister aux opéras et aux différents événements organisés par le Teatro Massimo (comme la venue récente du Dalai-Lama) depuis son canapé en Sicile, en France ou ailleurs.

    Le Teatro Massimo de Palerme
    Le Teatro Massimo de Palerme

    Quant au Teatro Biondo, le théâtre de la ville connaît depuis quelques années une renaissance fulgurante sous la direction artistique de l’écrivain et journaliste Roberto Alajmo. À tel point que l’institution vient d’être récompensée par le Ministère des Affaires culturelles pour la qualité de sa programmation, en lui octroyant le plus haut niveau de subventions autorisé pour les théâtres de sa catégorie. Au niveau national, le Teatro Biondo vient ainsi se placer juste derrière le Piccolo de Milan. À l’affiche bien sûr, des pièces écrites et dirigées par Emma Dante, la comédienne, dramaturge et metteur en scène en résidence au théâtre, mais aussi des classiques comme Le Roi Lear de Shakespeare, Henri IV de Pirandello ou Médée d’Euripide dans des mises en scène originales ou des spectacles à la renommée internationale comme Le Cirque invisible de Victoria Chaplin et Jean-Baptiste Thierrée. Là aussi, le théâtre se veut accessible au plus grand nombre et accorde des tarifs plus que préférentiels aux étudiants. Cerise sur le gâteau, outre des prix tout à fait abordables, il n’est pas impossible de trouver un billet à J-1, voire pour le soir même. Le luxe!

    Roberto Alajmo, directeur artistique du Teatro Biondo
    Roberto Alajmo, directeur artistique du Teatro Biondo

    Autre événement culturel de taille, le Festival Le Vie dei Tesori dont je vous ai déjà parlé sur ce site. Parvenu à sa onzième édition, il est désormais un rendez-vous incontournable pour tous les amoureux du – richissime – patrimoine palermitain. Cette année, le festival, qui se déroule tous les week-ends d’octobre, s’étend à quatre autres villes siciliennes (Syracuse, Agrigente, Caltanissetta et Messine), ouvrant les portes de quelque 200 sites, habituellement fermés au public, le tout pour la modique somme d’un ou deux euros. L’an dernier, il avait attiré 215 000 visiteurs, un record en passe d’être battu par l’édition 2017. L’événement connaît un tel succès que d’autres villes italiennes envisagent de reproduire l’expérience chez elles. Loin de se contenter d’être de « simples » week-ends du patrimoine, Le Vie dei Tesori (littéralement, les Rues des Trésors) propose de véritables itinéraires thématiques, baptisés « passeggiate » (promenades) pour redécouvrir la ville sous un nouveau jour ainsi que des spectacles, des concerts, des rencontres ou encore des activités pour les enfants. En somme, un véritable Festival, dans tous les sens du terme!

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    Enfin, une mention toute spéciale à l’Institut français pour son formidable travail de diffusion de la culture française à Palerme. Là encore, Éric Biagi et son équipe ne se contentent pas d’offrir des cours de langue de qualité, mais proposent un agenda truffé de rencontres, de lectures, de spectacles et d’événements qui hissent haut et fort les couleurs de la culture française. Cinémardi en est un parfait exemple. Tous les mardis, dans la très belle salle de cinéma De Seta aux Cantieri culturali della Zisa, le directeur de l’Institut invite – gratuitement –  le public à découvrir des films français récents, en version originale sous-titrée en italien pour le public palermitain. Une sélection riche et intelligente qui reflète tout l’éclectisme et la créativité du 7e art de l’Hexagone. C’est simple: ce cinéclub – je répète entièrement gratuit – m’a permis de découvrir de véritables pépites que j’avais loupées à Paris. Alors, moi je dis chapeau Monsieur Éric Biagi!
    Ah j’allais oublier! De juin à novembre 2018, Palerme accueillera la biennale d’art contemporain Manifesta, dont chaque édition se déroule tous les deux ans dans une ville européenne différente. Ainsi, après Zurich en 2016 et avant Marseille en 2020, le chef-lieu sicilien sera le siège de Manifesta12. Cette manifestation de référence dans le monde de l’art contemporain s’est donné pour mission d’instaurer un dialogue avec la ville-hôte sur un problème de société, ici l’impact des migrations et des conditions climatiques sur une ville pluriculturelle située au cœur de la Méditerranée.

    C’est précisément pour sa longue tradition de terre d’accueil et d’intégration que les époux et mécènes Massimo et Francesca Valsecchi ont élu Palerme pour y loger leur richissime collection d’art contemporain. Il aura suffi qu’ils vendent une seule pièce de leur collection (une œuvre de Gerhard Richter) pour acquérir et restaurer le splendide Palais Butera. Cette antique et somptueuse demeure qui domine le front de mer au Foro Italico va donc se transformer en un immense musée de 9000 mètres carrés, dont le rez-de-chaussée accueillera des expositions temporaires, comme celles organisées dans le cadre de Manifesta, tandis que le premier étage servira d’écrin à la collection privée des époux Valsecchi, initiée au début des années soixante-dix et réunissant des œuvres d’Andy Warhol, Gerhard Richter, David Tremlett ou encore Gilbert & George. Une collection qui suscite bien des curiosités car certaines de ses pièces n’ont encore jamais été exposées. Mais j’aurais sûrement l’occasion de vous en reparler…

    Il testo in italiano

    Se c’è una città in Europa dove bisogna essere quest’anno, è davvero Palermo. Infatti, c’è movimento nel capoluogo siciliano nel 2017/2018! Con un’offerta culturale particolarmente ricca, la città merita ampiamente il suo titolo di « Capitale italiana della Cultura ». Non mi credi? Basta chiedere il programma!

    I Palermitani si lamentano spesso della città : troppo sporca, traffico caotico, trasporti pubblici  carenti… E forse, hanno ragione. Ma questa volta, tutti concordano nel dire che spira un vento nuovo, un fermento di creatività artistica e di dinamismo culturale inedito.

    Lo dimostra, per esempio, la programmazione del Teatro Massimo. Non solo la stagione lirica è di una potenza e originalità inaudite, come lo mostra la Traviata, ambientata nella Palermo Liberty dell’inizio Novecento, che ha riscontrato un tale successo che lo spettacolo ha viaggiato fino al Giappone; o ancora Rigoletto con la regia di John Turturro. Ma il teatro lirico della città non si accontenta di questi brillanti allori e moltiplica le iniziative per raggiungere un pubblico sempre più largo. L’Opera Camion si sposta nei quartieri disagiati e dà gratuitamente veri spettacoli (adattati alla dimensione di un camion/container) con cantanti e orchestra. Capita spesso inoltre che le sere delle prime la rappresentazione sia anche trasmessa su schermo gigante in piazza Verdi, davanti al Teatro. Senza dimenticare poi la Web Tv, che permette di assistere alle Opere e ai diversi eventi organizzati dal Teatro Massimo (come la recente visita del Dalai Lama) dal suo comodo divano in Sicilia, in Francia o altrove.

    Quanto al Teatro Biondo, il teatro della città vive da qualche anno una rinascita folgorante sotto la direzione artistica dello scrittore e giornalista Roberto Alajmo. A tal punto che il teatro è stato recentemente premiato dal Ministero dei Beni e delle Attività culturali per la qualità della programmazione, assegnandogli il più alto livello di risorse autorizzato per i teatri della sua categoria. Al livello nazionale, il Teatro Biondo si classifica così al secondo posto dopo il Piccolo di Milano. Al cartellone naturalmente, opere scritte e dirette da Emma Dante, artista e regista teatrale e drammaturga in residenza al teatro, ma anche classici come Re Lear di Shakespeare, Enrico IV di Pirandello o Medea di Euripide con regie originali o spettacoli di fama internazionale come Le Cirque invisible di Victoria Chaplin e Jean-Baptiste Thierrée. Il teatro vuole anch’esso essere accessibile ai più e offre tariffe più che ridotte agli studenti. Ciliegina sulla torta, oltre a prezzi del tutto decenti, non è impossibile acquistare il biglietto il giorno prima, o addirittura la sera stessa. Il lusso supremo!

    Altro evento culturale di notissimo rilievo, il Festival Le Vie dei Tesori di cui ho già parlato su questo sito. Giunto alla XI edizione, è diventato ormai un appuntamento imprescindibile per tutti gli appassionati del – ricchissimo – patrimonio palermitano. Quest’anno, il festival, che si svolge tutti i week-ends di Ottobre, si estende ad altre quattro città siciliane (Siracusa, Agrigento, Caltanissetta e Messina), aprendo le porte di 200 siti, di solito chiusi al pubblico, e tutto ciò per la modica cifra di un o due euro. L’anno scorso, aveva attirato 215 000 visitatori, un record che sarà molto probabilmente battuto dall’edizione 2017. L’evento sta registrando un successo tale che altre città italiane hanno l’intenzione di riprodurre l’esperienza da loro. Lungi dall’accontentarsi di essere « semplici » week-ends del patrimonio, Le Vie dei Tesori propone anche passeggiate tematiche per riscoprire la città sotto una nuova luce nonché  spettacoli, concerti, incontri o ancora attività per bambini. Insomma, un vero e proprio Festival, in tutti i sensi!

    Infine, merita una menzione particolare l’Institut français per il formidabile lavoro di diffusione della cultura francese a Palermo. Di nuovo, Éric Biagi e la sua équipe non si accontentano di offrire corsi di lingua di qualità, ma propongono un agenda ricco di incontri, letture, spettacoli e eventi che promuovono brillantemente la cultura francese. Cinémardi ne è un esempio perfetto. Ogni martedì, nella bellissima sala De Seta ai Cantieri culturali della Zisa, il direttore dell’Institut invita – gratuitamente – il pubblico a scoprire  film francesi recenti, in versione originale con sottotitoli in italiano per gli spettatori palermitani. Una rassegna ricca e intelligente che rispecchia tutto l’eclettismo e la creatività del cinema d’Oltralpe. È semplice: questo cineclub – ripeto interamente gratuito – mi ha permesso di scoprire alcuni capolavori che avevo mancato a Parigi. Allora, io dico chapeau Monsieur Éric Biagi!

    Ah stavo per dimenticare! Da Giugno a Novembre 2018, Palermo ospiterà la biennale d’arte contemporanea Manifesta, di cui ogni edizione si svolge ogni due anni in una città europea diversa. Così, dopo Zurigo nel 2016 e prima di Marsiglia nel 2020, il capoluogo siciliano sarà sede di Manifesta12. Questa manifestazione di riferimento nel mondo dell’arte contemporaneo ha come missione di stabilire un dialogo con la città-ospite su una questione di società, qui l’impatto delle migrazioni e delle condizioni climatiche su una città pluriculturale situata nel cuor del Mediterraneo.

    È precisamente per la sua lunga tradizione di terra di accoglienza e d’integrazione che i coniugi e mecenati Massimo e Francesca Valsecchi hanno eletto Palermo come sede per la loro ricchissima collezione di arte contemporanea. È bastato loro vendere un solo pezzo della collezione (un’opera di Gerhard Richter) per acquistare e restaurare lo splendido Palazzo Butera. Quest’antica e sontuosa dimora che si affaccia sul mare a Foro Italico si trasformerà a breve in un immenso museo di 9000 metri quadri, di cui il pianterreno ospiterà mostre temporanee, come quelle organizzate nell’ambito di Manifesta, mentre il primo piano farà da scrigno alla collezione privata dei coniugi Valsecchi, cominciata all’inizio degli anni Settanta e composta di opere di Andy Warhol, Gerhard Richter, David Tremlett o ancora Gilbert & George. Una collezione che suscita molte curiosità poiché alcuni pezzi non sono mai stati esposti prima. Ma avrò certamente l’occasione di riparlarne…

    Dictionnaire insolite de l’Italie

    Après mon Dictionnaire insolite de la Sicile, voilà que je récidive! Un nouveau Dictionnaire insolite, consacré cette fois à toute l’Italie, vient de paraître aux éditions Cosmopole.

    Ce livre s’adresse à tous les amoureux de l’Italie, de sa gastronomie et de ses terroirs, de ses villes d’art et de sa culture, de ses vertes collines ou de ses plages dorées, de sa douceur de vivre et de sa fantaisie. Il est le fruit de plus de dix années passées à sillonner les différentes régions du Bel Paese, dans le cadre de mes reportages pour les magazines Ulysse, M Le Monde, A/R… La Sicile y figure en bonne place (naturalmente!), mais des régions moins connues comme la Basilicate, le Molise et les Marches, souvent boudées dans les ouvrages sur le pays, réservent elles aussi quelques belles surprises aux lecteurs.

    Un énième livre sur l’Italie, se demanderont certains? Pas du tout, répondrais-je! Car ce dictionnaire, outre le plaisir de découvrir certaines pépites insolites, offre aussi l’occasion de tester ses connaissances sur notre cher voisin transalpin, que l’on croit si bien connaître. Prêts pour un petit quiz? C’est parti ! Savez-vous dans quelle ville se trouve le centre géographique exact de la Péninsule? Elle a pourtant donné son nom à de célèbres Chroniques qui ont fait la joie de milliers d’enfants, petits et grands. Connaissez-vous le nom de la terrible bataille durant la campagne d’Italie de 1859 qui a inspiré le fondateur de la Croix-Rouge? Savez-vous pourquoi les jolies maisons de la Riviera italienne possèdent des façades colorées? Quand la peine de mort a été définitivement abrogée à la Cité du Vatican? Qui est le gastronome qui a écrit le premier livre de recettes? Et par pitié, ne dites plus jamais que Marco Polo a rapporté les spaghettis de Chine! Vous apprendrez dans les pages de ce livre qui est à l’origine de cette pure légende urbaine.

    Pour trouver ce Dictionnaire insolite de l’Italie, il vous suffit de le commander auprès de votre libraire préféré ou directement auprès de l’éditeur ou bien l’acheter sur Amazon et, pour les rebelles, sur Place des libraires. Parisiens, vous pouvez aussi le trouver à Sale e Pepe, le restaurant/boutique de mon frère rue Ramey dans le XVIIIe. Ma si, c’est ça la famiglia!

    PS : On en parle dans les médias!
    Ici, une critique dans Bilan, magazine économique suisse.
    Là, un billet d’Emmanuel Hecht dans L’Express  :

    Express

    Giardini-Naxos pleine de surprises

    Située au pied de Taormine, à mi-chemin entre Messine et Catane, cette petite localité balnéaire a été la toute première colonie grecque fondée en Sicile il y a 2750 ans. Malgré un littoral méchamment bétonné, certains habitants multiplient les initiatives pour redonner à la ville un visage plus esthétique et respectueux de l’environnement.

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    Le petit port de Giardini-Naxos ©Régine Cavallaro

    Bien qu’elle s’en défende, Caterina est une figure capitale pour la sauvegarde et la promotion de Giardini-Naxos. Non contente de diriger l’antenne locale de Legambiente, la principale – et plus active – organisation de défense de l’environnement en Italie, cette Giardinese qui a longtemps vécu à Florence préside aussi au bon fonctionnement de l’hôtel familial Palladio, à deux pas de la plage. Partenaire du Festival international d’interventions urbaines Emergence, elle accueille chaque année, dans les dix-neuf chambres de son établissement, les street artists venus de toute l’Europe. Avec gentillesse et générosité, cette esthète, elle-même fille d’artiste peintre, veille au bon déroulement du festival, fournissant le logis et le couvert (et quel couvert!) aux invités de la manifestation. Chaque soir, pendant toute la durée des festivités, Clara, Agata, Elisa, Elvira et Fiorella, les bonnes fées de la cuisine et du restaurant installé sur la terrasse panoramique de l’hôtel, régalent les convives de plats traditionnels siciliens, préparés à partir de produits bio et ultra locaux.

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    L’hôtel Palladio côté plage ©Régine Cavallaro
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    L’hôtel Palladio côté place ©Régine Cavallaro
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    La terrasse restaurant de l’hôtel Palladio ©Régine Cavallaro

    C’est parce qu’elle aime sa ville, au riche passé et au patrimoine naturel tout aussi fécond que Caterina milite au sein de Legambiente. Avec l’association écologique, elle a notamment fait replanter plusieurs arbres agrumes dans le superbe Parc archéologique de Naxos. Outre le musée, petit mais bien pourvu, le parc s’étend sur une quarantaine d’hectares, sur les vestiges de la première colonie grecque de Sicile fondée en 734 av. J.-C. par des colons en provenance de Chalcis sur l’île d’Eubée et de Naxos dans l’archipel des Cyclades, comme le rapportent Thucydide et Hellanicos de Mytilène. Quelques années plus tard, ces mêmes colons fondèrent Katane (Catane) et Leontinoi (Lentini). « C’est l’un des parcs archéologiques les plus importants d’Italie. Des chercheurs viennent des universités de Harvard et Cambridge y mener des campagnes de fouilles », raconte Caterina. Mais au-delà de sa haute valeur historique, le parc est avant tout un lieu splendide, doté d’une paix profonde et d’une grande poésie, avec ses murs de pierre et ses vestiges sertis dans une végétation méditerranéenne luxuriante.

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    Le musée archéologique de Giardini Naxos ©Régine Cavallaro
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    Dans le parc archéologique de Naxos ©Régine Cavallaro

    Ce havre de paix est pourtant menacé. Les marchands de béton qui ont déjà massacré le littoral souhaiteraient agrandir le port pour y aménager un centre commercial sur deux étages. Heureusement, la présidente de l’antenne locale de Legambiente veille au grain et a fait reculer le projet, en invoquant notamment l’article 9 de la Constitution italienne qui « protège le paysage et le patrimoine historique et artistique de la Nation ». Il faut dire que la baie de Taormine est une destination très prisée des voyageurs depuis le XVIIIe siècle, une étape obligée du Grand Tour, qui a charmé bien des écrivains, poètes et artistes, à commencer par Goethe, D.H. Lawrence et Maupassant. Avec son théâtre antique, ses jardins, sa vue sur la mer Ionienne et l’Etna tout proche, Taormine, aussi surnommée le « Saint Tropez sicilien » dans certains guides touristiques, a longtemps formé avec Giardini-Naxos une seule et même commune. Ce qui explique d’ailleurs pourquoi les deux villes partagent la même gare (bellissima!). Caterina, toujours de bons conseils, organise pour les clients de son hôtel des excursions dans les environs et notamment sur l’Etna, en compagnie de guides  naturalistes certifiés (et très sympas!) de l’Association Truvatura.

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    En excursion sur l’Etna ©Régine Cavallaro
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    Sur les pentes de l’Etna ©Régine Cavallaro
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    La gare de Taormina – Giardini Naxos ©Régine Cavallaro

    Depuis 2012, deux autres Giardinesi, Giuseppe Stagnitta et le génial Turi Scandurra (voir L’histoire de la Sicile en 100 secondes) tentent de redorer les façades de Giardini-Naxos en invitant des artistes urbains internationaux à intervenir sur ses murs, à travers le festival Emergence. Cette année, l’Europe du sud était à l’honneur. Parmi les streets artists présents à cette quatrième édition qui s’est déroulée du 19 au 26 octobre 2015, figuraient en effet GoddoG (France), Blaqk (Grèce) accompagné du photographe Dimitri Vasiliou, Lucamaleonte et Vlady (Italie) ainsi que les frères Amedeo et Antonio Forlin, artistes céramistes locaux, tandis que l’artiste roumain Geo Florenti installait un réverbère inspiré du concept d’art nécessaire, ingénieux système d’éclairage sans consommation électrique. Une édition particulièrement créative et surtout riche en émotion, puisque venue couvrir le festival, j’ai été promue assistante de l’artiste français et me suis retrouvée à quinze mètres au-dessus du sol en train de piloter une grue !

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    L’artiste français GoddoG et son « assistante » (bibi!) ©Régine Cavallaro
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    Les artistes grecs Blaqk ©Régine Cavallaro
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    Le mur de Lucamaleonte ©Régine Cavallaro
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    L’artiste italien Vlady ©Régine Cavallaro
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    Le mur de céramiques des frères Forlin ©Régine Cavallaro
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    Le réverbère de Geo Florenti ©DR
    Quelques liens pour en savoir plus

    L’hôtel Palladio de Caterina
    L’antenne locale de Legambiente
    Le Parc archéologique de Naxos
    L’association Etna Truvatura
    Le Festival Emergence
    Goddog
    Blaqk
    Dimitris Vasiliou
    Lucamaleonte
    Vlady
    Amedeo e Antonio Forlin
    Geo Florenti

    Il testo in italiano

    Situata ai piedi di Taormina, a metà strada tra  Messina e Catania, la piccola località balneare è stata la prima colonia greca fondata in Sicilia 2750 anni fa. Malgrado un littorale fortemente cementificato, alcuni abitanti moltiplicano le iniziative per ridare alla città un volto più estetico e rispettoso dell’ambiente.

    Anche se non lo vuole ammettere, Caterina è una figura fondamentale per la salvaguardia e la promozione di Giardini-Naxos. Non contenta di dirigere il circolo locale di Legambiente, la principale – e più attiva – organizzazione di difesa dell’ambiente in Italia, questa Giardinese vissuta a lungo a Firenze gestisce anche l’albergo di famiglia Palladio, a due passi dalla spiaggia. Partner del Festival internazionale di interventi urbani Emergence, ospita ogni anno, nelle dicianove camere del suo stabilimento, gli street artists venuti da tutta l’Europa. Con gentilezza e generosità, questa esteta, ella stessa figlia di una pittrice, veglia sul festival, offrendo il vitto e l’alloggio agli invitati della manifestazione. Ogni sera, per tutta la durata dei festeggiamenti, Clara, Agata, Elisa, Elvira e Fiorella, le buone fate della cucina e del ristorante situato sulla terrazza panoramica dell’albergo, fanno la gioia dei commensali coi piatti tipici siciliani, preparati con prodotti bio e a chilometro zero.

    Proprio perché ama la sua città, dal ricco passato e dal patrimonio naturale altrettanto fecondo, Caterina milita in Legambiente. Con l’associazione ecologica, ha fatto, tra l’altro, impiantare alberi di agrumi nello splendido Parco archeologico di Naxos. Oltre al museo, piccolo ma ben fornito, il parco si estende su una quarantina di ettari, sulle vestigia della prima colonia greca di Sicilia fondata nel 734 a.C. da coloni provenienti da Calcide sull’isola d’Eubea e da Naxos nell’arcipelago delle Cicladi, come lo riferiscono Tucidide e Ellanico. Qualche anno dopo, quegli stessi coloni fondarono Katane (Catania) e Leontinoi (Lentini). « È uno dei parchi archeologici più importanti d’Italia. Ricercatori vengono dalle università di Harvard e Cambridge per svolgere campagne di scavi », racconta Caterina. Ma al di là del suo alto valore  storico, il parco è inanzitutto un luogo stupendo, immerso in una pace profonda e di grande poesia, con le sue mura di pietra e le sue rovine incastonate in una vegetazione mediterranea lussureggiante.

    Eppure questa oasi di pace è minacciata. I venditori di cemento che hanno già massacrato il littorale vorrebbero adesso ampliare il porto e costruirci un centro commerciale su due piani. Fortunatamente, la presidente del circolo locale di Legambiente vigila ed è riuscita a ostacolare il progetto, invocando l’articolo 9 della Costituzione italiana che « tutela il paesaggio e il patrimonio storico e artistitico della Nazione ». Vero è che la baia di Taormina è una destinazione molto ambita dai viaggiatori sin dal ‘700, una tappa obbligata del Grand Tour, che ha affascinato tanti scrittori, poeti e artisti, a cominciare da Goethe, D.H. Lawrence e Guy de Maupassant. Con il suo teatro antico, i suoi giardini, la vista sul mar Ionio e sull’Etna vicinissimo, Taormina, detta anche la « Saint Tropez siciliana » in alcune guide turistiche, ha per molto tempo formato con Giardini-Naxos un solo e unico comune. Ciò spiega d’altronde perché le due città condividono la stessa stazione (bellissima!). Caterina, sempre di buon consiglio, organizza per i clienti dell’albergo escursioni nei dintorni e specialmente sull’Etna, in compagnia di guide naturalistiche (e molto simpatiche!) con tesserino AIGAE  dell’Associazione Etna Truvatura.

    Dal 2012, due altri Giardinesi, Giuseppe Stagnitta e il geniale Turi Scandurra (vedi La Storia della Sicilia in 100 secondi) tentano di abbellire le facciate di Giardini-Naxos invitando artisti urbani internazionali ad intervenire sui muri, attraverso il festival Emergence. Quest’anno, l’Europa del sud era in primo piano. Tra gli street artists presenti a questa quarta edizione svoltasi dal 19 al 26 ottobre 2015, figuravano infatti  GoddoG (Francia), Blaqk (Grecia) accompagnati dal fotografo Dimitri Vasiliou, Lucamaleonte e Vlady (Italia) nonché i fratelli  Amedeo e Antonio Forlin, artisti ceramisti locali, mentre l’artista rumeno Geo Florenti installava un lampione ispirato al concetto di arte necessario, ingenioso sistema di illuminazione senza consumo elettrico. L’edizione fu particolarmente creativa e soprattutto ricca di emozioni, poiché venuta per coprire il festival, sono stata promossa assistente dell’artista Francese e mi sono ritrovata a quindici metri di altezza a pilotare la gru !

    Street Art in Sicily

    Depuis quelque temps, la Sicile est devenue le spot favori des street artists, qui viennent de toute l’Italie et d’ailleurs pour transformer les murs abandonnés de Palerme, Catane ou Messine en une gigantesque toile d’art urbain.

    Knarf (http://lumpenpack.tumblr.com/) à la Vucciria ©Régine Cavallaro
    Knarf (lumpenpack.tumblr.com) à la Vucciria ©Régine Cavallaro

    Décidément, la Sicile nous surprendra toujours! Alors qu’on la dit moribonde sur le plan économique, voilà qu’elle tient le haut du pavé artistique. Depuis quelques années, en effet, les grandes signatures du street art (C215, Blu, Ericailcane, Interesni Kazki, Vhils…) s’affichent sur les murs des villes siciliennes, tandis que les initiatives, privées et publiques, se multiplient pour diffuser l’art urbain au plus grand nombre. Ainsi, Giardini Naxos, petite commune de moins de 10 000 habitants située sur la côte orientale à mi-chemin entre Messine et Catane, accueille chaque année depuis 2012 un festival international entièrement dédié au street art, baptisé Emergence Festival. L’été dernier, c’est carrément la municipalité de Catane qui a demandé à huit artistes d’intervenir sur les énormes silos à l’entrée du port pour transformer ceux-ci en « véritable monument du XXIe siècle » comme l’explique Giuseppe Stagnitta d’Emergence Festival et organisateur de l’événement. Baptisée Street Art Silos, l’opération a nécessité pas moins de centre trente heures de travail, mille kilos de peinture et sept cents bombes aérosol. Revisitant les grands mythes de l’identité sicilienne, les œuvres monumentales ont aussi permis de revaloriser la zone portuaire et de booster l’image culturelle de la ville.

    A Messine, en 2013, sur un édifice public abandonné appelé la Casa del Portuale, Blu, considéré comme l’un des dix meilleurs street artists vivants par le journal britannique The Observer, réalise une immense fresque que l’on peut voir ici sur le site de l’artiste : blublu.org. À Palerme, chef-lieu de l’île, tandis que les œuvres fleurissent sur les murs de la ville, plusieurs initiatives mêlent démarche artistique et action sociale, donnant ainsi à l’art urbain ses lettres de noblesse. C’est le cas du laboratoire d’innovation sociale Push qui s’est associé à l’artiste Ema Jons pour animer des ateliers auprès des enfants de Borgo Vecchio, un quartier passablement défavorisé où le taux de chômage atteint 40% et où l’analphabétisme et la déscolarisation demeurent élevés. Ensemble, ils ont réalisé plusieurs peintures murales qui sont autant d’outils de promotion sociale et de régénération urbaine. Baptisé Borgo Vecchio Factory, le projet est une si belle réussite que Push a décidé d’étendre l’expérience à d’autres quartiers défavorisés, notamment ceux de Catane et Naples. Jusqu’au 5 novembre, vous pouvez contribuer à sa réalisation en votant pour le projet Street Art Factory sur la plateforme CheFare, qui récompense les meilleurs projets d’innovation culturelle en Italie.

    Depuis peu, la jeune association Alternative Tours propose aux Palermitains comme aux touristes une visite de la ville pas comme les autres. Ici, pas question de cathédrale, de musées ou autres catacombes. Enrica et Virginia guident les visiteurs à travers les rues et les quartiers de Palerme à la découverte des œuvres signées par les plus grands noms du street art international. Je fais partie des heureux élus qui ont pu voir les pochoirs de C215, volés récemment. Comme le raconte Enrica, l’artiste français Christian Guémy, alias C215, a choisi de rendre hommage au maître du clair-obscur « non seulement pour rappeler son passage dans la ville, mais aussi parce qu’il est persuadé que si Caravage vivait aujourd’hui il ferait du street art ». La visite dure deux heures et demi environ et son prix est libre, avec une rémunération au chapeau.

    Ibis Styles par Mrfijodor, Corn79 et Davi De Melo Santos
    Mr Fijodor (www.mrfijodor.it), Corn79 (www.corn79.com) et Davi DMS (dmsonelove.tumblr.com) au parking de l’hôtel Ibis © photo Régine Cavallaro
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    Ema Jons (emajons.blogspot.fr) à Borgo Vecchio © photo Régine Cavallaro
    Borgo Vecchio par Gabriele Genova © photo Régine Cavallaro
    Gabriele Genova (www.gabrielegenova.blogspot.it) à Borgo Vecchio © photo Régine Cavallaro
    Piazza San Domenico par C215 © photo Régine Cavallaro
    C215 (c215.fr) à Piazza San Domenico © photo Régine Cavallaro
    Zolta à Piazza Magione © photo Régine Cavallaro
    Zolta (zoltha.tumblr.com) à Piazza Magione © photo Régine Cavallaro
    Mr. THOMS au parking de l'hôtel Ibis © photo Régine Cavallaro
    Mr. THOMS (www.thoms.it) au parking de l’hôtel Ibis © photo Régine Cavallaro
    Virginia et Enrica d'Alternative Tours devant une fresque d'Ema Jons
    Virginia et Enrica d’Alternative Tours devant une fresque d’Ema Jons à la Kalsa
    En savoir plus

    Le festival Emergence à Giardini Naxos : www.emergencefestival.com
    Et sa page Facebook : www.facebook.com/Emergencefestival

    Le projet Borgo Vecchio Factory : www.wepush.org
    Votez pour le projet Street Art Factory : bando.che-fare.com

    La page Facebook de Street Art Palermo : www.facebook.com/streetartpalermo

    Le tableau Pinterest de Street Art Palermo recensant tout le street d’art de la ville : www.pinterest.com/wepush/street-art-palermo/

    Alternative Tours Palermo : alternativetourspalermo.it

    Il testo in italiano

    Da qualche tempo, la Sicilia è diventata lo spot favorito degli street artists, che vengono da tutta l’Italia e oltre per fare dei muri abbandonati di Palermo, Catania o Messina una gigantesca tela d’arte urbano.

    La Sicilia ci sorprenderà sempre! Tutti la dicono moribonda sul piano economico, e invece non è mai stata così vivace sul piano artistico. Da qualche anno infatti, le grandi firme dello street art (C215, Blu, Ericailcane, Interesni Kazki, Vhils…) stanno in bella mostra sui muri delle città siciliane, mentre le iniziative, sia private che pubbliche, si moltiplicano per diffondere ai più l’arte urbano. Giardini Naxos, piccolo comune con meno di 10 000 abitanti situato sulla costa orientale tra Messina e Catania, accoglie ogni anno dal 2012 un festival internazionale interamente dedicato allo street art, chiamato Emergence Festival. L’estate scorso, anche il comune di Catania ha chiesto a otto artisti di intervenire sugli imponenti silos del porto per trasformarli in « vero e proprio monumento del XXIe secolo », come lo spiega Giuseppe Stagnitta di Emergence Festival e organizzatore dell’evento. Denominata Street Art Silos, l’operazione ha necessitato di centotrenta ore di lavoro, mille chili di colore e settecento bombolette spray. Rivisitando i grandi miti dell’identità siciliana, le opere monumentali hanno anche contribuito a rivalorizzare la zona portuale  e  spolverare  l’immagine culturale della città.

    A Messina, nel 2013, su un edificio pubblico abbandonato chiamato la Casa del Portuale, Blu, considerato come uno dei dieci migliori street artists viventi dal giornale britannico The Observer, realizza un immenso affresco che si può vedere sul sito dell’artista : blublu.org. A Palermo, capoluogo dell’isola, mentre le opere fioriscono sui muri della città, diverse iniziative uniscono intervento artistico e azione sociale, dando così all’arte urbano l’occasione di dimostrare il suo alto valore. Il laboratorio di innovazione sociale Push si è associato con l’artista Ema Jons per animare atelier con i ragazzi di Borgo Vecchio, un quartiere disagiato dove il tasso di disoccupazione sfiora il 40% con un analfabetismo elevato ed un livello di scolarizzazione insufficiente. Insieme, hanno realizzato vari murales che sono altrettanti strumenti di promozione sociale e rinnovazione  urbana. Denominato Borgo Vecchio Factory, il progetto ha registrato un tale successo che  Push ha deciso di estendere l’esperienza ad altri quartieri disagiati, come quelli di Catania e Napoli. Fino al 5 Novembre, puoi contribuire alla sua realizzazione votando per il progetto Street Art Factory sulla piattaforma CheFare, che premia i migliori progetti di innovazione culturale in Italia.

    Recentemente, la giovane associazione Alternative Tours propone sia ai Palermitani che ai turisti una visita della città fuori dal comune. Qui non parliamo di cattedrale, di museo o di catacombe. Enrica e Virginia guidano i visitatori attraverso le vie e i quartieri di Palermo alla scoperta delle opere firmate dai più grandi nomi dello street art internazionale. Grazie alla mia visita con Alternative Tours, ho avuto la fortuna di vedere gli stencils di C215, rubati ultimamente. Come lo racconta Enrica, l’artista Francese Christian Guémy, alias C215, ha scelto di rendere omaggio al maestro del chiaroscuro « non solo per ricordare il suo passaggio nella città, ma anche perché è convinto che se Caravaggio fosse vivo oggi farebbe sicuramente dello  street art ». La visita dura due ore e mezzo circa e il suo prezzo è libero, cioè basato sul principio del « paghi quanto vuoi ».

    Serial Tourist débarque à Palerme

    Tous à vos postes! Dimanche 26 juillet, à 18h40, sur France Ô, Thomas Yzèbe vous invite à découvrir un Palerme inédit, avec ses trésors sublimes et ses personnages passionnés et passionnants. Bref, la ville comme on l’a rarement vue à la télévision.

    Thomas Yzèbe à Palerme
    Thomas Yzèbe à la rencontre des Palermitains ©Serial Tourist

    Pour ceux qui ne connaîtraient pas Serial Tourist, l’émission diffusée sur France Ô et sur la chaîne Voyage, le principe est simple : son animateur, Thomas Yzèbe, débarque dans une ville qu’il n’a jamais visitée et demande à ses habitants de la lui faire découvrir. Au gré de ses rencontres, c’est donc une ville humaine, animée et bien vivante qu’il présente et raconte au public. Avec Palerme, cité généreuse, toujours en mouvement et baroquissime dans tous les sens du terme, il n’était pas au bout de ses surprises.

    Dans les rues de Palerme
    Dans les rues de Palerme ©Serial Tourist

    Je viens de voir l’émission en avant-première. Et je dois dire que je suis très fière de figurer au générique! Thomas, en effet, m’avait contacté il y a quelque temps, après avoir découvert mon bellissimo blog et m’avait demandé mon aide pour préparer son voyage. Alors je ne vais pas tout révéler ici, histoire de ménager le suspense en attendant la diffusion. Mais en guise de complément d’info, pour ceux qui souhaiteraient approfondir certains sujets abordés dans l’émission, voici quelques adresses et liens (en ordre d’apparition) :

    Le meilleur glacier de Palerme :
    Bar La Vela
    Piazza Bordanaro, 10
    A défaut de savourer une glace en direct, vous pouvez toujours visiter sa page Facebook

    L’association contre le racket :
    AddioPizzo
    Son site web : www.addiopizzo.org
    Et son agence de voyage AddioPizzo Travel : www.addiopizzotravel.it

    La boutique de casquettes :
    La Coppola storta
    Via Bara all’Olivella, 74
    Sa page Facebook

    Les marionnettes siciliennes :
    Figli d’Arte Mancuso – Teatro Carlo Magno
    Via Collegio di Maria al Borgo Vecchio, 17
    Son site web : www.mancusopupi.it

    L’association qui ouvre les portes de Palerme :
    Le Vie dei Tesori
    Son site web : www.leviedeitesori.com
    Sa page Facebook
    Et mon article sur le Festival

    La structure délirante qui offre une vue à 360° sur Palerme :
    Il Nautoscopio
    Via Foro Italico Umberto I
    Le site web de l’architecte : www.giuseppeamatostudio.com

    Enfin, la logeuse de Thomas pour louer l’appartement :
    Donatella Aiosa
    Via Carrettieri, 46
    Son mail
    Sa page Facebook

    Figli d'arte Mancuso ©Serial Tourist
    Figli d’arte Mancuso ©Serial Tourist

    Mon conseil, ne manquez pas cet épisode sur Palerme! Thomas offre une vision originale et émouvante de la ville, hors des sentiers battus et rebattus. Il pousse des portes souvent fermées, pénètre dans des jardins secrets, s’enfonce dans des galeries souterraines, grimpe sur le toit d’églises somptueuses et escalade des monuments improbables pour une vue à 360°. Il fait la rencontre d’habitants amoureux de leur ville qui, par leur action et leur personnalité, dépoussièrent et renouvellent l’image ô combien dépassée qu’on se fait traditionnellement du chef-lieu sicilien. En somme, un must pour les inconditionnels de Palerme.

    En savoir plus

    La page Facebook de l’émission Serial Tourist
    Et pour ceux qui auraient loupé l’émission et voudrait la voir sur YouTube

    Au sanctuaire de Santa Rosalia ©Serial Tourist
    Au sanctuaire de Santa Rosalia ©Serial Tourist

    Costanza et la Sicilian Touch

    Avis aux Parisien(ne)s et Francilien(ne)s amoureux de la Sicile! Notez la date du vendredi 22 mai dans vos tablettes : c’est un concentré de couleurs, de matières et de créations originales qui vous donnent rendez-vous pour une vente privée 100% sicilienne.

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    Costanza

    Connaissez-vous Costanza? Costanza fait appel à des artistes siciliens pour créer des produits en prise directe avec l’imaginaire de l’île, des créations qui s’inspirent de son architecture ou de sa géographie, qui revisitent ses différentes traditions artistiques, artisanales et culinaires en une clé moderne, inédite, brillante et ingénieuse. La Sicilian Touch, en somme! Bijoux, foulards, accessoires de mode, sacs, pochettes, mais aussi cahiers, carnets, cartes postales, cosmétiques et objets d’art… autant d’idées de cadeaux qui racontent tous à leur manière l’histoire et les mille et un trésors de la Sicile.

    Costanza est née en 2014, sous l’impulsion d’Annie Ziliani, une franco-italienne tombée irrésistiblement sous le charme de la Sicile. L’été dernier, elle a ouvert un pop-up store à Noto, au cœur même du Baroque sicilien (on pouvait même y trouver mon Dictionnaire insolite de la Sicile!). L’an prochain, ce sera sans doute à Scicli, moins connu mais tout aussi splendide. En attendant, les internautes peuvent toujours suivre son actualité sur sa page Facebook.

    La Sicilia di Ulisse

    Les férus d’histoire auront sans doute remarqué le logo de Costanza : la célèbre couronne dite de Constance. Il s’agit effectivement d’un hommage aux deux Constance qui ont marqué l’histoire de l’île : Constance de Hauteville, mère de l’empereur Frédéric II de Hohenstaufen, surnommé Stupor Mundi tant sa cour fut brillante. Une femme douée d’une certaine trempe puisque l’on raconte qu’elle a convoqué à son accouchement tous les notables de la ville, afin de faire taire les mauvaises langues qui contestaient déjà la légitimité de l’enfant, vu l’âge avancé pour l’époque (40 ans) de la parturiente; et Constance d’Aragon, première épouse de Frédéric II. C’est dans son sarcophage que l’on a retrouvé cette couronne à pendentifs sertie de pierres précieuses, sur le modèle du Kamelaukion, porté jadis par les empereurs byzantins. La couronne figure aujourd’hui au Trésor de la cathédrale de Palerme.

    Logo Costanza

    Alors, si vous êtes à Paris le vendredi 22 mai prochain, ne manquez pas la vente privée accompagnée d’un apéro sicilien. Dans sa malle aux trésors, Costanza a certainement le cadeau qu’il vous faut.

    Quand : de 17h à 21h
    Où : 27, rue de la Grange aux Belles, Paris 10e. Métro : République
    Porte cochère code 1418, puis RDC dans la cour

    Vulcano ou la musique des pierres

    De toutes les îles Eoliennes, c’est sans aucun doute à Vulcano que le règne minéral explose dans toute sa splendeur. Roches, laves, scories, barrancos, fumerolles, boues sulfureuses, sable noir… tout semble prétexte à célébrer le royaume de la pierre.

    Vulcano, îles Eoliennes
    L’île de Vulcano, depuis Lipari, îles Eoliennes ©Régine Cavallaro

    Il y a bien sûr son volcan dont le cratère principal qui se dresse à 380 mètres est relativement facile d’accès. Il faut compter une heure de marche le long des huit cent mètres de son sentier pour parvenir au sommet. Le jeu en vaut vraiment la chandelle car une fois là-haut le spectacle qui s’offre à la vue est tout bonnement splendide. Le randonneur y bénéficie d’un  belvédère privilégié sur les six autres îles de l’archipel éolien.

    Le volcan a beaucoup impressionné Alexandre Dumas lors de son voyage en Sicile en 1835. Dans Le capitaine Aréna, relatant son périple éolien, l’auteur nous apprend que l’île était alors uniquement peuplée de bagnards qui creusaient le cratère pour en extraire le soufre. Un travail de forçats, c’est le cas de le dire, dont les conditions de vie misérables et inhumaines avaient passablement ému l’écrivain voyageur.

    Le cratère de Vulcano ©Régine Cavallaro
    Au pied de Vulcano ©Régine Cavallaro

    Vulcano, c’est aussi des paysages uniques et insolites où la roche omniprésente semble jouer de concert avec la mer et le ciel pour composer une immense symphonie des pierres. Toujours en compagnie de Giovanni et son indispensable gozzo, le tour de l’île en bateau offre l’occasion de s’émerveiller devant les multiples élans du minéral. Ici, c’est une piscine naturelle. Là, une grotte profonde. Un peu plus loin, un géant de pierre. Et au détour d’un éperon rocheux, une calanque d’un genre particulier : la plage de l’Âne (spiaggia dell’Asino) et son étonnant sable noir.

    Un château de sable...noir! ©Régine Cavallaro
    Un château de sable…noir! ©Régine Cavallaro

    Enfin, le clou du spectacle, à deux pas du port: les bains de boue sulfureuse. Ah les bains de boue sulfureuse! Tout un univers, une autre planète! Un voyage à part entière dans un décor lunaire! Certes, je ne saurais trop vous recommander de ne pas vous y rendre après un solide repas. Et d’emporter un vieux maillot de bain, celui un peu détendu qui a déjà plusieurs saisons à son actif et qui dort au fond de vos tiroirs. Car l’odeur du soufre est tenace, et même après plusieurs lavages, il sentira au mieux l’allumette brûlée, au pire l’œuf pourri. Car oui, le soufre c’est bien ça : cet horrible effluve tout droit sorti des enfers, comme le prétendaient les Anciens, qui vous retourne les narines et l’estomac. Une fois le dégoût surmonté, cependant, une immersion dans les boues chaudes et  gargouillantes vous délivrera ses multiples bienfaits : oubliés les rhumatismes, les difficultés respiratoires ou certaines lésions cutanées comme l’acné ou le psoriasis. Vous en ressortirez avec une sensation de profonde détente et une peau douce comme de la soie. Les boues sulfureuses possèdent des vertus médicales reconnues pour soigner les affections articulaires, dermatologiques et des voies respiratoires.

    Séance de fangothérapie à Vulcano
    Séance de fangothérapie à Vulcano ©Régine Cavallaro

    Après s’être badigeonné et détendu dans la boue chaude (pas plus de vingt minutes, au-delà il y a risque d’intoxication), on pique une tête dans la mer toute proche, où l’eau, par endroits, bouillonne tel un jacuzzi naturel. Ceux qui souffrent de problèmes respiratoires, comme l’asthme, ne manqueront d’aller inspirer les émanations des fumerolles situées derrière le bassin de boue. Ça ne sent pas très bon, c’est sûr, mais c’est efficace.

    Fangothérapie suite
    Fangothérapie suite ©Régine Cavallaro

    La bonne nouvelle, c’est que la fangothérapie telle qu’elle est proposée sur l’île de Vulcano est accessible à toutes les bourses : à 2€ l’entrée + 1€ la douche, ou 12€ l’abonnement pour 7 jours, on aurait franchement tort de s’en priver. Et quand je vous aurais donné l’adresse de résidences, jolies et pratiques, tenues par le sympathique Luigi, vous n’aurez plus d’excuse pour ne pas partir vous faire du bien sur l’île de Vulcano.

    Fangothérapie à Vulcano ©Régine Cavallaro
    Fangothérapie à Vulcano ©Régine Cavallaro
    Fangothérapie suite et fin ©Régine Cavallaro
    Fangothérapie suite et fin ©Régine Cavallaro

    En savoir plus


    Pour la fangothérapie, c’est par ici
    Pour loger sur l’île, Luigi vous propose plusieurs résidences à Baia di Ponente :
    Cottage 1 – Cottage 2 – Cottage 3
    Pour envoyer un mail à Luigi, cliquez ici
    Pour faire la visite de l’île en bateau,  Giovanni : +39 338 610 57 34

    Il testo in italiano

    Di tutte le isole Eolie, è senz’altro a Vulcano che il regno minerale esplode in tutto il suo splendore. Roccia, lava, scorie, barranco, fumarola, fango sulfureo, sabbia nera… tutto sembra pretesto per celebrare il regno della pietra.

    C’è naturalmente il vulcano cui il cratere principale che si erge a 380 metri è relativamente  di facile accesso. Occorre camminare un’ora lungo gli 800 metri del sentiero per raggiungere la cima. Ne vale veramente la pena perchè una volta arrivati lassù lo spettacolo che si offre alla vista è semplicemente magico. L’escursionista gode di un belvedere privilegiato sulle altre sei isole dell’arcipelago Eoliano.

    Il vulcano ha molto impressionato Alexandre Dumas durante il suo viaggio in Sicilia nel 1835. In Viaggio in Sicilia, raccontando il suo periplo eoliano, l’autore ci rivela che l’isola era allora unicamente popolata da forzati che scavavano il cratere per estrarne lo zolfo. Un lavoro da forzati, cui le condizioni di vita miserabili e disumane avevano commosso lo scrittore viaggiatore.

    Vulcano vuol dire anche paesaggi unici e insoliti dove la roccia onnipresente sembra suonare in sintonia con il mare e il cielo per comporre un’immensa sinfonia di pietra. Sempre in compagnia di Giovanni e il suo indispensabile gozzo, il giro dell’isola in barca offre l’opportunità di meravigliarsi davanti ai tanti slanci del minerale. Qui, una piscina naturale. Là, una grotta profonda. Un po’ più lontano, un gigante di pietra. E passato uno sperone roccioso, una piccola baia un po’ speciale : la spiaggia dell’Asino e la sua sorprendente sabbia nera.

    Infine, il clou dello spettacolo, a due passi dal porto: i bagni di fango sulfureo. Ah i famosi bagni di fango sulfureo! Tutto un universo, un altro pianeta! Un viaggio in se stesso in un set lunare! Certo, ti consiglierei di non andarci a stomaco pieno. E di indossare un vecchio costume da bagno, quello un po’ allentato che ha già fatto un paio di stagioni e dorme in fondo al cassettone. Perché l’odore dello zolfo è tenace, e anche dopo alcuni lavaggi, avrà al meglio un odore di fiammifero bruciato, al peggio di uovo marcio. Infatti, lo zolfo odora proprio questo : un’orrendo effluvio uscito dritto dall’inferno, come lo pensavano gli Antichi, che ti invade le narici e ti mette lo stomaco sotto sopra. Però, passato il disgusto, un’immersione nei fanghi caldi e gorgoglianti ti porterà numerosi benefici : dimenticati i reumatismi, le difficolta respiratorie o alcune lesioni cutanee come l’acne o la psoriasi. Ne uscirai con una sensazione di profondo rilassamento ed una pelle dolce come la seta. I fanghi sulfurei possiedono proprietà terapeutiche riconosciute per curare affezioni articolari, dermatologiche e delle vie aeree.

    Dopo essersi cosparsi e rilassato nel fango caldo (non più di venti minuti, dopo c’è il rischio di intossicazione), ci si tuffa nel mare vicino, dove l’acqua, in certi punti, ribolisce come in una  jacuzzi naturale. Quelli che soffrono di problemi respiratori, come l’asma, non mancheranno di andare inspirare le esalazioni delle fumarole situate dietro la pozza di fango. Certo non profuma di rosa, ma è molto efficace.

    La buona notizia è che la fangoterapia così come viene proposta sull’isola di Vulcano è accessibile a tutti : a 2€ l’ingresso + 1€ la doccia, o 12€ l’abonamento per 7 giorni, sarebbe un vero peccato lasciarsi perdere l’occasione. E quando ti avrò dato l’indirizzo di residences, carini e comodi, gestiti dal simpatico Luigi, non avrai più nessuna scusa per non partire a prendere cura di te sull’isola di Vulcano.

    Per saperne di più


    Per la fangoterapia, clicca qui
    Per allogiare sull’isola , Luigi ti propone alcuni résidences a Baia di Ponente :
    Cottage 1 – Cottage 2 – Cottage 3
    Per mandare una mail a Luigi, clicca qui
    Per la visita dell’isola in barca, chiama  Giovanni : +39 338 610 57 34

    Chronique d’un saccage annoncé

    L’heure est grave! Le gouverneur de la Sicile, Rosario Crocetta, s’apprête à approuver une série d’importants forages pétroliers en terre et en mer. De grâce! Ne laissez pas commettre une telle abomination, signez la pétition et faites circuler l’info!

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    Carte des forages prévus publiée par Repubblica Palermo

    Ce n’est malheureusement pas la première fois que je vous en parle sur ce blog. Déjà en 2007, un projet de forage dans le Val di Noto, pourtant classé au Patrimoine mondial de l’Unesco, avait été rejeté in extremis, grâce notamment à un vaste mouvement de protestation initié par l’écrivain Andrea Camilleri, père du commissaire Montalbano, et relayé par la presse internationale.

    Cette fois, la situation est beaucoup plus préoccupante puisque le gouvernement italien, avec l’aval des autorités siciliennes, est sur le point d’accorder de nouvelles autorisations de prospection et d’exploitation de gisements d’hydrocarbures en Sicile : pas moins de 46 en mer et 33 en terre, comme l’illustre la carte ci-dessus publiée dans l’édition palermitaine du quotidien la Repubblica.

    Cette décision incompréhensible n’est pas seulement une aberration à l’heure du réchauffement climatique et de l’état catastrophique dans lequel se trouve notre planète, alors que tout le monde (même la Chine!) reconnaît qu’il devient urgent d’adopter un modèle de production énergétique plus respectueux de l’environnement et de privilégier les énergies renouvelables. Une telle décision est aussi totalement contreproductive car ces forages, outre leur impact écologique, constituent une grave menace pour l’avenir du tourisme dans l’île,  sa principale ressource économique, « le véritable or noir de la Sicile » comme le rappelle Domenico Fontana, président de l’association de défense de l’environnement Legambiente Sicilia. Effectivement, si le gouverneur et sa clique s’imaginent que les touristes vont continuer d’affluer pour se prélasser sur des plages souillées d’hydrocarbures, s’empoisonner en respirant un air vicié et surtout pleurer de désolation et de rage devant des paysages défigurés par d’immondes foreuses et plateformes pétrolières, c’est qu’ils n’ont, décidément, rien compris au b.a.-ba tourisme. A moins qu’ils ne s’en moquent éperdument et préfèrent favoriser les intérêts des grandes compagnies pétrolières, au détriment de la santé de leurs concitoyens et de la sécurité écologique de leur territoire ?

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    © Francesco Alesi/Greenpeace

    En attendant, l’opposition aux forages pétroliers, baptisée « No triv », se mobilise. Le député sicilien Fabrizio Ferrandelli, se positionne contre son propre parti et lance une pétition en ligne, tandis que le maire de Palerme, Leoluca Orlando, qui voit dans ce projet « un acte de vandalisme absurde qui compromet le développement durable de notre île », organise une opération de protestation le 19 décembre prochain devant le Palazzo d’Orléans, siège de la présidence de la Région, en compagnie d’autres maires siciliens et de l’association Legambiente. De leur côté, les députés du Movimento 5 Stelle menacent de saisir les autorités de Bruxelles, invoquant une possible violation de la réglementation européenne, alors que le maire de Salina (îles Eoliennes) Massimo Lo Schiavo demande à l’Unesco d’intervenir auprès du président du Conseil italien. Quant aux associations de protection de l’environnement, elles passent, elles aussi, à l’action, telle Greenpeace, qui a notamment fait appel aux comiques siciliens Ficarra et Picone :

    Last but not least, la méthode du gouvernement italien pour imposer ces forages pétroliers est  limite antidémocratique (voire fasciste?). En septembre dernier, en effet, le président du Conseil Matteo Renzi a fait passer le décret « Sblocca Italia » [littéralement, Débloque Italie], une série de mesures censées relancer la production et simplifier la bureaucratie à l’échelle nationale, mais qui, ce faisant, court-circuite les rouages décisionnaires de la Région sicilienne qui, rappelons-le, à l’instar de quatre autres régions italiennes, bénéficie d’un statut d’autonomie spécial, conformément à la Constitution du pays. C’est sur ce caractère anticonstitutionnel de l’article 38 du décret Sblocca Italia que se battent actuellement les opposants au projet qui en réclament l’abrogation pure et simple. Le pire dans tout ça, c’est qu’il existe de sérieux doutes quant aux retombées économiques pour la Sicile de cette soi-disant manne pétrolière. Il y a de fortes chances, en effet, que les compagnies pétrolières (Schlumberger en tête) se partagent le gâteau avec l’État italien, qui n’en redistribuerait que quelques miettes à la Sicile. Sans même parler du danger réel que représentent ces forages dans une région à haut risque sismique et dont les eaux sont truffées de volcans sous-marins. On ne sait que trop, malheureusement, après Fukushima, Deepwater Horizon, Tchernobyl ou autres, combien les allégations de sécurité reposent sur du vent lorsqu’un grain de sable vient accidentellement enrayer la machine.

    Alors, de grâce, ne laissons pas la Sicile entre les mains des compagnies pétrolières sans scrupule, des avides et des corrompus. Réagissons tant il en est encore temps pour préserver les beautés uniques de cette île de la Méditerranée, notre patrimoine naturel à tous. La Sicile a besoin de vous. Per favore, signez la pétition et faites circuler l’info!

    En savoir plus

    Signer la pétition contre les nouveaux forages pétroliers en Sicile
    Lire le communiqué de presse de Legambiente Sicilia (en italien)
    Lire un excellent article de Repubblica Palermo sur les enjeux économiques des forages pétroliers en Sicile (en italien)
    Lire le témoignage du directeur de campagne de Greenpeace Italia sur « la stratégie des foreuses »
    Le blog du Comité No triv et sa page Facebook

    Il testo in italiano

    L’ora è grave! Il governatore della Sicilia, Rosario Crocetta, sta per approvare una serie di importanti trivellazioni petrolifere in terra e in mare. Non lasciare commettere quello scempio, firma la petizione e condividi l’info!

    Purtroppo, non è la prima volta che ne parlo su questo blog. Già nel 2007, un progetto di trivellazioni nel Val di Noto, benché Patrimonio dell’umanità dell’Unesco, era stato respinto in extremis, grazie anche a un vasto movimento di protesta iniziato dallo scrittore Andrea Camillleri, padre del commissario Montalbano, e ripreso dalla stampa internazionale.

    Questa volta, la situazione è molto più preoccupante poiché il governo italiano, con l’avallo delle autorità siciliane, sta per accordare nuovi permessi di ricerca e coltivazione di giacimenti di idrocarburi in Sicilia : 46 in mare e 33 in terra, come lo mostra la mappa qui sopra pubblicata su Repubblica Palermo.

    Questa decisione incomprensibile non è solo una aberrazione in questi tempi di  riscaldamento globale e stato disastroso nel quale versa il pianeta, mentre il mondo intero (persino la Cina!) ammette che urge adottare un modello di produzione energetico più rispettoso dell’ambiente, privilegiando energie rinnovabili. Tale decisione è anche totalmente contro-produttiva perché quelle trivellazioni, oltre il loro impatto ecologico, rappresentano una grave minaccia per il futuro del turismo nell’isola, la sua principale risorsa economica, « il vero oro nero della Sicilia » come lo precisa Domenico Fontana, presidente di Legambiente Sicilia. Infatti, se il governatore e compagnia bella s’immaginano che i turisti continueranno ad affluire per distendersi su spiagge lorde di petrolio, avvelenarsi respirando un’aria viziata e sopratutto piangere di disperazione e rabbia davanti a paesaggi rovinati da oscene trivelle e piattaforme petrolifere, allora non hanno capito proprio nulla all’abc del turismo. Almeno che se ne freghino altamente e preferiscano favoreggiare gli interessi delle grandi compagnie petrolifere, a danno della salute dei concittadini e della sicurezza ambientale del territorio ?

    Intanto, l’opposizione No Triv si mobilita. Il deputato siciliano Fabrizio Ferrandelli si posiziona contro il proprio partito e lancia una petizione online, mentre il sindaco di Palermo Leoluca Orlando, che considera le trivellazioni come « un assurdo atto di vandalismo che danneggia lo sviluppo sostenibile della nostra Isola », convoca un presidio il 19 dicembre davanti al Palazzo d’Orléans, sede della presidenza della Regione, con altri sindaci siciliani e Legambiente. I deputati del Movimento 5 Stelle minacciano di adire le autorità di Bruxelles, invocando una possibile violazione della normativa europea, mentre il sindaco di Salina (nelle Eolie) Massimo Lo Schiavo chiede l’intervento dell’Unesco presso il presidente del Consiglio italiano. Inoltre, le associazioni ambientalisti lanciano azioni, come quelle di Greenpeace, che ha anche coinvolto i comici Ficarra e Picone.

    Last but not least, il metodo del governo italiano per imporre quelle trivellezioni petrolifere ha un sapore decisamente antidemocratico (persino fascista?). Lo scorso Settembre, infatti, il presidente del Consiglio Matteo Renzi ha fatto passare il decreto-leggge « Sblocca Italia », una serie di provedimenti presubilmente per rilanciare la produzione e simplificare la burocrazia a livello nazionale, ma che, invece, scavalca i poteri decisionali della Regione siciliana che, ricordiamolo, come altre quattro regioni italiane, gode di uno statuto speciale di autonomia, conformemente alla Costituzione del Paese. È su questo carattere anticostituzionale dell’articolo 38 del decreto Sblocca Italia che lottano attualmente gli opponenti al progetto, richiedendone l’abrogazione. Il peggio in tutto ciò è che esistono seri dubbi sui presunti benefici economici per la Sicilia di questa sedicente manna petrolifera. Infatti, con molte probabilità, le compagnie petroliferi (Schlumberger in testa) si divideranno la torta con la Stato italiano, che lascerà soltanto briciole alla Sicilia. Per non parlare poi del pericolo reale che rappresentano queste trivellazioni in una regione ad alto rischio sismico e cui il fondo marino è costellato di vulcani sottomarini. Purtroppo, dopo Fukushima, Deepwater Horizon, Chernobyl o altri, si sa fin troppo bene quanto le affermazioni di sicurezza non significano più nulla quando un granello di sabbia viene accidentalmente inceppare la macchina.

    Allora, di grazia, non lasciare la Sicilia fra le mani delle compagnie petrolifere senza scrupolo, degli avidi e dei corrotti. Reagisci mentre è ancora possibile per preservare le bellezze uniche di questa isola del Mediterraneo, il nostro patrimonio a tutti. La Sicilia ha bisogno di te. Per favore, firma la petizione e condividi l’info!

    Du côté de Scopello

    C’est bientôt Noël! Dans ma hotte pour vos petits souliers, mes meilleures adresses en Sicile : une maisonnette nichée dans le vert d’une colline qui surplombe la mer, ça vous tente? Ne cherchez plus, c’est par ici!

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    La côte vue depuis le Baglio de Scopello ©Régine Cavallaro

    A mi-chemin sur la côte entre Palerme et Trapani, Scopello est un village tel qu’on les aime: une longue plage équipée (certes plutôt fréquentée l’été), de petites criques sauvages, de très beaux édifices historiques, comme la Tonnara, une thonerie qui abritait autrefois les activités liées à la pêche au thon traditionnelle et qui a servi de décor à de nombreux films, notamment Ocean’s Twelve et Largo Winch, reconvertie aujourd’hui en maison d’hôte ou encore le Baglio Isonzo, une ferme fortifiée du XVIIe siècle dont la vaste cour accueille un incontournable café/restaurant et quelques jolies boutiques. Le tout dégageant un air de vacances irrésistible sous un soleil rayonnant.

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    Sur le chemin de la plage ©Régine Cavallaro

    Outre sa nature généreuse et son décor de rêve, Scopello offre l’avantage d’occuper une position stratégique, à proximité de plusieurs sites d’exception. Le village, en effet, se trouve à 3 kilomètres de la superbe Réserve dello Zingaro; à une douzaine de kilomètres des longues plages de sable fin de San Vito Lo Capo; ou encore des sites archéologiques de Ségeste (15 km), de Sélinonte (35 km) et de Mozia (40 km). À vous de choisir entre trek nature, journée plage ou visite culturelle. Mais vous pouvez aussi combiner les trois!

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    Le temple de Ségeste ©Régine Cavallaro

    La maison de Giusi et Cetti est située à dix minutes à peine de la plage de Scopello, à Visicari, un ancien hameau de bergers tout en pierres sèches. Cette localité, pas même un village, est adossée au Mont Sparagio qui, du haut de ses 1100 mètres, surplombe le superbe golfe de Castellamare. C’est un environnement préservé qui se déploie tout autour du hameau, alternant pâtures, forêts et arbustes d’une incroyable diversité. Les chênes verts y côtoient – entre autres – le chèvrefeuille, la salsepareille, l’aubépine, l’ajonc, le térébinthe et l’asperge sauvage, cette dernière ayant donné son nom à la montagne. Pour découvrir toutes ces merveilles, l’Association Artemisia propose des excursions (durée 4 heures environ, difficulté moyenne) sur le mont Sparagio avec un guide francophone, Giuseppe Ippolito (+39 340 338 02 45).

    La maisonnette rustique, d’une cinquantaine de mètres carrés, peut accueillir jusqu’à quatre personnes (à partir de 50 euros par nuit et par personne). Elle se compose d’un séjour avec son canapé-lit, d’une chambre en mezzanine, d’un coin cuisine, d’une salle de bain et surtout d’une petite terrasse ouverte sur le ciel et la végétation environnante. Un vrai coin de paradis pour les amoureux de la nature, du silence et des nuits étoilées. Pour réserver et voir plus de photos de la maison de Giusi et Cetti, cliquez ici.

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    Il testo in italiano

    Natale si avvicina! Nella mia gerla per voi, i migliori indirizzi in Sicilia : una casetta nascosta nel verde di una collina affacciata sul mare, che ne dite? Inutile cercare altrove, avete trovato il posto giusto!

     A metà strada sulla costa tra Palermo e Trapani, Scopello è un paese come ci piace: una lunga spiaggia attrezzata (anche se piuttosto frequentata d’estate), calette segrete, bellissimi edifici storici, come la Tonnara, dove un tempo si svolgevano le attività legate alla pesca tradizionale del tonno e che ha fatto da set a numerose pellicole, tra cui Ocean’s Twelve e Largo Winch, trasformata oggi in case vacanze, oppure il Baglio Isonzo del Seicento cui il cortile ospita un indispensabile bar/ristorante e alcuni negozi carini. Ovunque regna un’irresistibile atmosfera di vacanza  sotto un sole splendente.

    Oltre una natura rigogliosa e un paesaggio da sogno, Scopello offre il vantaggio di occupare una posizione strategica, a prossimità di alcuni siti eccezionali. Il paese, infatti, dista 3 chilometri dalla stupenda Riserva dello Zingaro; una dozzina di chilometri dalle lunghe spiaggi di sabbia bianca di San Vito Lo Capo; oppure dai siti archeologici di Segesta (15 km), Selinunte (35 km) e Mozia (40 km). A scegliere tra gita naturalistica, giornata a mare o visita culturale. Ma potete anche fare tutte e tre!

    La casa di Giusi e Cetti è situata a dieci minuti appena dalla spiaggia di Scopello, a Visicari, un antico borgo di pastori tutto di pietra a secco. Questa località, nemmeno un paese, si trova a ridosso del monte Sparagio che, con un altezza di 1100 metri, sovrasta lo splendido golfo di Castellamare. Qui l’ambiente è preservato snodandosi intorno al borgo e alternando pascoli, boschi e arbusti di una straordinaria diversità. Accanto al leccio, si scorgono – tra l’altro – il caprifoglio, lo stracciabraghe, il biancospina, la ginestra spinosa, il terebinto e l’asparagio, donde il nome della montagna. L’Associazione Artemisia propone escursioni (durata 4 ore circa, difficoltà media) sul Monte Sparagio con la guida Giuseppe Ippolito (+39 340 338 02 45).

    La casetta rustica, di una cinquantina di metri quadri, può accogliere fino a quattro persone (da 50 euro a notte e a persona). Si compone di un soggiorno con un divano-letto, una camera da letto in soppalco, un angolo cottura, un bagno e soprattutto un terrazzo aperto sul cielo e la vegetazione circostante. Un vero angolo di paradiso per gli amanti della natura, della quiete e delle notti sotto le stelle. Per prenotare e vedere più foto della casa di Giusi e Cetti, cliccare qui.

    Sur la plage de Menfi

    Depuis quelques années déjà, c’est là que viennent se réfugier les Palermitains en quête de calme et d’espace. Et ce n’est qu’un début car la cote de cette petite ville ne fait que monter!

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    Vue sur la mer garantie ! ©Régine Cavallaro

    Située sur la côte sud-ouest de la Sicile, Menfi est la nouvelle petite ville qui monte. Avec un peu moins de 15 000 habitants, c’est avant tout un centre agricole, dont la principale ressource est le vin. La moitié de son territoire est, en effet, recouverte de vignes, soit quelque 7000 hectares. Mais on y produit aussi une huile d’olive de qualité ainsi que l’artichaut épineux, un produit Sentinelle du mouvement Slow Food. Chaque année, en juin, Menfi accueille Inycon, un festival entièrement dédié à la production vitivinicole du terroir, qui se prépare à fêter en 2015 sa 20e édition, du 19 au 21 juin. Pour la petite histoire (ou plutôt la grande!), Inycon était le nom antique de la ville, siège du royaume de Cocalos, le roi mythique des Sicanes, dont on prétend qu’ils ont été les premiers habitants de l’île.

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    La Sicile, terre fertile! ©Régine Cavallaro
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    La Sicile fut aussi le théâtre du mythe de Démeter et Perséphone ©Régine Cavallaro
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    Les ruines de l’ancienne cité grecque de Sélinonte ©Régine Cavallaro
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    Le temple de Sélinonte ©Régine Cavallaro

    Menfi, c’est aussi toute une région à découvrir. Située entre deux sites archéologiques d’exception, Sélinonte à l’ouest, à une douzaine de kilomètres à peine, et Héracléa Minoa à l’est, la ville est une base idéale pour sillonner la région et partir en exploration. Elle est également à 20 kilomètres des thermes de Sciacca et 80 des temples d’Agrigente. Mais on peut tout autant choisir de profiter de son immense plage, grande ouverte sur le Canal de Sicile, face à la Tunisie. Une plage de sable fin et de dune, longue de plusieurs kilomètres, aux eaux légèrement plus fraîches que sur les côtes Tyrrhéniennes, et surtout beaucoup plus propres. Si propres que la plage de Menfi bénéficie d’une Bandiera blu, ou Pavillon bleu, sans interruption depuis 1998. L’été, naturellement, les baigneurs s’y pressent, mais jamais autant que sur les plages bondées de Palerme et ses environs.

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    La maison d’Antonina ©Régine Cavallaro

    C’est sur cette plage, à quelques mètres à peine de la rive, que trône la jolie maison d’Antonina. L’une des rares, car bâties il y a longtemps, encore autorisées sur ce bord de mer protégé. Deux chambres, un salon, une cuisine, deux salles de bain et surtout une superbe terrasse aménagée face à la mer. Le tout enveloppé d’une abondante végétation, à l’ombre des pins, des hibiscus et des bougainvilliers. Meublée avec goût et dotée de tous les conforts, y compris d’une douche extérieure pour se rincer après la plage, la maison vient tout juste d’être rénovée. Tout est soigneusement étudié pour faire d’un séjour ici un moment fantastique et privilégié.

    Antonina loue sa maison toute l’année, à la semaine ou au mois. Pour la contacter, envoyez-lui un mail ou appelez-la : +39 328 016 46 15.

    Il testo in italiano

    Da qualche anno ormai, i Palermitani alla ricerca di pace e spazio vengono rifugiarsi proprio qui. Ed è soltanto un inizio perché questa cittadina gode di una stima in crescita continua!

    Ubicata sulla costa sud-ovest della Sicilia, Menfi è la nuova piccola città di moda. Con un po’ meno di 15 000 abitanti, è innanzitutto un centro rurale, cui la principale risorsa è il vino. La metà del suo territorio è, infatti, ricoperta dalle viti, cioè 7000 ettari. Ma ci si produce anche un olio di oliva di qualità nonché il carciofo spinoso, un Presidio Slow Food. Ogni anno, a giugno, Menfi ospita Inycon, un festival interamente dedicato alla produzione vitivinicola del territorio, che, nel 2015, si prepara a festeggiare la 20e edizione, dal 19 al 21 Giugno. Storicamente parlando, Inycon era il nome antico della città, sede del regno di Kokalos, il re mitico dei Sicani, considerati i primi abitanti dell’isola.

    Menfi, e non solo! Situata tra due siti archeologici straordinari, Selinunte a ovest, a una decina di chilometri appena, e Eraclea Minoa a est, la città rappresenta una base ideale per visitare la regione. Dista di 20 chilometri dalle terme di Sciacca e 80 dai templi di Agrigento. Ma si può anche scegliere di approfittare dell’immensa spiaggia, che si affaccia sul Canale di Sicilia, di fronte alla Tunisia. Una spiaggia di sabbia e duna, lunga alcuni chilometri, le cui acque sono leggermente più fresche di quelle della costa Tirrenica, ma soprattutto molto più pulite. Così pulite che la spiaggia di Menfi può vantarsi di una Bandiera blu, dal 1998 ininterrottamente. D’estate, naturalmente, i bagnanti ci si accalcano, ma mai come sulle spiagge affollate di Palermo e dintorni.

    È su questa spiaggia, a qualche metro appena dalla riva, che troneggia la bella casa di Antonina. Una tra le rare, perché costruite molto tempo fa, ancora autorizzate su questo lungomare protetto. Due camere, un salotto, una cucina, due stanze da bagno e soprattutto una stupenda terrazza arredata di fronte al mare. Il tutto circondato da un’abbondante vegetazione, all’ombra dei pini, ibischi e buganvillee. Arredata con gusto e dotata di tutti i conforti, compresa una doccia esterna per sciacquarsi dopo la spiaggia, la casa è stata appena rinnovata. Tutto è stato accuratamente studiato per fare di una vacanza qui un momento fantastico e privilegiato.

    Antonina affitta la casa tutto l’anno, alla settimana o al mese. Per contattarla, manda una mail o chiama al +39 328 016 46 15.

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    La maison du Postino

    A Salina, dans les îles Eoliennes, c’est une vedette incontournable. Vingt ans après le tournage du film « Le Facteur », elle est devenue aussi célèbre que les acteurs qu’elle a accueillis.

    Malgré sa couleur ocre rouge si caractéristique, il est bien difficile d’apercevoir la « casa del postino » tant elle est noyée dans une végétation dense et luxuriante, où se mêlent bougainvilliers, figuiers de Barbarie, oliviers et câpriers. Pourtant, cette jolie maison rustique surplombe la baie de Pollara, un ancien cratère à demi effondré dans la mer, sur l’île de Salina. A ses pieds, les falaises et la plage. Face à elle, un ciel d’azur et une mer bleu marine. Difficile, dans ces conditions, de ne pas se laisser séduire par son charme puissant. Du reste, Massimo Troisi, protagoniste, aux côtés de Philippe Noiret, du film Le Facteur de Michael Radford (1994), aurait tout bonnement refusé de jouer dans un autre décor. C’est du moins ce que nous raconte son propriétaire, Pippo Cafarella.

    La maison du « Facteur » à Pollara @Régine Cavallaro

    Tout chanceux qu’il est de posséder une si jolie demeure, ce peintre et poète né à Salina n’en a pas moins connu des heures difficiles. Car Pippo Cafarella fait de la Résistance. Résistance face à une modernité à tous crins, mais surtout résistance face à la cupidité, la spéculation et la corruption des hommes qui voudraient transformer cet éden bucolique en un luxueux resort bétonné et ordonné. Il ne compte plus les pressions de toutes sortes et les intimidations mafieuses, mais fort des paroles d’encouragement de Massimo Troisi qui voyait en ce lieu enchanteur un temple de la poésie, Pippo Cafarella refuse de plier.

    La maison qui a servi de décor au film « Le Facteur » @Régine Cavallaro

     Certes, la maison est rustique et le confort spartiate. Mais le calme, la simplicité et la beauté règnent ici en maître. Un lieu assurément propice à la sérénité et la poésie. Certains après-midis d’été, lorsque la bâtisse sommeille dans une langueur toute méridionale, on se laisse bercer par une profonde douceur de vivre. On croirait presque entendre la voix chaude de Philippe Noiret incarnant Pablo Neruda dans le film réciter quelques vers du poète chilien en exil. Quant aux couchers de soleil, il est unanimement reconnu qu’ils sont, ici à Pollara, les plus beaux et les plus spectaculaires de toute l’île.

    La vue depuis la terrasse de la maison @Régine Cavallaro
    La baie de Pollara dans l’île de Salina @Régine Cavallaro

    Durant la belle saison, le propriétaire loue la maison aux vacanciers en quête de paix et de nature. Pour le contacter, rendez-vous sur son site : www.pippocafarella.com

    Pur voir ou revoir le film Le Facteur de Michael Radford (1994) avec Philippe Noiret et Massimo Troisi, ou lire le livre Une ardente patience de l’écrivain chilien Antonio Skarmeta dont le film a été tiré, cliquez sur les images ci-dessous :

    Il testo in italiano : 

    La Casa del Postino a Salina @Régine Cavallaro

    La Casa del Postino

    A Salina, nelle isole Eolie, è una star imprescindibile. Vent’anni dopo le riprese del film « Il Postino », essa è diventata così famosa come gli attori che ha ospitati.

    Nonostante il colore ocra rossa caratteristico, la « casa del postino » è molto difficile da intravedere, essendo essa immersa in una vegetazione fitta e lussureggiante, dove si mescolano bouganville, fichi d’India, ulivi e capperi. Eppure, questa bella casa rustica sovrasta la baia di Pollara, un antico cratere per metà sprofondato nel mare, sull’isola di Salina. Ai suoi piedi, la scogliera e la spiaggia. Di fronte, un cielo azzurro e un mare blu marino. Difficile, in queste condizioni, di non lasciarsi sedurre dal suo fascino potente. Del resto, Massimo Troisi, protagonista, accanto a Philippe Noiret, del film Il Postino di Michael Radford (1994), si sarebbe semplicemente rifiutato di recitare in un altro set. Almeno così racconta il proprietario, Pippo Cafarella.

    Ma così fortunato che sia di possedere quella bella dimora, il pittore e poeta nato a Salina ha anche conosciuto momenti cupi. Infatti, Pippo Cafarella fa Resistenza. Resiste di fronte a una modernità ad oltranza, ma sopratutto resiste di fronte alla cupidigia, la speculazione e la corruzione degli uomini che vorrebbero trasformare quell’eden bucolico in un resort di lusso cementificato e ordinato. Non conta più le pressioni di tutti i tipi e le intimidazioni mafiose, ma forte dalle parole d’incoraggiamento di Massimo Troisi che vedeva in questo posto incantevole un tempio della poesia, Pippo Cafarella non cede.

    Certamente, la casa è rustica e il comfort spartano. Ma qui regnano la calma, la semplicità e la bellezza. Un luogo perfettamente idoneo alla serenità e la poesia. Certi pomeriggi d’estate, quando la casa sonnecchia in un languore tutto meridionale, uno si lascia cullare da un profondo sentimento di dolcezza. Per un po’ si sentirebbe quasi la voce calda di Philippe Noiret nelle vesti di Pablo Neruda recitare qualche verso del poeta cileno in esilio. Quanto ai tramonti, è unanimamente ammesso che sono, qui a Pollara, i più belli e più spettacolari di tutta l’isola.

    Durante la bella stagione, il proprietario affitta la casa ai villeggianti in cerca di pace e di natura. Per contattarlo, visita il suo sito : www.pippocafarella.com

    Bienvenue à l’Atelier sul Mare

    Niché dans une baie de la côte septentrionale de la Sicile, entre Messine et Palerme, l’Atelier sul Mare n’est pas n’importe quel Art Hotel, c’est THE Art Hotel!

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    L’art hotel L’Atelier sul Mare à Castel di Tusa
    © Régine Cavallaro

    Sur l’hôtel d’art l’Atelier sul Mare, on a déjà tant et tant écrit. Moi-même j’ai publié un article sur ce site, paru dans le magazine Ulysse et sur Le Monde.fr. Devozione alla bellezza, peut-on lire en grosses lettres dès que l’on entre dans le hall de l’hôtel. La beauté, oui, on la trouve effectivement dans les 23 chambres d’art conçues chacune par un artiste contemporain différent. Mais cette étonnante, incroyable, immense créativité ne doit pas faire oublier la gentilezza. L’énorme gentillesse de toute l’équipe d’Antonio Presti, le génial maître des lieux.

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    La réception de l’Atelier sul Mare
    © Régine Cavallaro

    Car cet hôtel, unique au monde assurément, situé sur la côte entre Messine et Palerme, brille non seulement pour ses chambres d’art, son emplacement face à la mer, à quelques mètres à peine d’une belle plage de galets aux eaux turquoise. Il resplendit encore plus par son accueil chaleureux et convivial, depuis Simona et Paolo à la réception ou encore Adriana et Marco, le directeur commercial, jusqu’au serveur du bar qui se met en quatre pour vous noter sur un petit bout de papier le titre du morceau qui vous avait tant plu en sirotant, au bar, votre verre de vin blanc face à la mer. J’avais oublié à quel point on se sent comme un roi ou une reine ici. Comme un ami de la famille. Tout le personnel, attentif et prévenant, est aux petits soins et a le chic pour vous faire sentir comme chez vous.

    Depuis mon dernier passage, quatre nouvelles chambres sont venues s’ajouter à l’extraordinaire collection de cet hôtel d’art. Cette fois, j’ai choisi la Stanza dell’Opra, la chambre dessinée par Mimmo Cuticchio, le célèbre marionnettiste de l’Opera dei pupi, ce théâtre des marionnettes traditionnel de Sicile, figurant au patrimoine culturel et immatériel de l’humanité de l’Unesco depuis 2008. Dormir dans une oeuvre d’art, plongée dans l’univers doré et chamarré des marionnettes siciliennes… mes rêves n’en ont été que plus doux!

    La Stanza dell’Opra, dessinée par Mimmo Cuticchio à l’Atelier sul Mare
    © Régine Cavallaro

    D’autres belles nouveautés m’attendaient, comme le spa ouvert depuis un an dans la suite intitulée Hammam où chaque week-end on peut choisir parmi une longue liste de soins et de massages; ou encore le lounge bar et sa richissime collection de livres d’art; le restaurant d’été installé au bord de la mer; la galerie d’art au sous-sol qui accueille régulièrement des expositions; la céramiste qui modèle devant vous les oeuvres vendues dans la boutique; et toujours les visites des chambres d’art organisées tous les jours à midi, ainsi qu’un tour guidé de la Fiumara d’arte, un parc de sculptures monumentales disséminées dans les montagnes voisines des Nebrodi.

    En conclusion, quand la bellezza se marie avec la gentilezza, moi je dis oui, mille fois oui!!!!

    Museo Albergo Atelier Sul Mare
    via Cesare Battisti, 4
    98079 Castel di Tusa (ME)
    Tel : +39 0921 334 295
    info@ateliersulmare.it
    www.ateliersulmare.com

    Il testo in italiano :

    Annidato in una baia della costa settentrionale della Sicilia, tra Messina e Palermo, l’Atelier sul Mare non è un Art Hotel qualsiasi, è THE Art Hotel!

    Su l’albergo d’arte l’Atelier sul Mare, si è già scritto tanto. Io stesso ho pubblicato un articolo su questo sito, uscito sulla rivista Ulysse e su Le Monde.fr. Devozione alla bellezza, si può leggere  in grosse lettere appena si entra nella hall dell’albergo. La bellezza, si, si trova in effetti nelle 23 camere d’arte, ognuna realizzata da un artista contemporaneo diverso. Ma questa sorprendente, incredibile, immensa creatività non deve far dimenticare la gentilezza. L’enorme gentilezza di tutta l’équipe di Antonio Presti, il geniale padrone dei luoghi.

    Infatti, questo albergo, di certo unico al mondo, situato sulla costa tra Messina e Palermo, brilla non solo per le sue camere d’arte e la posizione di fronte al mare, a qualche metro appena  di una bella spiaggia di ciottoli dalle acque turchesi. Splende ancora di più per l’accoglienza calorosa e conviviale, da Simona e Paolo alla reception oppure Adriana e Marco, il direttore commerciale, fino al cameriere al bar che ti scrivi su un pezzetto di carta il titolo del brano che ti è piaciuto tanto mentre sorseggiavi un bicchiere di vino bianco di fronte al mare. Avevo dimenticato quanto ci si sente come un re o una regina qui. Come un amico di famiglia. Tutto il personale, attento e premuroso, ce la mette tutta per farti sentire come a casa tua.

    Dalla mia ultima visita, quattro nuove camere si sono aggiunte alla straordinaria collezione di questo albergo d’arte. Questa volta, ho scelto la Stanza dell’Opra, la camera concepita da Mimmo Cuticchio, il famoso marionettista dell’Opera dei pupi, quel teatro di marionette tradizionale di Sicilia, iscritto al patrimonio culturale e immateriale dell’umanità dell’Unesco dal 2008. Dormire in un’opera d’arte, immersa nell’universo colorito dei pupi siciliani… Per forza furono sogni d’oro!

    Altre belle novità mi aspettavano, come lo spa aperto da un anno nella suite chiamata Hammam dove ogni fine settimana si può scegliere tra una lunga lista di cure e massaggi; oppure il lounge bar e la sua ricchissima collezione di libri d’arte; il ristorante d’estate in riva al mare; la galleria d’arte accanto alla hall che regolarmente ospita mostre ; l’artista ceramista intenta a modellare davanti a te le opere poi vendute nella boutique; e naturalmente le visite delle camere d’arte organizzate ogni giorno alle 12, nonché un tour guidato (su richiesta) della Fiumara d’arte, il parco di sculture monumentali disseminate nelle vicine montagne dei Nebrodi.

    Allora, per concludere, quando la bellezza si sposa con la gentilezza, io dico si, mille volte si!!!!

    Une bien belle putìa

    A Lipari, la Casa Eoliana est une boutique résolument pas comme les autres. Tous les articles sont « made in Sicily », fantaisie, originalité et raffinement compris!

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    Francesca Parisi a ouvert sa boutique dans le quartier de Marina Corta à Lipari en 2011. Après vingt-deux années passées en Toscane, dans le Chianti senese, cette Sicilienne de naissance et de coeur avait envie de retrouver la mer et les couleurs chaudes de sa terre natale, le fuchsia des bougainvillées, le jaune des genêts, le bleu du ciel… Son choix s’est naturellement porté sur les îles Eoliennes, dont elle admirait tant l’architecture traditionnelle, avec ses maisons blanchies à la chaux, ses terrasses soutenues par des piliers aux formes arrondies et abritées sous un toit de cannisses. D’où le nom de sa boutique, La Casa Eoliana.

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    Dans son étonnant magasin de Lipari, splendide caverne d’Ali Baba, cette esthète dans l’âme revisite, avec style et brio, les thèmes du folklore sicilien : paniers, charrettes, pupi, ces marionnettes traditionnelles inspirées de l’épopée des paladins de France, religiosité et superstition, gastronomie… Toute la Sicile est concentrée entre les murs de sa petite boutique. C’est ainsi que vous trouverez des bijoux en forme de roue de charrettes colorées ou de cornes porte-bonheur, des boucles d’oreille avec têtes de pupi, des coppola, ces fameuses casquettes portées par les paysans déclinées aujourd’hui en imprimés modernes et chamarrés, ou encore de délicieux pesto de câpres ou des savons à base de poudre de pierre ponce, grande ressource de l’île autrefois.

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    Si vous voulez rapporter de jolis cadeaux de votre voyage en Sicile, ne cherchez plus! La Casa Eoliana est l’adresse rêvée, où vous trouverez sans aucun doute votre bonheur. Mon coup de coeur à moi est justement le « coeur éolien », un motif typique des îles jadis utilisé comme clef de voûte des fours à bois, objet à la fois propitiatoire et symbolisant la générosité des habitants.

    Le coeur éolien

    Mais que celles et ceux qui n’auraient pas la chance de se rendre à Lipari se rassurent! La Casa Eoliana dispose aussi d’une boutique en ligne.

    Francesca Parisi, la jolie fée de la Casa Eoliana

    La Casa Eoliana
    Via Garibaldi, 47
    Lipari
    +39 090 988 05 32
    www.lacasaeoliana.it
    Sa page Facebook

    Il testo in italiano:

    A Lipari, la Casa Eoliana è una boutique decisamente fuori dal comune. Tutti gli articoli sono « made in Sicily », fantasia, originalità e raffinatezza incluse!

    Francesca Parisi ha aperto il suo negozio a Marina Corta di Lipari nel 2011. Dopo ventidue anni trascorsi in Toscana, nel Chianti senese, questa Siciliana di nascita e di cuore aveva voglia di ritrovare il mare ed i colori caldi della sua terra natia, il fuscsia delle bouganville, il giallo delle ginestre, l’azzurro del cielo… Ha portato naturalmente la sua scelta sulle isole Eoliane, di cui ammirava tanto l’architettura tradizionale, con le sue case imbiancate di calce, le terrazze sostenute da pulere, colonne dalle forme arrotondate, e coperte da un tetto di canna. Da qui il nome della boutique, La Casa Eoliana.

    Nel suo sorprendente negozio di Lipari, splendida caverna di Ali Babà, questa esteta rivisita, con stile e brillantezza, i temi del folclore siciliano : panieri, carretti, pupi, quelle marionnette tradizionali ispirate all’epopea dei paladini di Francia, religiosità e superstizione, gastronomia… Tutta la Sicilia è concentrata nello spazio della piccola boutique. Ed è così che troverai gioielli a forma di ruote di carretto colorato o di corna portafortuna, orecchini con testa di pupi, coppole, quel berretto portato dai contadini, con motivi moderni e variopinti, nonché un squisito pesto di capperi o saponi a base di polvere di pomice, grande risorsa dell’isola in passato.

    Se vuoi riportare regali graziosi dal tuo viaggio in Sicilia, la Casa Eoliana è l’indirizzo giusto dove troverai indubbiamente tutto quello che cerchi. Il mio « colpo di cuore » è stato proprio il « cuore eoliano », motivo tipico delle isole utilizzato in passato come chiave di volta degli antichi forni a legna, oggetto propiziatorio che simboleggia anche la generosità degli abitanti.

    Ma quelle e quelli che non avrebbero la fortuna di andare fino a Lipari si rassicurino! La Casa Eoliana dispone anche di una boutique on ligne.

    A bord du gozzo de Giovanni

    S’il y a bien une chose à faire AB-SO-LU-MENT à Lipari, c’est embarquer sur le gozzo Christian et découvrir les îles en compagnie de Giovanni.

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    Le restaurant de Serafino sur la spiaggia dell’Asino à Vulcano

    Giovanni est né à Lipari et connaît les îles Eoliennes comme sa poche. Il n’a donc pas son pareil pour dénicher la petite crique superbe et déserte où plonger dans des eaux limpides ou pour piloter son bateau dans des grottes naturelles et vous faire découvrir les beautés insoupçonnées de l’archipel.

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    Pietra Lunga, l’un des « faraglioni » de Lipari

    La grotte des amoureux, la grotte des anges ou la grotte du cheval, la plage de l’âne, les faraglioni », ces géants de pierre posés sur la mer, les carrières de pierre ponce qui rendent l’eau turquoise à Lipari, les bains de boue soufrée ou la piscine naturelle de Vulcano… toutes ces merveilles sont à portée de maillot de bain grâce au gozzo Christian, une barque à moteur traditionnelle de la Méditerranée que Giovanni a entièrement réaménagée pour accueillir les touristes en goguette (neuf au maximum, mais on peut aussi l’avoir rien que pour soi).

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    Le gozzo Christian

    C’est en longent les côtes de Vulcano à bord de l’embarcation que l’on saisit toute la puissance volcanique de l’île, la musique des pierres et leur beauté sauvage. Ici commence le royaume des goélands, des méduses et des chèvres perchées sur d’improbables rochers. Quelques encablures plus loin, on jette l’ancre près d’une plage de sable noir, où le canot pneumatique du restaurant installé sur la rive vient chercher les convives. On y déguste une délicieuse schiacciata préparée Domenico, dit Bombò, et on se laisse bercer par la douceur de vivre dans ce lieu purement magique.

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    Lipari, Salina ou Vulcano… trois îles au charme irrésistible que Giovanni en fin connaisseur vous fait découvrir le temps d’une journée (ou même d’une soirée) à bord de son bateau. Une escapade éolienne dont on revient forcément ébloui et béat.

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    Giovanni aux commandes du gozzo Christian

     Giovanni : +39 338 610 57 34

    Parole d’onore, théâtre-documentaire

    Je m’étais promis de ne parler sur ce blog que de choses bellissime et de laisser de côté les sujets qui fâchent et les fléaux qui accablent la Sicile, à commencer par la mafia. La criminalité organisée est une réalité bien trop complexe et trop barbare pour être abordée à la légère. Par sa violence, sa cruauté et sa bêtise crasse, elle surpasse de loin les turpitudes et les crimes  hollywoodiens de la trilogie du Parrain. Totò Riina n’a rien d’un Marlon Brando et Bernardo Provenzano est tout sauf Robert de Niro.

    Mais Parole d’onore est un spectacle d’une si grande qualité et d’une intelligence si fine, servi par un acteur, Marco Gambino, au jeu si subtil et si convaincant, que je ne peux m’empêcher de faire ici une exception.

    Marco Gambino dans Parole d’Onore ©ifou / le p™ole media

    Cette pièce, qui se joue au théâtre les déchargeurs à Paris du 11 février au 1er mars 2014, donne au public français l’occasion de voir la mafia de l’intérieur, c’est-à-dire entendre les paroles prononcées par les chefs mafieux eux-mêmes lors de leurs procès et recueillies par le journaliste d’investigation Attilio Bolzoni tout au long de sa carrière. La mise en scène, sobre et digne, de Manuela Ruggiero permet de mettre en lumière la logique implacable de ces hommes qui n’ont « d’honneur » que le nom.

    Créé il y a quatre ans pour le Fringe Festival d’Edimbourg, le spectacle tiré du livre enquête éponyme écrit par le journaliste de Repubblica connaît un franc succès international. Avant de débarquer une nouvelle fois à Paris, il a été joué à guichet fermé au Teatro Biondo de Palerme au mois de janvier. Cerise sur le gâteau, les italianophones de Paris peuvent assister au spectacle en version originale, puisqu’il est joué en alternance en italien (les jeudis), en français (les mardis et mercredis) et en anglais (les vendredis et samedis).

    Marco Gambino dans Parole d'Onore ©ifou / le p™ole media

    Parole d’onore, d’Attilio Bolzoni, avec Marco Gambino

    du 11 février au 1er mars 2014
    à 19h30 du mardi au samedi

    production les déchargeurs/le pôle diffusion
    mise en scène: Manuela Ruggiero
    scénographie: Daria Battilana
    lumières: Giorgio Palmera
    vidéo: Gabriel Zagni

    Théâtre les Déchargeurs
    3, rue des Déchargeurs
    75001 Paris
    Métro : Châtelet
    Réservation : 01 42 36 00 50

    Enfin, signalons, pour ceux qui souhaitent aller plus loin, la récente publication de Parole d’onore – Teatro, l’adaptation théâtrale du texte (en italien) d’Attilio Bolzoni, réalisée par l’auteur, Marco Gambino et Manuela Ruggiero chez Glifo Edizioni. Pour plus d’infos, cliquez sur la photo ci-dessous :

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    La compagnie Cantuscanti présente….

    Créée en 2011, cette jeune compagnie d’arts de la scène (théâtre, lectures de poésie & contes) a aussi donné naissance à une formation musicale, Amunì. Retenez bien ce nom car il devrait rapidement conquérir les coeurs et les oreilles du public parisien, et pas seulement…

    cantuscanti

    Amunì (qui, en dialecte, veut dire « on y va! ») dépoussière le répertoire traditionnel du chant sicilien pour en faire une version ethno-jazzy originale, à la fois moderne et ancestrale.

    Amuni

    Dès les premières notes, on tombe sous le charme de ce quartet prometteur qui a su créer une harmonie inédite entre la voix de Liliana Di Calogero, une voix chaude et puissante qui semble tout droit venir des profondeurs de la terre sicilienne, la guimbarde et les percussions sur cadre de Mathias Esnault, la contrebasse de Giovanni Licata et l’oud de Qaïs Saadi. Sur scène, entre mélodie et instruments, la magie opère et le voyage commence…

    Actuellement, le groupe est en studio pour enregistrer une maquette et se produit occasionnellement dans de petites salles parisiennes. Pour suivre son actualité, rendez-vous sur la page Facebook de Cantuscanti. Vous y trouverez quelques vidéos de leurs spectacles.
    Vous pouvez aussi écouter leur playlist sur SoundCloud.
    Les mordus de guimbarde, eux, iront sur le Soundcloud de Mathias: Scacciapensieri.

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    Dans les petits papiers d’Annamaria Tosini

    Jusqu’au 6 janvier 2014, au Jardin Botanique de Palerme, une exposition rend hommage pour la première fois à l’exubérante créativité d’Annamaria Tosini.

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    Décidément, la Sicile est une muse qui inspire bien des artistes, qu’ils appartiennent aux courants mainstream de l’art officiel ou à celui plus intimiste de l’art brut. Après Filippo Bentivegna et ses milliers de têtes sculptées à Sciacca ou celui qui se fait appeler Israele et a recouvert d’étonnantes mosaïques le Sémaphore de Capo Gallo, voilà Annamaria Tosini à qui l’Osservatorio Outsider Art consacre un très belle exposition au Jardin Botanique de Palerme du 26.10.2013 au 06.01.2014.

    Etonnant personnage que cette femme à la créativité débordante. Tous ceux qui l’ont connue s’accordent à dire que cette Palermitaine mondaine, passionnée de musique classique et parlant couramment le français, avait le don d’organiser des fêtes somptueuses, animées de chorégraphies de toute beauté. Mais c’était surtout son splendide jardin, un jardin extraordinaire digne de Charles Trenet, une oeuvre d’art à part entière, à Casteldaccia dans les environs de Palerme, qui lui valait l’admiration de tous, à commencer par l’écrivain Jorge Luis Borges qui lui rendit visite en 1984 ou encore le magazine Marie Claire qui lui consacra un article en avril de la même année.

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    Puis, le coup du sort. Son époux fait faillite et meurt quelques années plus tard. La sensibilité démesurée d’Annamaria n’y résiste pas et sa raison vacille. Elle sera internée dans une maison de repos jusqu’à sa mort, survenue récemment, en mai dernier.

    Pour échapper à sa prison, qu’elle baptise « l’île des morts » en référence au tableau d’Arnold Böcklin, Annamaria recueille toutes sortes de papier (emballages, serviettes, mouchoirs, rubans, cartons, plumes et même peaux d’orange séchées) pour en faire d’incroyables sculptures, qu’elle réalise tout en écoutant Rachmaninov, Debussy, Schumann, Mahler, Mozart ou Bach. Très vite, sa chambre se peuple de chapeaux, de statuettes, de bouquets, de jardins multicolores, dans lesquels elle ne manque jamais de dissimuler un message, une phrase, une pensée, une maxime.

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    Des oeuvres jugées trop envahissantes par la direction de l’établissement qui les jette prosaïquement et régulièrement à la poubelle. Celles que l’on peut admirer grâce à cette exposition ont été sauvées au cours des derniers mois par l’Osservatorio Outsider Art. Des oeuvres empreintes d’une profonde poésie créées par une artiste âgée de 83 ans, à la personnalité hors-norme.

    Enfin, je ne résiste pas à l’envie de reproduire ci-dessous un extrait du texte de Glifo Edizioni. Fondée à l’occasion de l’exposition, cette maison d’édition audacieuse a entrepris de rendre hommage aux artistes de l’art brut ou d’outsider art. Siciliabellissima.com ne peut que lui souhaiter une bellissima réussite!

    « Glifo Edizioni ne se décourage pas face au trend négatif de l’économie éditoriale actuelle et consacre sa première collection aux créateurs margivaganti [néologisme désignant des créateurs, souvent autodidactes, proches de l’art brut]. Leurs oeuvres expriment la pure beauté du geste artistique libre, affranchi des chaînes de l’ambition et non retenu par la soif d’atteindre les sommets  inaccessibles du système de l’art officiel ».

    Pour acheter le livre de l’exposition, cliquez sur l’image ci-dessous :

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    Fino al 6 Gennaio 2014, all’Orto Botanico di Palermo, una mostra rende omaggio per la prima volta all’esuberante creatività di Annamaria Tosini. 

    Non c’è dubbio, la Sicilia è una musa che ispira tanti artisti, sia quelli che appartengono alle correnti mainstream dell’arte ufficiale sia quelli più intimisti dell’art brut.  Dopo Filippo Bentivegna e le sue teste scolpite o quello che si fa chiamare Israele e ha ricoperto di sorprendenti mosaici il Semaforo di Capo Gallo, ecco Annamaria Tosini, a chi l’Osservatorio Outsider Art dedica une bellissima mostra all’Orto Botanico di Palermo dal 26.10.2013 al 06.01.2014.

    Un personaggio davvero straordinario, questa donna alla straripante creatività. Tutti quelli che l’hanno conosciuta concedono che questa Palermitana mondana, appassionata di musica classica che parlava correntemente il francese, aveva il dono di organizzare sontuose feste, animate da coreografie magiche. Ma era sopratutto lo splendido giardino di Casteldaccia, vicino a Palermo, un « jardin extraordinaire » come nella canzone di Charles Trenet, una vera e propria opera d’arte, che desteva l’ammirazione di tutti, a cominciare dallo scrittore Jorge Luis Borges che lo visitò nel 1984 oppure la rivista Marie Claire che le dedicò un reportage lo stesso anno.

    Poi, il colpo della sorte. La ditta del marito fallisce e lui muore qualche anno dopo. La sensibilità smisurata di Annamaria non ce la fa e la sua mente vacilla. Sarà internata in una casa di riposo fine alla sua morte, avvenuta di recente, lo scorso maggio.

    Per sfuggire dalla sua prigione, che lei battezza « l’isola dei morti » in riferimento al dipinto di Arnold Böcklin, Annamaria raccoglie carta di ogni genere (da pane e da pacchi, tovaglioli, fazzoletti, nastri, cartoni, piume e anche bucce d’arancia essiccate) per realizzare incredibili sculture mentre ascolta Rachmaninov, Debussy, Schumann, Mahler, Mozart o Bach. Presto, la stanza si popola di cappelli, di statuine, di mazzi di fiori, di giardini multicolori, nei quali non manca mai di nascondere un messaggio, una frase, un pensiero, una sentenza.

    Opere giudicate troppo invadenti dalla direzione dell’istituto che, prosaicamente e regolarmente, butta via tutto. Quelle che si possono ammirare grazie a questa mostra sono state salvate durante questi ultimi mesi dall’Osservatorio Outsider Art. Opere di una profonda poesia, create da un’artista di 83 anni, alla personalità fuori norma.

    Infine, non resisto a riprodurre qui sotto un brano del testo di Glifo Edizioni. Fondata all’occasione della mostra, questa audace casa editrice ha deciso di rendere omaggio agli artisti dell’art brut o outsider art. Siciliabellissima.com non può che augurarle un bellissimo successo!

    « Glifo Edizioni non si scoraggia di fronte ai trend negativi dell’economia editoriale attuale e dedica la prima collana proprio ai creatori margivaganti [neologismo che designa creatori, spesso autodidatti, vicini all’art brut]. Nelle loro opere si rivela la pura bellezza del gesto artistico libero, svincolato dalle catene dell’ambizione e non trattenuto dall’ansia di scalare le inaccessibili vette del sistema dell’arte ufficiale. »

    Per comprare il libro della mostra, cliccare sulla copertina

    Dictionnaire insolite de la Sicile

    Mon livre dédié à ma chère Sicile a été publié initialement il y a une dizaine d’années. Ces jours-ci, paraît la troisième édition, revue et augmentée. Je ne vous cache pas que je suis plutôt fière de son succès!

    En Sicile, on n’est jamais au bout de ses surprises! L’île possède un patrimoine historique, artistique, culturel et gastronomique si riche, sans même parler de ses trésors naturels, qu’on n’a jamais vraiment fini de s’extasier devant ses merveilles et ses curiosités. Moi-même, après bientôt 50 ans de fréquentation assidue, de vacances et de séjours prolongés, je découvre encore certaines de ses richesses insoupçonnées.

    C’est ce que j’ai voulu transmettre dans ce Dictionnaire insolite de la Sicile. Partager mes découvertes et aussi tordre le cou, une bonne fois pour toutes, aux clichés tenaces et forcément réducteurs. Comme je le rappelle dans l’introduction, « la Sicile ne se résume pas à la trilogie du Parrain, ni aux images de crimes sanglants, d’explosion de voitures piégées ou aux assassinats des juges Falcone et Borsellino. Bien avant l’apparition de la mafia, l’île comptait déjà près de trois millénaires de civilisation ».

    C’est cette autre Sicile que j’ai souhaité montrer, cette « demeure des dieux et du diable », comme la qualifiait Guy de Maupassant, cette terre de rois et de héros, où Ulysse vécut pas moins de cinq étapes de son Odyssée, cette nature généreuse au sol fertile et à l’eau abondante qui donne à cette « perle de la Méditerranée » des allures de paradis terrestre.

    Sans vouloir dévoiler toutes les pépites du livre, savez-vous, par exemple, que l’on peut skier sur les pentes de l’Etna tout en apercevant la mer? Que la légende du cyclope tire son origine du crâne de l’éléphant nain de Sicile? Que les soeurs Brontë doivent leur nom à un village sicilien célèbre pour sa production de pistaches? Ou encore que l’amant de Lady Chatterley n’avait rien d’un garde-chasse anglais mais était plutôt un jeune muletier des environs de Taormine? Ou enfin que le dernier roi des Français a vécu en exil au Palais d’Orléans, aujourd’hui siège du gouvernement sicilien?

    Gageons que, tout comme moi, vous risquez d’être surpris par la profusion d’anecdotes et d’infos tout aussi inattendues les unes que les autres!

    Pour acheter le livre, rendez-vous sur le site de l’éditeur ou bien cliquez sur l’image ci-dessous :

    Pour ceux et celles qui lisent l’italien, l’édition palermitaine du journal la Repubblica a publié un très bel article sur mon livre, y consacrant une pleine page! Pour le lire, cliquez sur l’image ci-dessous :

    Repubblica Palermo

    Air France Magazine, pour compléter l’un de ses reportages sur Syracuse, a également – et joliment! – cité mon Dictionnaire : AFMAG n°261 – janvier 2019

     

    Les Trésors de Palerme

    Pour un euro, la Palerme insolite et secrète vous ouvre ses portes!

    Je vous en avais déjà parlé dans ce blog (voir billet Embarquement immédiat pour Palerme), mais impossible de ne pas vous présenter aujourd’hui la VIIe édition de cette superbe manifestation qui, cette année, prend des allures de festival. A ne surtout pas manquer, donc!

    Le Vie dei Tesori, littéralement les voies des trésors, est une initiative organisée par l’Université de Palerme, créée il y a sept ans à l’occasion de la célébration de son bicentenaire. Une fois par an, les édifices historiques, artistiques, culturels et religieux qui constituent le patrimoine immobilier de l’Université ouvrent exceptionnellement leurs portes au public tous les week-ends du mois d’octobre et, cette année, le premier week-end de novembre.

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    Squelette de l’éléphant nain de Sicile au Musée Gemmellaro

    Un patrimoine d’une richesse inouïe qui se décline sur pas moins de cinquante sites, comme les prisons de l’Inquisition dont les murs des cellules sont recouverts de dessins, de prières et graffitis laissés par les victimes du Saint-Office, un témoignage poignant et sans doute unique au monde; l’étonnante collection du Musée géologique Gemmellaro, avec ses rares spécimens d’éléphants nains de Sicile; ou encore la cité souterraine, avec ses cryptes, ses catacombes et ses qanâts, ce réseau hydraulique hérité de la domination arabe de l’île.

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    Cette année, de nombreuses institutions se sont associées à l’événement, de la Municipalité au Diocèse, en passant par le Conservatoire de musique Vincenzo Bellini et l’Académie des Beaux-Arts ou encore des associations de sauvegarde du patrimoine ou des associations de quartier. Résultat, ce sont quelque 80 expositions, rencontres, conférences, spectacles qui sont proposés gratuitement au public.

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    Le salon bleu du Palazzo Conte Federico, situé via dei Biscottari

    Il faut dire que Palerme ayant déposé sa candidature pour devenir capitale européenne de  la culture en 2019, tout le monde a retroussé ses manches pour faire de cette manifestation un véritable « festival artistique, culturel et monumental » comme l’a qualifié l’adjoint au maire à la culture, Francesco Giambrone.

    Et le succès est au rendez-vous, puisque les organisateurs ont dénombré 40 000 visiteurs lors des trois premiers week-ends. Vite! il est encore temps de vous envoler pour Palerme et assister aux festivités du dernier week-end, du vendredi 1er au dimanche 3 novembre inclus.

    Retrouvez le programme et toutes les infos sur le site Le Vie dei Tesori ou regardez la vidéo:

    Portes de Sicile

    Comme le dit le sociologue italien Augusto Debernardi, « la porte est le symbole de l’ouverture qui accueille, qui inclut. La porte, ou le féminin, le flux, l’âme même. La porte permet l’accès, la révélation. Elle est à la fois celle qui délimite et celle qui conjugue. A l’infini. Elle est également choix. »
    Elle est aussi, bien sûr, une invitation au voyage…

    Come dice il sociologo Augusto Debernardi, « la porta è il segno di apertura che accoglie, che include. La porta, o il femminile, il flusso, l’anima stessa. La porta permette di accedere, anche alla rivelazione. Delimita e congiunge, anche all’infinito ed è scelta. »
    E’ anche, naturalmente, un invito al viaggio…

    Il était une fois un cabaret à Palerme

    Le Mirage est un cabaret mythique de Palerme qui a animé les nuits de la ville pendant plus de vingt ans, durant les années soixante et soixante-dix. Situé au n° 148 de la via Emerico Amari, juste à côte du Teatro Politeama, le night-club fut longtemps le seul et unique rendez-vous chic de la ville pour les noctambules, les dandys et la fine fleur de la société palermitaine en quête de divertissement. Son livre d’or compte notamment les signatures de l’équipe de tournage du Guépard, du sénateur Robert Kennedy ou encore de Domenico Modugno, l’inoubliable auteur-interprète de Volare.

    Pierrette & Lino Cavallaro, les mythiques propriétaires du Mirage… et mes grands-parents!

    Il faut dire que les propriétaires – qui ne sont autre que mes chers grands-parents! – avaient dirigé plusieurs cabarets à Paris. Ils ont été les premiers – et sans doute les seuls de toute la Sicile – à introduire des numéros de strip-tease dans leurs spectacles. Les artistes se nommaient Lulù du Chili, Lady Elektra, Black Pearl ou Lady Winchester. Mais il y eut aussi le comique Mac Roney, le magicien Goldin ou l’humoriste et poète Renzino Barbera et son truculent personnage de « Don Totò ». Un orchestre jouait en live les standards du jazz ou de la variété du moment.

    Dans les années soixante-dix, mes grands-parents vendirent le night (comme on l’appelait là-bas) à Sergio Caminita, le musicien qui dirigeait l’orchestre depuis toujours. Mais la formule du cabaret passant peu à peu de mode, le Mirage dut fermer définitivement ses portes en 1983. L’ami Caminita a raconté cette belle aventure dans un livre :

    La couverture du livre de Sergio Caminita, Un Night Club a Palermo, Gaefra editore.

    Aujourd’hui, le local est devenu une extension de la Galerie Sarno, une maison de ventes aux enchères d’antiquités et d’objets d’art. Ce que l’on sait moins, c’est que l’immense fresque qui servait de décor à la scène du cabaret, aujourd’hui dissimulée sous une épaisse tenture de velours rouge et représentant un funambule et un équilibriste sur un vélocipède se détachant sur une ville polychrome, a été commandée par les propriétaires du Mirage à l’un des grands maîtres de la peinture italienne du xxe siècle, l’artiste Gianbecchina, de son vrai nom Giovanni Becchina.

    La fresque de l’artiste Gianbecchina au Mirage

    Dans un passionnant documentaire intitulé Dreaming Palermo, Mario Bellone retrace toute la scène musicale du chef-lieu sicilien, depuis la fin de Seconde Guerre mondiale à Pop 70, le Woodstock italien qui eut lieu précisément à Palerme. Regardez la vidéo sur son site, vous ne serez pas déçus! Vous y découvrirez, of course, le mythique Mirage de Monsieur Cavallarò, mais aussi un jeune et fringant Johnny Hallyday. Vintage, assurément!

    Le goût de la Sicile

    Vous connaissez sans doute la collection « Le goût de… » publiée aux éditions Mercure de France, qui rassemble des textes d’auteurs sur un sujet précis: principalement des villes et des pays, mais aussi à des thématiques comme le cinéma, le jazz, le chocolat ou la rose…

    Deux titres sont consacrés à l’île, l’un à la Sicile, l’autre à Palerme. Tous les grands voyageurs qui ont visité la région y sont présents : Alexandre Dumas, Guy de Maupassant, Goethe, Virgile, Cicéron, Marguerite Yourcenar, Ernest Renan, Alexis de Tocqueville, Elisée Reclus ou encore Edmonde Charles-Roux et Dominique Fernandez; mais aussi de grands auteurs siciliens comme Giovanni Verga, Luigi Pirandello, Leonardo Sciascia, Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Vincenzo Consolo, Andrea Camilleri ou même le juge Giovanni Falcone.

    Qu’ils nous viennent de l’Antiquité, du siècle des Lumières, du XIXe ou qu’ils soient écrits par nos contemporains, tous ces témoignages, ces émerveillements ou ces stupeurs ont su saisir, à leur manière, les mille et une facettes de l’île. Traversant les âges, ces morceaux choisis permettent aux lecteurs de mieux comprendre la réalité d’une Sicile qui apparaît plus que jamais éternelle et universelle.

    Chaque texte est précédé d’une brève présentation de l’écrivain voyageur et du contexte dans lequel il l’a écrit. Dans Le goût de Palerme, ces bonnes pages sont même enrichies de commentaires, particulièrement perspicaces, de Jean-Noël Mouret, auteur du recueil.

    En somme, deux petites anthologies littéraires qui sont aussi des guides d’un nouveau genre, de qualité et à petit prix, à lire avant, pendant ou après son séjour en Sicile.

    Pour acheter les livres, cliquez sur le lien correspondant :

    Vols (pas) chers

    Les compagnies aériennes qui proposent des vols directs entre la France et la Sicile ne sont pas légion. Bref tour d’horizon…

    Je viens de me faire plumer par la soi-disante low-cost Transavia et je ne m’en remets pas! Excédée, et surtout ruinée, j’ai décidé de me pencher, une bonne fois pour toutes, sur la question des liaisons aériennes directes entre la France et la Sicile.

    Après moult recherches sur le web, il existe apparemment cinq compagnies aériennes proposant des vols low-cost :

    Easyjet (Paris Orly/Palerme; Lyon/Palerme; Paris CDG/Catane)
    Ryanair (Beauvais/Trapani; Marseille/Palerme)
    Transavia (Paris Orly/Palerme; Paris Orly/Catane)
    Volotea (Bordeaux/Palerme; Nantes/Palerme)
    XL Airways (Paris CDG/Palerme; Paris CDG/Catane)

    Jusqu’à présent, j’avais une nette préférence pour Transavia (prix décents, ponctualité, sécurité et quelques projets éthiques). Mais depuis le départ de son ancien PDG que j’avais interviewé pour le magazine Ulysse, un type épatant à qui la low-cost d’Air France-KLM doit toute sa réussite, le vent a tourné et les choses ont manifestement bien changé. Hier donc, j’ai dû payer un excédent bagage qui a coûté plus cher que le prix du billet!!! J’avais pourtant déboursé 20 euros pour voyager avec un bagage en soute. Mais non, pour avoir dépassé les 15 kg autorisés, Transavia m’a détroussée de la jolie somme de 70 euros! Soit 10 euros le kg! Et en plus, les deux employés à qui j’ai eu affaire (l’un pour me présenter la note, l’autre pour encaisser) ont eu le toupet d’en rajouter : si j’avais modifié ma réservation sur Internet, cela ne m’aurait pas coûté autant. J’ose espérer que cette précision était motivée par une mauvaise conscience de la part d’individus qui savent pertinemment que c’est là une pratique honteuse, pour ne pas dire une belle escroquerie!

    Rappelons que si voyager avec un bagage en soute semble devenu un luxe aujourd’hui, c’était, il y a encore quelques années, une pratique tout ce qu’il y a de plus normale, une évidence même! J’ai bien l’impression qu’on voudrait nous faire croire que voyager avec une valise est un truc de dingue, un service royal que la compagnie nous rend et, donc, nous facture, alors que j’aimerais bien savoir qui part en vacances, ou autre, sans avoir besoin d’un minimum de rechange. Sans même parler d’une trousse de toilette digne de ce nom, et non pas composée de mini flacons ne dépassant pas les 100ml!!! Bref, on ne m’y reprendra plus. Adieu Transavia! Et bonjour XL Airways qui, elle, ne pratique pas cette politique de surtaxe de bagage en soute.

    Dans le chapitre « petite arnaque déguisée » de la part des low-cost, il ne faut pas oublier les vols à des horaires impossibles. Mon vol (chez Transavia donc) étant à 6h30, s’il n’y avait pas eu mon gentil papa pour m’accompagner à l’aéroport, j’aurais dû dépenser une quarantaine d’euros en taxi, car à cette heure-là, point de RER ou de navettes. Même chose pour Ryanair avec son vol retour à 6h35 depuis Trapani. Cela signifie qu’il faut prendre la navette au départ de Palerme à…3h30 du mat’!  Au final, en rajoutant le prix des billets des navettes (rappelons que Beauvais n’est pas Paris, tout comme Trapani n’est pas Palerme), le vol n’est plus si low-cost que ça. Quand les compagnies aériennes cesseront-elles de prendre les voyageurs pour des ignares qui ne savent pas compter?!


    Pour en savoir plus

    Le site de l’aéroport de Palerme

    Le mystère Capo Gallo

    C’est, à mon avis, la plus belle réserve naturelle de tous les environs de Palerme. Un petit coin de paradis, à demi sauvage, suspendu entre ciel et mer, à une dizaine de kilomètres seulement de la capitale sicilienne. Mais….

    Le phare de la réserve naturelle de Capo Gallo, près de Palerme
    Le phare de la réserve naturelle de Capo Gallo, près de Palerme

    La réserve de Capo Gallo est située à la pointe occidentale de l’île, l’un des trois caps qui lui donnent sa forme triangulaire si caractéristique, cette fameuse Trinacrie, ou tête de méduse entourée de trois jambes symbolisant la Sicile. Elle a été instituée officiellement en réserve naturelle en 2001 et ouverte au public en 2003. Cet éden de roche et de soleil s’étend sur près de 600 hectares, entre les localités de Mondello et Sferracavallo, tandis que le bras de mer qui s’étire jusqu’à Isola delle Femmine est également protégé par son statut de réserve marine naturelle.

    On y accède par trois entrées. L’une se trouve à Sferracavallo, les deux autres à Mondello, par une petite route longeant la mer et un sentier grimpant au sommet du Monte Gallo (527 mètres), qui a donné son nom à la réserve. Comme il faut marcher un peu/beaucoup pour parvenir aux endroits les plus jolis, que les rochers ne sont pas toujours très confortables (on peut difficilement y allonger sa serviette de bain, par exemple), que la mer est parfois plus agitée qu’à la plage de Mondello, abritée dans son golfe et que, ô horreur et damnation, le telefonino ne passe pas (pas de réseau), on comprend pourquoi Capo Gallo est rarement bondé. Ici, on est loin des foules et du joyeux tintamarre de la plage, des pleurs de bébés hurleurs et des ballons pleins d’eau et de sable qui vous arrivent en pleine tête alors que vous êtes gentiment en train de faire la sieste. Non, ici, on est tellement tranquille qu’on peut même se permettre de bronzer topless sans attirer les regards louchants de quelque mâle concupiscent.

    La réserve de Capo Gallo, côté Mondello
    La réserve de Capo Gallo, côté Mondello

    Bref, un vrai paradis, une oasis de charme et de tranquillité, un paysage de rêve, un ciel d’azur… Seulement, il y a un hic! Un mystère que je n’ai jamais réussi à percer, malgré tous mes efforts et mes questions posées aux amis qui habitent le coin depuis toujours, aux collègues journalistes et même à quelques officiels au cours d’interviews. Rien à faire! Partout ce n’est que haussements d’épaules, moues dubitatives ou gestes énigmatiques…

    Comment expliquer, en effet, qu’une famille prétend être propriétaire de la route, ou du moins d’un bout de terrain permettant d’accéder à la réserve, et qui, du coup, fait payer un droit d’entrée de façon totalement arbitraire et abusive ? Comment expliquer que les autorités n’ont pas réussi à exproprier lesdits propriétaires quand elles ont institué la réserve?  Comment même envisager l’idée de créer une réserve si  l’on ne peut pas assurer l’accès au public? Certains de mes amis me disent que la famille en question a de puissants soutiens (vous voyez ce que je veux dire…). D’autres me répondent que la justice a donné raison aux propriétaires, en défendant leurs droits. Toujours est-il que vous devez payer à un privé un droit d’entrée pour accéder à un domaine public!!! Si vous êtes à pied, il vous en coûtera 50 centimes d’euros, 1 euro si vous êtes à vélo, 5 en voiture et jusqu’à 15 euros si vous avez une caravane (voir photo).

    Comprenez-moi, ce n’est pas que je sois pingre! Je m’acquitterais volontiers d’un quelconque droit d’entrée si celui-ci allait dans les caisses de l’organisme chargé de gérer et d’entretenir la réserve. Mais à un simple quidam, à la mine patibulaire mais presque, qui se pose en cerbère devant l’entrée et qui vous en interdit le passage si vous ne lui donnez pas ce qu’il réclame, ce n’est ni plus ni moins que du racket! Un abus de pouvoir et un manque total de scrupule de la part desdits propriétaires. Opposés à la lâcheté et l’incurie des autorités. Bbrrr! Vous l’aurez compris, ça m’énerve!

    Pour en savoir
    Site de la Réserve sur le portail Parks.it (en italien et en anglais)
    Site de la Réserve marine sur le portail Parks.it
    Capo Gallo sur Wikipedia (en français)

    La Sicile en boîte, en pot, en bouteille et en bocal

    Natura in Tasca : retenez bien ce nom! Les gourmets et les gourmands devraient adorer cette nouvelle ligne de produits gastronomiques 100% naturels et 100% siciliens.

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    La famille Tasca d’Almerita cultive la vigne depuis près de deux cents ans. Forte de sa passion pour le vin qu’elle produit sur ses cinq domaines disséminés dans toute l’île, elle a récemment décidé de fédérer un certain nombre de petits producteurs locaux, tout aussi passionnés par la culture de leurs terres, en commercialisant leurs produits. Mais attention, pas n’importe quel produit! Des produits de niche et de terroir ultralocalisé. Jugez plutôt : les pistaches de Bronte (dont la réputation n’est plus à faire), les lentilles d’Ustica, les câpres de Salina, les pêches blanches de Leonforte, le busiate (type de pâtes) de Trapani ou encore la fleur de sel de la petite île de Mozia…

    Des produits cultivés dans le respect de la terre et des saisons; un savoir-faire traditionnel revalorisé; la redécouverte de saveurs anciennes menacées de disparition, comme les lentilles d’Ustica qui bénéficient d’une appellation « sentinelle » du mouvement Slow Food; sans oublier le faible impact sur l’environnement grâce à une production ultra locale qui permet de réduire le recours aux transports et donc l’émission de gaz à effet de serre (la fameuse production « à kilomètre zéro » comme on l’appelle en Italie); et, bien sûr, un goût préservé et incomparable… ce sont là les principaux ingrédients de Natura in Tasca. Un concept dans l’air du temps si vertueux qu’il a été cité en exemple lors de la dernière édition de Taste, un salon dédié à la haute gastronomie qui se tient chaque année à Florence.

    Enfin, mention spéciale pour les produits Anna Tasca Lanza, préparés à Case Vecchie, un corps de ferme du XIXe siècle sur le domaine viticole de Regaleali. Fabrizia a hérité de la passion de sa mère pour la cuisine sicilienne. Non seulement elle surveille étroitement la confection des confitures, des sauces tomates et autres bocaux d’herbes et de légumes sous huile; mais elle donne également des cours de cuisine et organise des séjours gastronomiques. Elle a aussi écrit un superbe livre sur la gastronomie sicilienne, mais ça, je vous en reparlerai bientôt…

    crédit photos: Massimo Lo Verde

    Pour en savoir plus
    Le site de Natura in Tasca
    La page facebook de Natura in Tasca
    Le site de Fabrizia

    Il Glicine Sul Golfo, mon adresse préférée à Palerme

    Le printemps est là… ou presque. Il est temps de songer sérieusement aux prochaines vacances. Une escapade à Palerme vous tente? J’ai l’adresse – IDEALE – qu’il vous faut!

    « Eh toi qui es de là-bas, t’aurais pas une adresse sympa où loger à Palerme? ». C’est certainement la question que me posent le plus souvent mes amis à l’heure de préparer leurs vacances. Naturellement, j’en connais un certain nombre, entre hôtels et chambres d’hôtes, mais la meilleure d’entre toutes, ma préférée dans l’absolu, ma valeur sûre, la crème de la crème, le nec plus ultra, la cerise sur le gâteau… bref mon adresse « number one », la voici : Il Glicine sul Golfo.

    Petite précision qui fait toute la différence, la chambre d’hôtes (ou bed & breakfast comme on les appelle en Sicile) Il Glicine sul Golfo n’est pas située dans le centre, souvent chaotique, de la la ville, mais à la plage de Mondello, à une dizaine de kilomètres du coeur historique de Palerme.

    Il y a bien longtemps, Mondello était un village de pêcheurs, même si on en rencontre encore un certain nombre sur la place du paese. Au début du XXe, le site a été transformé en station balnéaire chic et élégante, ornée de superbes villas de style Liberty. Aujourd’hui, c’est LA plage de Palerme. Et même si elle est prise d’assaut l’été, elle n’en reste pas moins l’une des plus belles et des plus agréables de tous les environs.

    Il Glicine sul Golfo est niché au pied du mont Gallo, l’une des deux montagnes qui enserrent le golfe. Sa terrasse offre un panorama exceptionnel sur la mer au large, la plage de sable blond, le mont Pellegrino, « le plus beau promontoire du monde » selon Goethe comme se plaisent à répéter les guides touristiques, et au loin les sommets de la chaîne montagneuse qui borde la côte septentrionale de l’île. L’une de mes amies m’assure même qu’on aperçoit l’Etna par temps clair…

    A l’intérieur, tout n’est que charme et bon goût. La maîtresse de maison et ses deux fils ont su décorer leur villa de main de maître, alliant élégance, originalité, convivialité et simplicité. Résultat, on s’y sent chez soi, accueilli avec gentillesse (l’une des hôtesses parle français) et discrétion.

    Les petits-déjeuners, pris sur la terrasse aux beaux jours, sont un véritable must, un rite presque aussi sacré que la cérémonie du thé. Les confitures faites maison sont à se pâmer (je vous recommande celle aux figues, au gingembre et à la cannelle) et accompagnent parfaitement le pain frais et la croissanterie posés sur la table chaque matin.

    Et quand je vous aurais dit que la maison est entourée d’une végétation luxuriante, véritable havre de paix et de fraîcheur, à l’ombre d’une splendide glycine, parions que vous aurez toutes les difficultés du monde à vous dégager des chaises longues installées dans les allées du jardin….

    Merci qui pour les bons tuyaux?

    Une manne pour Palerme…dans tous les sens du terme

    La Fondation Yves Rocher offre 12 000 frênes à la municipalité de Palerme. Des arbres d’une espèce particulière puisqu’ils produisent de la manne, un exsudat sucré aux bienfaits multiples et reconnus. Ils seront plantés dans le splendide Parc de la Favorite, grand poumon vert de la ville, et pourtant si souvent négligé.

    Dans le cadre de l’opération « Plantons pour la planète » menée par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement, la Fondation Yves Rocher vient de donner 12 000 arbres à la Ville de Palerme. Ces arbres sont destinés à réarborer le Parc de la Favorite, ancienne réserve de chasse du roi Ferdinand 1er des Deux-Siciles, venu se réfugier en Sicile pour fuir l’invasion de Naples par les troupes de Napoléon en 1798.

    La Fondation, présidée par Jacques Rocher, fils du créateur de la Cosmétique végétale, s’est en effet fixée pour objectif de planter 50 millions d’arbres d’ici 2014. Un objectif à demi atteint puisque déjà 24 millions ont été plantés un peu partout dans le monde.

    La capitale sicilienne est ainsi la première ville en Italie à profiter de cette généreuse initiative. Et comme il s’agit à chaque fois de planter des arbres indigènes ou acclimatés au milieu local, la Fondation en collaboration avec le superbe, le magnifique, que dis-je le somptueux… Jardin Botanique de Palerme et la municipalité représentée par son adjoint aux espaces verts Giuseppe Barbera, a fixé son choix sur le Fraxinus ornus. Cette variété de frêne à fleurs pouvant atteindre dix mètres de haut possède la particularité de produire la manne, un exsudat sucré dont on a récemment redécouvert les bienfaits.

    Jusqu’à présent, la manne était exclusivement exploitée dans les montagnes des Madonie, près des petites villes de Castelbuono et Pollina, situés à 80 kilomètres de Palerme environ, selon un savoir-faire traditionnel vieux de plusieurs siècles. Elle est obtenue en pratiquant des incisions dans l’écorce du frêne durant les mois d’été. En s’écoulant, ce suc sacchareux forme alors des stalactites, appelées cannòli en sicilien, qui blanchissent au contact de la chaleur.

    Cet édulcorant naturel, à faible teneur en glucose et fructose, aux vertus dépuratives et laxatives, connaît un certain regain depuis quelques années. Utilisé dans l’industrie pharmaceutique et en cosmétique, il a même séduit les équipes des laboratoires Yves Rocher qui ont concocté toute une ligne de produits à base de concentré de frêne.

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    Pour en savoir plus
    Le site de la Fondation Yves Rocher
    Le Jardin Botanique de Palerme
    Le musée de la manne à Pollina

     

    Quand les marionnettes siciliennes rencontrent l’opéra vénitien

    Les pupi de Mimmo Cuticchio ont quitté leur île natale, le temps de quelques représentations à l’Athénée – Théâtre Louis Jouvet à Paris. Cette fois, il n’est pas question de raconter l’histoire des paladins de France, mais plutôt de jouer un opéra oublié du XVIIe siècle.

    Une fois n’est pas coutume, les pupi ont abandonné leur répertoire traditionnel relatant l’épopée des paladins de France, inspirée du poème épique La Jérusalem délivrée écrit par le Tasse en 1575 ou du Roland furieux de L’Arioste. Le marionnettiste Mimmo Cuticchio, l’un des rares maestri pupari encore en activité à Palerme, a en effet participé à la mise en scène de Caligula, un opéra joué récemment au théâtre de l’Athénée à Paris.

    Cette oeuvre baroque, composée par Giovanni Maria Pagliardi et représentée pour la première fois en 1672 à Venise, avait connu un énorme succès en son temps, reprise un peu partout en Italie dans les années qui suivirent, avant de sombrer peu à peu dans l’oubli.

    C’est Vincent Dumestre, fondateur et directeur artistique du Poème Harmonique, qui a eu la brillante idée de faire renaître cet opéra vénitien. On le connaissait déjà pour son superbe travail d’exploration de la musique baroque. Cette fois, il nous enchante en ressuscitant une forme artistique disparue: le mariage étonnant de l’opéra et du théâtre de marionnettes, une alliance très en vogue dans l’Italie de la fin du XVIIe siècle et qui perdurera jusqu’au début du XXe.

    C’est donc tout naturellement que le musicien s’est tourné vers le célèbre et non moins brillant marionnettiste Mimmo Cuticchio, dont l’Opera dei pupi figure au patrimoine immatériel de l’humanité depuis 2008.

    Le résultat est purement magique. Les « acteurs de bois » s’animent dans un décor de toiles peintes, tandis que les chanteurs, répartis à gauche et à droite de la scène éclairée à la lueur de bougies, interprètent leur partition, jouée par l’orchestre d’instruments d’époque dans la fosse. Avec ses boiseries d’or, la superbe salle à l’italienne du théâtre de l’Athénée, classée monument historique, ne fait qu’ajouter à l’atmosphère onirique qui gagne peu à peu les spectateurs, projetés le temps du spectacle dans un univers empreint d’une indicible poésie.

    Mon conseil : si jamais ce petit bijou de spectacle, qui devrait poursuivre sa tournée en 2012-2013, passe du côté de chez vous, ne le manquez surtout pas!

    Crédit photo: Clémence Herout

    Billi, grand amoureux de Palerme depuis 60 ans!

    Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de l’écrivain et journaliste Daniele Billitteri. Alors Buon Compleanno e tanti auguri, Billi!!!

    Né à Palerme en 1951, Daniele Billitteri, Billi pour les intimes, a commencé sa carrière à l’âge de dix-neuf ans au feu quotidien L’Ora, avant de rejoindre le Giornale di Sicilia, principal organe de la presse locale, auquel il collabore depuis 1979.

    Il a longtemps couvert la « cronaca nera », c’est-à-dire les crimes de sang et les assassinats commis par la Mafia, entre les années soixante-dix et quatre-vingts, aux pires heures de la guerre entre bandes rivales. Grand habitué des scènes de crime, il a beaucoup côtoyé les forces de police chargées de la lutte contre la criminalité organisée – une expérience qui lui a permis notamment de rédiger la biographie du commissaire Boris Giuliano, assassiné par la mafia.

    Mais Billi est aussi l’auteur de plusieurs ouvrages consacrés aux habitants hauts en couleurs de Palerme, dont Homo Panormitanus, grand succès de librairie vendu à 60 000 exemplaires. L’écrivain est, en effet, profondément attaché à sa ville et porte un regard humain et amusé sur les travers des Palermitains. Il vient tout juste de publier son dernier opus, Senza filo, une série de récits à la fois drôles et plein de poésie qui fleurent bon les ruelles du vieux Palerme.

    Depuis 2006, il s’est également lancé dans l’écriture d’une série de polars, intitulée FBAI (qui, en italien, se lit comme l’acronyme américain FBI), abréviation de Franco Butera Amato Investigazioni, du nom de son enquêteur. Il a déjà trois volumes à son actif et rédige actuellement le quatrième.

    Sale e Pepe, la meilleure pizza de Paris, si, si!

    Allez, un peu de pub pour le restaurant italien du frérot et de la soeurette! L’adresse est ancienne, mais depuis que la famiglia l’a repris il y a deux mois à peine, un peu de soleil de Sicile vient réchauffer la face nord de la Butte Montmartre. 

    Je vous le dis d’emblée, ce n’est pas parce que c’est mon frère qui les fait, mais les pizzas sont vraiment SUPER bonnes! La Rucola Melanzana (roquette & aubergines), par exemple, est à tomber! Une pâte fine et tendre juste ce qu’il faut, des ingrédients de qualité et en quantité, agrémentés, si on le souhaite, d’une huile piquante faite maison… bref une pizza toute en saveurs. Et les pâtes ne sont pas en reste. Goûtez donc les raviolis au gorgonzola ou les penne aux cèpes avec leur sauce aux truffes, vous m’en direz des nouvelles! Et pour le dessert, le fameux tiramisù ou la panacotta avec son coulis de fruits rouges, un délice, je vous dis! Le tout pour un prix tout à fait raisonnable.

    Le restaurant, dont la déco conserve les vestiges d’une ancienne fromagerie, compte un peu plus d’une vingtaine de couverts, plus une quinzaine d’autres dans la salle au sous-sol. Sans oublier plusieurs tables en terrasse durant les beaux jours. L’ambiance est sympathique et conviviale, comme on dit, et le service assuré par toute la famille.

    Et, attention ceci est un scoop! bientôt la boutique jouxtant le restaurant ouvrira ses portes pour proposer des produits du terroir (sicilien, naturalmente!), de la restauration rapide et d’exquises pâtisseries élaborées avec amour par un jeune chef pâtissier, tout droit venu de Palerme! A bon entendeur…

    Sale e Pepe
    30, rue Ramey
    75018 Paris
    Tel : 01 46 06 08 01
    Métro : Jules Joffrin, Lamarck-Caulaincourt, Chateau rouge ou Marcadet-Poisonniers
    Bus : n° 80 et 85
    Page Facebook
    Ouverts tous les jours, sauf le lundi

    Séjourner dans un palais palermitain

    Qui n’a jamais rêvé de passer une nuit (ou plus) dans un authentique palais? Eh bien, avec cette nouvelle adresse de bed & breakfast à Palerme, au tarif raisonnable, il ne tient qu’à vous de transformer ce rêve en réalité.

    Palazzo Speciale Raffadali est un palais datant de la seconde moitié du XVe siècle, de style gothique catalan, comme en témoigne sa façade ornée de trois élégantes fenêtres géminées. Il fut construit pour Pietro Speciale, fils de Niccolò Speciale, vice-roi de Sicile au temps où l’île appartenait à la couronne d’Aragon. Au XVIIIe siècle, à l’époque du baroque tardif, l’édifice passa à la famille Montaperto di Raffadali qui lui fit subir de profondes transformations, en y ajoutant une cour intérieure et un escalier monumental. Au XIXe, une partie du palais fut vendue à la famille Anzon, d’ascendance anglaise.

    C’est à l’étage noble de ce superbe palais historique, situé en plein cœur du vieux Palerme, que les héritiers et actuels propriétaires ont aménagé plusieurs appartements en bed & breakfast. Elégants et décorés avec goût, ceux-ci se composent d’une ou plusieurs chambres, d’une cuisine et d’une salle de bain et bénéficient de tout le confort moderne, wi-fi compris. Le tout à un prix abordable de 80 euros par nuit en tarif double. Mais ce sont surtout leurs jolies terrasses fleuries avec vue sur les toits de Palerme et le dôme d’ocre blond de la cathédrale qui raviront vos âmes d’esthètes voyageurs.

    Et puis, si vous leur demandez gentiment, les maîtres des lieux vous feront peut-être visiter leurs appartements, pour une incroyable plongée dans les ors et les splendeurs de la noblesse sicilienne.

    Palazzo Speciale Raffadali
    Via Giuseppe Mario Puglia, 2
    901344 Palermo
    Tel : +39 091 328 554
    Port : +39 327 764 45 00

    Mes meilleures adresses à…Syracuse

    Case Damma est ce qu’on appelle en italien un agritourisme, soit une formule d’hébergement à mi-chemin entre le gîte rural, le bed & breakfast et le logement à la ferme, le tout dans un cadre bucolique et enchanteur noyé dans le vert.

    Dans une ferme datant du XIXe siècle (mais dont les origines remontent au XVe siècle), situé à 9 km de Syracuse, Carmelo et son épouse accueillent touristes et vacanciers toute l’année, exception faite d’une brève parenthèse hivernale.

    Entouré d’orangers et de citronniers, doté d’un magnifique et luxuriant jardin de 4000 mètres carrés et agrémenté d’une agréable piscine, le corps de ferme se compose de l’habitation des propriétaires, d’une vaste salle de restauration aménagée dans un ancien pressoir à huile, d’un petit musée des traditions agricoles de la région et d’une dizaine de chambres, pouvant accueillir jusqu’à 20 personnes.

    Naturellement, les vacanciers de passage à Case Damma peuvent aussi acheter les produits de la ferme : confitures de citron, d’orange ou de figue, huile d’olive, amandes, etc. Des délices gorgés de soleil de Sicile et préparés selon des recettes paysannes ancestrales.

    N’hésitez pas à interroger Carmelo sur les sites à visiter dans la région. C’est une véritable mine de renseignements. Autour d’un petit verre de zibibbo, un vin doux à la couleur ambre, il vous prodiguera conseils et infos utiles pour votre programme d’excursions du lendemain.

    Comptez 45 € par personne pour la nuit + le petit-déjeuner en haute saison, ou 65 € en demi-pension.

    Case Damma
    Contrada Damma
    A 9 km de Syr acuse sur la route pour Canicattini Bagni
    Tel : + 39 0931 717 405
    Port. : + 39 335 808 65 13
    www.casedamma.it
    info@casedamma.it

    Palerme fête Sainte Rosalie

    Comme chaque année depuis 1625, le chef-lieu de la Sicile honore sa Santuzza, sa sainte patronne qui a sauvé la ville d’une terrible épidémie de peste. 

    « Rosalie, rose parmi les roses, femme parmi les femmes », c’est ainsi que s’intitulait la 385e édition du Festino de Palerme, organisé par la ville pour célébrer sa sainte patronne. Des festivités qui ont culminé le soir du 14 juillet avec la procession de la statue contenant les reliques de la sainte, de la cathédrale jusqu’à la mer, dans le cœur historique de l’antique cité.

    Derrière le char triomphal transportant la Santuzza, ce sont tous les Palermitains, jeunes et vieux, petits et grands, riches et pauvres, ainsi que quelques touristes, qui se rassemblent en une foule bon enfant pour accompagner leur sainte patronne aux cris de « Evviva Santa Rosalia ! ».

    Et comme toujours la fête s’est achevée sur un spectaculaire feu d’artifice. Même si cette année, crise oblige, la municipalité a dû revoir à la baisse le budget faramineux qu’elle consacre tous les ans au sacro-saint Festino.

    festino

    L’histoire de la Sicile en 100 secondes

    Un artiste multimédia de génie a créé une vidéo retraçant toute l’histoire de l’île en seulement 100 secondes. Un exploit et un chef-d’oeuvre, n’ayons pas peur des mots!

    Salvatore Scandurra (Turi, pour les intimes) est un petit génie du multimédia. Cet artiste, graphiste, photographe et vidéaste, né à Giardini Naxos en Sicile, a fait le pari de créer une vidéo retraçant toute l’histoire de son île en pas plus de 100 secondes (ou 1 minute 40). Le résultat est un petit bijou de prouesse technique, de créativité et d’humour.
    Un petit conseil, cependant : veillez à ne pas cligner des yeux pendant que vous regardez la vidéo, vous risqueriez de perdre tout un siècle d’histoire, comme le rappelle l’auteur lui-même sur son site. Mais que ceux qui n’arriveraient pas à suivre l’élocution ultrarapide du narrateur se rassurent, le texte complet est reproduit en italien ou en anglais.
    Après avoir vécu à Bologne et Rome, Turi réside à présent à Los Angeles.

    Crédits:
    Sujet et animation : Turi Scandurra
    Texte : Nino Arcidiacono
    Voix : Alessandro Sciglio
    Musique : Peppe Gullotta

    Peppe Genna, le poète des salines

    A quelques encablures de Marsala, un personnage haut en couleur, comme il en existe seulement en Sicile, déclame des poésies tout en taillant d’étonnantes sculptures de pierre.



    Giuseppe Genna, ou Peppe pour les intimes, a fait tous les métiers: cordonnier, mécanicien, chauffeur, plombier, jardinier, cueilleur d’olives… « Dall’Attore alla Zappa » (littéralement « de l’acteur à la houe », les Italianophones apprécieront !), comme se plaît à rappeler ce joyeux sexagénaire. La faim l’a même conduit en Suisse et en Allemagne, mais il avait trop la nostalgie de sa Sicile natale et a préféré revenir dans ce petit coin de paradis, à quelques encablures de Marsala.

    Tous les matins, salines Infersa, devant l’île de Mozia, et déballe sa marchandise: d’étonnantes petites sculptures qu’il taille dans la pierre et le tuf et qu’il expose sur le toit et le capot de sa vieille Fiat; ou des balais et des brosses qu’il confectionne avec des feuilles de palmiers nains (la « giummara »), selon une technique transmise par son père et, avant lui, son grand-père.

    Mais sa plus belle marchandise, sans nul doute, ce sont les poésies que cet autodidacte d’humeur toujours joviale déclame en dialecte sicilien. Son thème de prédilection? Sa terre et plus particulièrement Mozia, « l’antenna del mondo », puisqu’ici on vient des quatre coins de la planète pour admirer une nature unique et enchanteresse, protégée au sein de la Riserva naturale dello Stagnone. Le « poète des salines » chante aussi les louanges de l’or blanc car « cosa vale una minestra senza sale? » (que vaut une soupe sans sel ?), comme le rappelle si bien l’artiste.

    Quant aux salines Ettore e Infersa, elles méritent incontestablement le détour: déjà Voltaire, en son temps, avait fait l’éloge de ces établissements fondés par les phéniciens qui perpétuent une technique de récolte du sel 100% naturelle. A voir les silhouettes des vieux moulins se détacher sur le rose des bassins et le blanc des montagnes de sel, on comprend aisément où Peppe puise son inspiration.

    Ils sont beaux, mes coléos !

    Pari réussi pour Vittorio Aliquò, entomologiste passionné, qui invite les visiteurs à une superbe leçon de choses.

    C’est ce que j’aime avec la Sicile : on se promène gentiment le nez en l’air et voilà que l’on tombe, par hasard, sur une pure merveille, un trait de génie ou une initiative insolite ! Eh bien, c’est exactement ce qui s’est passé cet été à Petralia Soprana, un charmant petit village perché sur les hauteurs du Parc des Madonie, une région montagneuse culminant à 1979 mètres au Pizzo Carbonara et située au sud de Cefalù, à une heure et demie de route de Palerme.

    Le Palazzo Pottino, un palais du XVIIe siècle qui donne sur la place principale du village, abrite une exposition unique en son genre, qui changera à jamais votre regard sur les insectes. Insecta, exposition entomologique sous la direction de Vittorio Aliquò, rassemble, en effet, une superbe collection de coléoptères, d’une richesse impressionnante et d’une rare qualité didactique : des centaines de coléoptères et scarabées, de toutes les tailles (le plus gros mesure 13 cm !) et de toutes les couleurs (voir diaporama ci-dessous). Il y en a même un complètement doré, et un autre argenté, si étincelants qu’on dirait des bijoux. On aurait presque envie de les monter sur bagues !

    Outre l’incontestable plaisir de découvrir ces minuscules merveilles de la nature, le visiteur pourra également satisfaire sa curiosité grâce aux explications claires et détaillées accompagnant les différentes vitrines. Je recommande aux italianophones de se procurer le petit catalogue de l’exposition : on y apprend notamment que « selon le dernier rapport sur la biodiversité, les naturalistes ont recensé environ 1 750 000 espèces d’animaux pluricellulaires, dont au moins 1 000 000 sont des insectes, et de ceux-ci plus de 450 000 appartiennent à l’ordre des coléoptères… Cela signifie que le monde des insectes, et plus particulièrement celui des coléoptères, domine de loin tous les êtres vivants. En comparaison, l’ordre des mammifères, à laquelle l’homme appartient, semble insignifiant, avec moins de 4000 espèces ».

    Avec quelques très belles églises, Petralia Soprana mérite certainement qu’on s’y attarde, d’autant plus qu’un parcours acrobatique dans les arbres, le Parco Avventura, vient de s’installer dans la forêt en contrebas, à la sortie de Petralia Sottana.

    La tête dans les olives… et les papilles en émoi

    Les Parisiens ont bien de la chance : depuis avril dernier, ils peuvent venir s’approvisionner en huile d’olive extra-vierge en provenance directe de Sicile.

    Retenez bien cette adresse : 2 rue Sainte Marthe à Paris dans le Xe arrondissement. Une adresse que les gourmets ne vont pas tarder à s’arracher ! Mieux encore, il y a de fortes chances que vous risquiez de ne plus pouvoir vous en passer une fois que vous aurez goûté au nectar vert proposé par La Tête dans les olives. Car c’est bien le fin du fin en matière d’huile d’olive que Cédric Casanova sélectionne et fait venir tout droit de Sicile dans sa petite boutique située à quelques pas de l’hôpital Saint-Louis. A l’instar d’un célèbre Gaulois, ce passionné, moitié parisien moitié sicilien, est tombé dans l’or vert quand il était petit ! Résultat, ce sont plusieurs hectolitres d’huile d’olive extra-vierge qui attendent les chalands au 2 rue Sainte Marthe.

    Et pas n’importe quelle huile d’olive s’il vous plaît ! puisqu’il s’agit de la Nocellara del Belice qui bénéficie d’une Appellation d’origine protégée (AOP), de la Biancolilla et de la Cerasuola, toutes produites dans une région à cheval entre les provinces de Trapani, Agrigente et Palerme. Avec une acidité ne dépassant pas 0,15%, une couleur verte aux reflets dorés et un parfum d’olives tout juste pressées, la Nocellara del Belice possède une saveur fruitée intense, avec une pointe légèrement amère et piquante. Toutes ces huiles sont d’une rare qualité, que l’on ne retrouve nulle part ailleurs, si ce n’est en Sicile directement. Car les producteurs qui confient leur huile à Cédric Casanova sont avant tout des amoureux de leur terroir et respectent le cycle naturel de l’olive. Ils travaillent au rythme des saisons sans jamais chercher à forcer la terre ou les arbres. Leur production se veut « chargée de sens » comme aime à répéter le patron de La Tête dans les olives.

    L’originalité de ce petit magasin réside aussi dans le fait que l’on peut acheter son huile en vrac, c’est-à-dire venir avec son propre conteneur et le remplir de l’huile de son choix (à partir de 12 euros le litre). Ou acheter une huilière en acier inoxydable d’une capacité de deux litres, si jolie que l’on peut même l’amener à table. Bien sûr, on y trouve également de l’huile déjà embouteillée (à partir de 10 euros le demi-litre). Sans oublier d’autres produits typiques de Sicile, comme des tomates séchées, des fromages (notamment un fameux cacciocavallo), de l’origan, des câpres au sel et, évidemment, des olives.

    LA TETE DANS LES OLIVES
    2, rue Sainte Marthe – 75010 Paris
    Métro : Colonel Fabien, Goncourt ou Jacques Bonsergent.
    Bus : 75, 46 – arrêt : Hôpital Saint-Louis
    Ouvert du mardi au vendredi de 14h à 19h
    Et le samedi de 11h à 18h
    Pour plus d’infos, voir le site www.latetedanslesolives.com

    Le Caravage s’expose à Trapani

    Du 15 décembre au 2007 au 14 mars 2008, le Musée régional Conte Agostino Pepoli de Trapani présente une exposition inédite consacrée au peintre italien.

    Depuis quelques années déjà, la ville de Trapani, située sous la pointe occidentale de la Sicile, s’efforce de jouer un rôle de tout premier plan dans la vie économique et culturelle de l’île. Comme en témoigne l’étape de l’America’s Cup en septembre 2005 qui avait été l’occasion d’une profonde transformation et d’un grand nettoyage de son port et de ses abords. Pendant quelques jours, un air de fête avait soufflé sur cette petite cité de 70 000 habitants qui avait alors pris des allures de ville internationale.

    Aujourd’hui, le Musée régional Conte Agostino Pepoli de Trapani accueille une très belle exposition temporaire consacrée Caravage pour commémorer le 400e anniversaire du séjour du peintre baroque en Sicile. Intitulée « Le Caravage, l’image du divin », elle présente pas moins de 14 œuvres du père du clair-obscur, dont une deuxième version des Tricheurs (voir photo), découverte récemment par Sir Denis Mahon, éminent collectionneur et spécialiste du peintre lombard.

    Le musée Pepoli se trouve dans un ancien monastère des Pères Carmélites fondé au XIVe siècle et abrite une superbe collection de pièces d’orfèvrerie (notamment de corail), de majoliques et de crèches, qui ont fait pendant longtemps les riches heures de l’artisanat local.

    Rappelons qu’en 1609, peu de temps avant sa mort, Michelangelo Merisi da Caravaggio, dit le Caravage, a peint une Nativité pour l’autel de l’Oratoire de Saint-François à Palerme, où elle était restée depuis sa création. Malheureusement, la toile fut dérobée par la mafia dans la nuit du 18 octobre 1969. La municipalité de Palerme a beau consacrer sur son site une page qui les a vues pour alerter la population sur les œuvres d’art volées dans la ville, personne n’a plus jamais revu cette œuvre tardive du Caravage.

    Profession : âne éboueur à Castelbuono

    Une petite ville, dans la chaîne montagneuse des Madonie, fait appel à des ânes pour ramasser ses ordures.

    Lorsque Mario Cicero (à gauche de l’âne sur la photo), le maire de Castelbuono, une petite ville de moins de 10 000 habitants située dans la province de Palerme, a lancé son opération des ânes pour sauver le monde au début de l’année 2007, l’initiative n’a pas manqué de faire sourire. Mais l’édile a tenu bon et rassuré, au passage, les défenseurs des animaux qui avaient aussitôt protesté contre l’exploitation et les mauvais traitements éventuels de ces employés municipaux d’un nouveau genre. Aujourd’hui, on ne compte plus les articles, les reportages TV et autres récompenses pour faire l’éloge des ânes écologiques.

    La municipalité n’en est pourtant pas à son premier ballon d’essai. Elle a même une longue tradition de bonnes pratiques fondées sur le respect et la protection de l’environnement. En 1994 déjà, elle dotait la ville d’une station d’épuration d’eau, faisant de Castelbuono l’une des rares villes siciliennes à rejeter de l’eau propre dans la mer. Puis des panneaux solaires ont été installés sur le toit de plusieurs écoles. On prévoit également la construction d’une station de compost pour produire de l’engrais à partir des déchets humides et réduire ainsi l’utilisation d’engrais chimiques. Sans oublier l’énorme succès remporté par le tri sélectif au sein de la population.

    C’est donc en toute logique que le maire a décidé d’aller plus loin en remplaçant une partie des camions-bennes à ordures par des ânes. L’idée est simple. Non seulement on retire de la circulation des véhicules polluants et bruyants, mais on réalise aussi des économies substantielles: à l’achat, un camion vaut 30 000 euros, tandis qu’un âne, de race ragusaine, coûte entre 700 et 1500 euros. De plus, entre l’assurance, la vignette, les frais de carburant et d’entretien, le coût annuel d’un camion s’élève jusqu’à 8000 euros, alors que celui d’un âne ne dépasse pas 2000 euros. On estime que trois bêtes suffisent à remplacer deux camions et qu’elles ne mobilisent que trois employés contre quatre pour les bennes.

    Les animaux sont équipés de deux caisses de bois, flanquées de chaque côté, pour y stocker les ordures et ne transportent pas plus de 100 kilos par voyage. Ils travaillent cinq heures par jour (moins qu’un employé, précise la municipalité) et sont soumis à des visites vétérinaires régulières. Ils sont guidés par des éboueurs rebaptisés « opérateurs écologiques » et permettent d’accéder, dans cette petite ville de montagne aux ruelles étroites, à des endroits d’ordinaire inaccessibles aux camions. Depuis leur entrée en fonction, les baudets de Castelbuono ont déjà collecté plus de 140 tonnes de déchets.

    Embarquement immédiat pour Palerme

    Vite, il vous reste encore quelques jours pour profiter d’une série de manifestations uniques dans la capitale sicilienne !

    Le bassin des nymphéas au Jardin Botanique de Palerme

    Message à tous les petits vernis qui auraient eu la bonne idée de programmer des vacances en Sicile ces jours-ci : ne manquez surtout pas l’initiative exceptionnelle lancée par l’Université de Palerme pour fêter son bicentenaire ! L’institution palermitaine a, en effet, décidé d’ouvrir les portes de tous les sites historiques, artistiques, religieux et culturels qui figurent dans son patrimoine immobilier. L’opération, baptisée Le Vie dei Tesori, présente 14 lieux, inaccessibles au public la plupart du temps.

    Au Palazzo Steri, ancienne demeure d’une grande famille de la noblesse sicilienne bâtie au XIVe siècle et aujourd’hui siège institutionnel de l’Université, on pourra admirer un célèbre tableau, la Vucciria, du peinte sicilien Renato Guttuso. Mais le palais est aussi tristement célèbre pour avoir été, pendant près de deux siècles, le siège de l’Inquisition en Sicile. C’est là, en effet, que les hommes de Torquemada torturaient et suppliciaient leurs victimes, retenues dans une prison secrète dont les cellules ont été récemment restaurées. On peut ainsi y découvrir le témoignage poignant et sinistre des prisonniers qui y ont laissé graffitis, prières et dessins. Quelques dizaines de mètres plus loin, on visitera l’Hôtel de France, tout juste restauré, qui accueillit nombre de clients prestigieux, dont Sigmund Freud et où seront logés les professeurs étrangers invités par l’université.

    cripta
    La Crypte des Repenties à Palerme (détail)

    Autre curiosité à découvrir, la crypte des Repenties, récemment retrouvée, où étaient enterrées dès le XVIe siècle d’anciennes prostituées et courtisanes devenues religieuses. Citons encore la Chapelle des Charpentiers, dans les locaux de l’Université de Jurisprudence, trésor baroque tout en stucs, putti et autres festons réalisés par les frères Serpotta; le superbe Observatoire astronomique ou encore l’ancien Couvent Sant’Antonino, avec son étonnant moulin en bois massif, sans oublier le très riche Jardin botanique, l’un des plus importants d’Europe, qui possède une superbe collection de ficus, dont le fameux ficus magnolia, de palmiers et de bambous ainsi qu’une vasque monumentale remplie de lotus et de nymphéas (photos). Le week-end, de nombreuses manifestations artistiques et culturelles sont proposées sur les lieux, à condition d’avoir réservé sa place.

    Retrouvez toutes les informations sur le site.

    Nymphéa au Jardin Botanique de Palerme
    Le moulin de bois du couvent Sant'Antonino à Palerme
    Le moulin de bois du couvent Sant’Antonino à Palerme
    Observatoire astronomique de Palerme
    Observatoire astronomique de Palerme

    Appel de Camilleri suite…

    Le projet de prospection pétrolière pourrait reprendre dans le Val di Noto, alors que l’écrivain sicilien s’exprime sur la lutte contre le racket.

    En Sicile, il ne faut jamais s’endormir sur ses lauriers. Certains d’entre vous se souviendront peut-être de l’appel lancé par l’écrivain Andrea Camilleri contre un projet de forages dans le Val di Noto déjà évoqué sur ce site. Ce haut lieu du baroque sicilien, pourtant inscrit au patrimoine de l’humanité de l’Unesco était menacé, aussi aberrant que cela puisse paraître, par une vaste opération de prospection pétrolière dirigée par une compagnie américaine, la Panther Eureka. La mobilisation générale, voire internationale, avait fini par avoir raison du projet. Mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté et l’avidité des requins du pétrole. Car voilà que le Tribunal administratif de la région a validé fin août un recours présenté par la société américaine, qui pourrait ainsi commencer une partie des forages prévus, comme le raconte un article du quotidien italien la Repubblica. Les Verts ont immédiatement réagi, déclarant qu’ils n’hésiteraient pas à servir de bouclier aux engins, tandis que Salvatore Cuffaro, président de la Région, promet une procédure d’urgence pour enterrer définitivement le projet.

    Par ailleurs, dans une interview accordée il y a quelques jours au Corriere della Sera, et citée dans une dépêche du Monde, Andrea Camilleri se déclarait favorable à l’envoi de l’armée en Sicile, notamment pour protéger les patrons siciliens qui refusent de payer le pizzo, l’impôt mafieux. Selon lui, en effet, la réaction de la mafia après la décision de la Confindustria sicilienne, le syndicat des patrons, de chasser de leurs rangs les chefs d’entreprise qui cèdent au racket, risque d’être particulièrement violente. « La mafia ne peut pas se permettre de laisser trop de gens leur dire non. Cela entraînerait sa propre ruine. Les réactions sont prévisibles. Les risques augmentent. Il faut s’attendre à quelque chose. Et donc intervenir sur-le-champ », estime l’écrivain sicilien. L’armée italienne était déjà intervenue en Sicile, en 1992, au lendemain des assassinats des juges Falcone et Borsellino par la mafia, dont on a célébré en mai dernier le quinzième anniversaire de leur disparition.

    De plus, Camilleri est convaincu que l’on assiste à un « tournant » dans l’histoire de l’île. « Nombre sont ceux qui se rebellent face à la mafia (…). Ce que nous attendions depuis longtemps – que la société civile fasse entendre sa voix – est en train de se produire », note le père du commissaire Montalbano. Il a manifestement raison puisque lors d’un procès qui s’est tenu ces jours-ci à Palerme, comme l’indique la Repubblica, le patron d’une célèbre trattoria palermitaine, l’Antica Focacceria San Francesco, n’a pas hésité une seconde et a clairement identifié le mafieux qui était venu le racketter. Une petite révolution au pays de l’omertà.

    Fanfares siciliennes version world music

    Roy Paci et le groupe Banda Ionica revisitent le répertoire traditionnel des fanfares et processions de l’île. A écouter d’urgence!

    J’ai promis dans ce blog de vous faire partager mes coups de cœur. Eh bien, le moment est venu de vous parler musique ! Quand on dit musique sicilienne, on pense immédiatement aux airs de mandolines, de tarentelles et autres joyeuses mélodies accompagnées à la guimbarde. Peu connues, en revanche, sont les fanfares traditionnelles, qui font pourtant partie du patrimoine musical de l’île. Pas la moindre ville, le moindre village, la moindre bourgade qui ne possède sa propre fanfare municipale. Celle-ci, en effet, joue un rôle capital dans la vie de la communauté puisqu’elle accompagne les processions lors des grandes fêtes religieuses, notamment à Pâques durant la Semaine sainte, ou lors des funérailles de quelque personnage important.

    En 1997, deux musiciens de génie, Fabio Barovero du groupe turinois Mau-Mau et Roy Paci, trompettiste talentueux qui a joué notamment avec Manu Chao, ont eu l’idée de former un groupe, Banda Ionica, afin de dépoussiérer les marches funèbres, composées à la fin du XIXe siècle, jouées autrefois aux enterrements dans toute l’Italie méridionale. Le groupe, qui réunit une vingtaine de jeunes instrumentistes des environs de Syracuse et Catane, a enregistré un premier CD, intitulé Passione, reprenant des morceaux d’anthologie composés par des auteurs italiens de renom comme Enrico Petrella et Amedeo Vella. Il suffit d’écouter cette musique poignante qui oscille entre le tragique et l’élégiaque pour être immédiatement transporté dans les ruelles baroques ou les sentiers de Sicile, derrière un noir cortège avançant d’un pas lourd et grave. Plusieurs morceaux de cet album ont même été repris au cinéma, l’un figurant dans la bande originale de La fille sur le pont, de Patrice Leconte.

    En 2002, le groupe sort un deuxième CD, Matri Mia. Cette fois, à la musique des fanfares viennent s’ajouter des chansons interprétées par des artistes internationaux comme El Mono Loco du groupe espagnol Macaco, Arthur H, Vinicio Capossela (le « Tom Waits » italien), Mauro Ermanno « Giò » Giovanardi, chanteur de La Crus et Cristina Zavalloni. Un disque qui rentre davantage dans la catégorie world music et salué par la critique qui l’a qualifié d’ « imperdibile » ! Je confirme, absolument sublime !

    Depuis ce véritable chef-d’œuvre, le groupe marque une pause. Mais l’incroyable Roy Paci n’a pas dit son dernier mot puisque ce musicien, compositeur, arrangeur inspiré et créateur du label indépendant Etnagigante vient de sortir un nouveau CD avec son groupe Roy Paci & Aretuska, intitulé Suonoglobal avec le grand Manu Chao en guest star. A bon entendeur, salut!

    Pour acheter le CD, cliquez sur les liens ci-dessous:

    Halte au projet de forages dans le Val di Noto

    Relayé par l’écrivain Andrea Camilleri, un puissant mouvement de protestation, baptisé No-Triv (de « trivella » qui signifie foreuse), s’organise en Italie et ailleurs pour sauver l’un des plus beaux fleurons du baroque sicilien.

    Le 7 juin dernier, depuis la une du quotidien la Repubblica, l’écrivain Andrea Camilleri, père du célèbre commissaire Montalbano, lançait un vibrant appel contre le projet de forages pétroliers dans le Val di Noto. Une société américaine, Panther Eureka, a en effet reçu l’autorisation de prospecter dans la région à la recherche d’hydrocarbures. Une véritable aberration quand on sait que cette partie située dans le sud-est de l’île abrite de purs chefs-d’œuvre d’architecture baroque, inscrits notamment au patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco.

    L’affaire n’est pas prête de s’arrêter là, puisque la presse internationale a aussitôt entrepris de relayer l’appel de l’écrivain, comme le Times et le Guardian au Royaume-Uni. En France, Le Monde publie l’article de Camilleri (traduit par votre humble serviteuse !), tandis qu’en Italie, plus de 80 000 personnes ont signé la pétition en ligne sur le site de la Repubblica, qui consacre un dossier complet à l’affaire, à grands renforts de débat télévisé et documentaire diffusé sur la web tv du quotidien national. On y entend notamment une interview de l’écrivain sicilien qui condamne cette « sempiternelle invasion américaine » et invite à se mobiliser pour bouter les Texans (« non passeranno ! ») hors de ce petit paradis sicilien qui sert régulièrement de décor naturel à la série télé inspirée des aventures du commissaire Montalbano.

    On risque fort d’entendre encore parler de l’affaire puisque le 18 juin prochain, le chef du gouvernement italien en personne, Romano Prodi, est attendu à Noto pour l’inauguration de la magnifique cathédrale effondrée en 1996, au terme de sept années de travaux pour un montant total de plus de 25 millions d’euros

    Petite précision lexicale: contrairement à ce que l’on pourrait penser, le Val di Noto n’est pas une vallée, mais désigne une unité administrative de l’époque arabo-normande. Cette dénomination regroupe, en fait, huit villes (Modica, Noto, Palazzolo Acreide, Ragusa Ibla, Scicli, Catania, Caltagirone et Militello in Val di Catania) détruites par un terrible tremblement de terre en 1693 et entièrement reconstruites dans le style architectural de l’époque, le baroque tardif.

    Menace sur les palmiers de Palerme

    Un insecte ravageur qui sévit depuis quelques années dans le Bassin méditerranéen a profité d’une importation massive de palmiers bon marché en provenance d’Egypte pour s’attaquer au patrimoine vert de la Sicile

    Palmier du Jardin botanique de Palerme

    Il s’appelle Rhynchophorus ferrugineus, ou plus communément charançon rouge du palmier, et compte déjà à son actif plus de 700 victimes en Sicile. Arrivé clandestinement, selon toute probabilité, dans des containers en provenance d’Egypte en 2005, ce coléoptère dévoreur de palmiers, appartenant à la famille des curculionidés, est en réalité originaire d’Asie et de Mélanésie. Cela ne l’empêche pas d’avoir colonisé, au cours de ces vingt dernières années, l’ensemble du Bassin méditerranéen, Israël, la Jordanie, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes, l’Iran et la Turquie. En Sicile, il s’attaque principalement aux majestueux palmiers des Canaries (Phoenix canariensis), ces arbres ornementaux qui font la fierté de l’île et qui sont, dans l’imaginaire touristique, devenus synonyme de vacances, plages et exotisme.

    punteruolo

    Les chercheurs se mobilisent pour tenter d’enrayer l’invasion de cet insecte ravageur. En mars dernier, la Région Sicile a publié un décret prévoyant notamment l’abattage systématique des palmiers jugés trop gravement infestés, tandis que le département d’entomologie de l’Université de Palerme étudie minutieusement le rhynchophore (nom vulgaire de l’infâme) afin d’identifier d’éventuels prédateurs (notamment des parasitoïdes). Le temps presse car l’insecte se propage rapidement et s’approche dangereusement des 150 000 palmiers plantés sur les côtes de la Riviera entre Nice et San Remo.

    palmiermourant

    De l’usage antidémocratique du telefonino

    Aux dernières élections municipales, certains candidats peu scrupuleux ont acheté les voix d’électeurs défavorisés

    Dimanche 13 et lundi 14 mai, 2 200 000 électeurs votaient en Sicile pour élire les maires et les conseillers municipaux dans 156 communes de l’île. Mais avant même de connaître les résultats, le nom d’un vainqueur s’était déjà imposé : le telefonino. Non, il ne s’agit pas de la dernière avancée technologique en matière de vote électronique, mais plutôt de la dernière combine de certains politiciens véreux, qui n’ont pas trouvé mieux, en effet, que d’acheter les voix des électeurs les plus démunis à grands renforts de téléphones portables, de promesses d’embauche ou de caisses entières de pâtes. Evidemment, en terre mafieuse, il n’était pas question de croire l’électeur sur parole. Il fallait quelque garantie. Et puisqu’on lui offrait un téléphone portable équipé d’un appareil photo, autant qu’il en fît bon usage sur-le-champ : il ne lui restait plus qu’à photographier la fiche électorale montrant qu’il avait « bien » voté (en Italie, il n’y a pas de bulletin de vote mais une fiche où figurent tous les noms des partis ou des candidats en lice que les électeurs désignent à l’aide d’une croix).

    Quelques jours avant les élections, plusieurs témoignages avaient dénoncé cette pratique frauduleuse, comme le rapporte le quotidien la Repubblica. Aussi quand les présidents des bureaux de vote ont entendu un déclic en provenance de l’isoloir, les contrevenants ont aussitôt été signalés aux carabiniers. Les coupables risquent gros : une circulaire du ministère de l’Intérieur datant de mai 2003 prévoit une peine de 5 ans de prison ainsi qu’une amende salée. Cinq de ces photographes hors-la-loi ont ainsi été pris le doigt sur l’appareil dans les provinces de Palerme, Trapani et Messine. Leur vote a immédiatement été annulé. Les autorités n’ont pas révélé les noms des candidats en faveur desquels ils s’étaient prononcés. Mais les soupçons se portent tout naturellement sur des représentants de Forza Italia, le parti de Silvio Berlusconi. Celui-là même qui, venu quelques jours plus tôt à Palerme soutenir son candidat, le maire sortant Diego Cammarata, n’a pas hésité à faire fermer la chapelle Palatine, joyau de l’art arabo-normand et haut lieu touristique, le temps de sa visite. Comme si le Cavaliere était encore au gouvernement et disposait des pouvoirs d’un chef d’Etat en visite officielle.

    Les beaux jours de Cosa Nostra

    Une histoire de la mafia depuis ses origines, loin des paillettes d’Hollywood et du mythe de l’honneur ou de la justice.

    Impossible de faire l’impasse sur le sujet ! Même si d’aucuns la prétendent affaiblie, la mafia est loin d’être moribonde. L’organisation criminelle apparue en Sicile durant la seconde moitié du XIXe siècle continue de s’enrichir grassement, à grands coups d’intimidations, de corruption, d’extorsions, de violences et d’assassinats. L’ « honorable société » met même un point d’honneur à bafouer la démocratie et noyauter les plus hautes sphères de l’Etat. La combattre est donc devenu un enjeu majeur pour la survie du pays tout entier. Mais encore faut-il la connaître et la comprendre. C’est la mission que s’est fixé John Dickie, un historien et journaliste britannique qui vient de publier en France un excellent livre retraçant l’histoire de Cosa Nostra, de 1860 à nos jours. Car comme le disait le juge Giovanni Falcone assassiné en 1992, si la mafia a une histoire, alors elle a eu un début et aura une fin. L’auteur réalise ici une étude richement documentée complétée d’une analyse intelligente, le tout servi par un style efficace allié à un art consommé de la formule. Jugez plutôt :

    « La mafia était un secret caché en pleine lumière »

    « une société secrète dont le meurtre est la raison d’être »

    ou encore

    « un homme d’honneur qui a menti s’aperçoit très vite qu’il a pris un raccourci vers le bain d’acide »

    Bref, un livre captivant et extrêmement fouillé qui se lit comme un roman policier et qui dresse le portrait brillant d’une mafia démystifiée, histoire de rappeler ce qu’elle est et a toujours été : « une société secrète qui recherche le pouvoir et l’argent en perpétuant l’art de tuer en toute impunité ».

    Cosa Nostra, l’histoire de la mafia sicilienne de 1860 à nos jours, de John Dickie, ed. Poche, Paris, 2008, 7,01€

    Pour acheter le livre, cliquez sur l’image ci-dessous :

    Palerme se pare d’un nouveau joyau

    Premier musée inauguré depuis 1954, il Convento Sant’Anna devrait faire date dans l’histoire du patrimoine artistique de la ville.

    La ville de Palerme compte un nouveau musée. Une véritable perle qui devrait rapidement figurer parmi les lieux les plus visités de la ville. Après plusieurs années de travaux, pour un montant total de 13 millions d’euros environ, le couvent de Sainte-Anne de la Miséricorde rouvrait ses portes au public en octobre 2005. Et pour inaugurer ce nouvel espace muséal de plus de 4700 mètres carrés, répartis sur 29 salles, on avait choisi de consacrer une vaste exposition à l’un des plus importants paysagistes siciliens, Francesco Lojacono, à cheval entre le XIXe et le XXe siècles. L’exposition s’est achevée le 29 janvier 2006 et a remporté un franc succès auprès du public avec plus de 37 000 de visiteurs.

    Depuis décembre 2006, le nouveau musée abrite l’ensemble de la collection de la Galerie d’art moderne, logée « provisoirement » depuis près d’un siècle dans une partie du théâtre Politeama. Une collection constituée essentiellement de peintures et de sculptures figuratives de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle. Des œuvres d’art certainement admirables, mais elles le sont d’autant plus dans ce splendide écrin dont elles viennent d’hériter.

    Situé dans le vieux quartier des Lattarini, du nom du marché des droguiers Sûq-el-attârin de l’époque arabe, le musée donne sur la place Croce dei Vespri, où résidait le très impopulaire Giovanni di Saint-Rémy, Grand Justicier du roi Charles d’Anjou. Lorsque Palerme s’insurgea contre la domination angevine en 1282, lors de l’épisode dit des Vêpres siciliennes, son palais fut assiégé par le peuple en colère et quelque 2000 français périrent massacrés. Aujourd’hui, une plaque commémore la révolte des Siciliens précisément sur l’un des murs du musée.

    En réalité, celui-ci est formé de la réunion de deux édifices contigus, le palais Bonet bâti au XVe siècle et le couvent à proprement parler adossé à l’église baroque de Sainte-Anne dont la première pierre fut posée en 1606. De style gothique catalan, le palais du riche marchand Gaspare Bonet devint rapidement un modèle de référence pour la construction d’autres demeures nobiliaires de la ville, comme le palais Abatellis qui abrite aujourd’hui la Galerie régionale de Sicile ou encore le palais Ajutamicristo. A noter, les fenêtres géminées de l’étage noble ornées de fines colonnes en marbre de Carrare et le portique à trois arcs ogivaux soutenus par des piliers octogonaux, qui sont autant de caractéristiques du style gothique catalan.

    Les travaux ont également réservé de bonnes surprises, puisque l’on a découvert des plafonds de bois peints a tempera, datant probablement du XVIe siècle, cachés sous des plafonds en voûte d’époques successives. Les deux édifices ont subi, en effet, de nombreuses transformations au fil des siècles. En 1618, les franciscains, à qui appartenait le couvent, ont racheté le palais Bonnet qu’ils ont profondément modifié pour l’adapter à la vie de la communauté religieuse. La tour d’origine est ainsi devenue campanile, un escalier monumental a été ajouté pour accéder à l’étage noble de l’édifice ecclésiastique tandis que le jardin intérieur cédait la place à un vaste cloître avec colonnes de marbre gris et arcades en plein cintre, où les travaux de restauration ont permis de mettre à jour des fresques avec motifs décoratifs en rocaille datant du milieu du XVIIIe siècle.

    Mais la beauté du lieu ne tient pas seulement à son passé. En effet, l’équipe chargée de sa revalorisation ne s’est pas contentée de restaurer des monuments chargés d’histoire. Elle a aussi cherché à les inscrire dans la modernité en leur attribuant une fonction bien actuelle et intégrée dans la vie de la communauté. C’est là, d’ailleurs, ce qui caractérise l’approche italienne en matière de restauration de monuments anciens. La question est complexe, car les sites à forte valeur historique et artistique sont si nombreux en Italie que le pays, surtout en ces temps de restrictions budgétaires, aurait bien du mal à trouver les financements nécessaires à leur rénovation. Il s’agissait donc de trouver un juste équilibre entre les exigences de la conservation, dont le but est de sauvegarder et valoriser l’identité de l’édifice, et celles de la modernité, en procurant à celui-ci un usage qui lui donne la possibilité de continuer à exister.

    Mission plus qu’accomplie avec ce musée du couvent Sainte-Anne. On a su non seulement respecter l’âme du lieu et mettre en valeur ses différents éléments architecturaux, mais on a également su lui insuffler une nouvelle vie en créant un espace muséal moderne, doté de toutes les installations nécessaires (espace consacré aux expositions temporaires et aux activités didactiques, librairie, cafétéria, etc.).

    De plus, les architectes chargés de la restauration ont adopté un point de vue particulièrement original, auquel on n’est peu habitué en France : plutôt que de vouloir à tout prix reconstituer une peinture murale dans sa totalité, par exemple, on préfère en garder les parties les plus significatives ou les mieux conservées et de laisser le visiteur libre d’interpréter et d’imaginer le reste. On choisit de garder une trace de l’œuvre telle qu’elle était représentée à un moment donné de son histoire et de l’insérer parmi d’autres traces d’époques successives, en un mélange subtil de regards qui se superposent. Comme ce fragment de frise, datant du XVIIIe siècle, restauré et laissé là, trônant tout en haut d’un mur immaculé, à quelques centimètres d’un plafond de bois peint, venant souligner tel un point d’orgue les toiles de l’exposition.

    Pas de doute, le couvent Saint-Anne est un bijou d’architecture retrouvée qui vient embellir une ville dont l’immense richesse historique et artistique ne cesse de nous surprendre.

    Article paru sur le site Le Monde.fr

    L’hôtel-musée d’un mécène génial

    Inoubliable, unique au monde, stupéfiant, magnifique, les adjectifs ne manquent pas pour qualifier l’hôtel l’Atelier sul Mare, situé à Castel di Tusa, petit village sur la côte à mi-chemin entre Palerme et Messine. De fait, on n’a jamais rien vu de pareil. Ici, on est loin de l’anonyme froideur d’une banale chambre d’hôtel. On pénètre, au contraire, dans l’univers génial d’un excentrique au grand cœur, féru d’art contemporain, dont l’objectif est de partager sa passion avec le plus grand nombre. Sur les quarante chambres que compte l’établissement, en effet, 15 sont des « chambres d’art », conçues et réalisées par des artistes de renommée internationale, sous la houlette du mécène et maître de céans, Antonio Presti. Ce fils de constructeur immobilier a quitté le monde des affaires à la mort de son père pour se consacrer entièrement à la diffusion de l’art et de la bellezza. « Mon objectif est de communiquer une émotion, car là où il y a émotion, il y a vie, il y a beauté », explique le mécène.

    En 1986, il inaugurait déjà la première œuvre de la Fiumara d’Arte, sorte de vaste musée à ciel ouvert où des sculptures monumentales, réalisées là encore par de grands noms de l’art contemporain, sont disséminées le long d’un territoire qui s’étend sur une vingtaine de kilomètres dans la superbe vallée des monts Nebrodi, dans les environs de Castel di Tusa.

    L’hôtel, pour sa part, va bientôt fêter ses 27 années d’existence, les premières chambres d’auteur (Il Nido par Paolo Icaro et Mistero per la luna par Hidetochi Nagasawa) ayant vu le jour en 1990-91. La toute dernière doit être livrée en mars prochain. Elle s’intitulera Io sono acqua, sera conçue par l’artiste Agnese Purgatorio et inaugurée par Danielle Mitterrand en personne, dans le cadre de son action en faveur de l’eau, à travers sa Fondation France-Libertés.

    Aucune de ces chambre n’est identique, la seule contrainte imposée à l’artiste pour l’aménagement de l’espace étant de fournir à l’occupant de quoi dormir et se laver. Certaines ont un lit triangulaire, d’autres circulaire et rotatif, d’autres encore mobiles. Mais presque toutes bénéficient d’une vue absolument imprenable sur la mer, distante d’une dizaine de mètres à peine, qui fait bien souvent partie intégrante du décor. Et que dire de la chambre aménagée par Raoul Ruiz, La torre di Sigismondo, située dans une tour dont le plafond s’ouvre entièrement sur le ciel étoilé ? Le cinéaste chilien a d’ailleurs utilisé cette chambre pour le tournage de son film Viaggio clandestino – Vite di santi e di peccatori en 1994.

    Conscient de la richesse artistique de son hôtel, le directeur offre la possibilité à ses clients – dans les limites disponibles, naturellement – de changer de chambre chaque nuit au cours de leur séjour. « Le véritable voyage s’effectue à l’intérieur de l’hôtel et mis à part quelques plongeons dans la mer toute proche, les clients passent le plus clair de leur temps dans nos murs », raconte M. Presti. Lorsque l’on sait ensuite que l’on y sert des plats typiques de la gastronomie sicilienne, notamment une excellente pasta coi broccoli e pinoli, à base de choux-fleurs, pignons de pin et raisins secs, préparée par la cuisinière de la maison, la signora Maria, on comprend aisément qu’on ait du mal à quitter les lieux.

    La salle du restaurant sert aussi de salle d’exposition d’art contemporain. En outre, il est également possible d’y suivre des ateliers de céramique, tenus par des artistes de la région, haut-lieu de la céramique traditionnelle sicilienne (Santo Stefano di Camastra se trouve à 10 kilomètres). Ouvert toute l’année, l’établissement accueille une clientèle internationale et pratique une politique des prix délibérément basse (90 euros la nuit en chambre d’art, petit déjeuner compris, contre 60 en chambre standard). A ce prix, cependant, il ne faut pas s’attendre à disposer de services supplémentaires : ni télévision ni minibar dans les chambres. En revanche, les clients pourront prochainement tester un ascenseur d’un genre nouveau : pour accéder à l’étage souhaité, ils devront entonner le ôm indien, sinon point d’envol ! C’est là la dernière invention mise au point par Antonio Presti, qui sera installée dès que les fonds nécessaires seront réunis. Mais l’homme a plus d’un tour dans son sac et pourrait réserver encore bien des surprises à ses semblables.

    Infos pratiques :
    Atelier sul Mare
    Via Cesare Battisti, 4
    98079 Castel di Tusa (ME) – Italie
    Tel : +39 0921 334 295

    info@ateliersulmare.it

    Article paru dans le magazine Ulysse n°107 (mars-avril 2006) et sur le site Le Monde.fr

    Des week-ends A.O.C.

    Trois jours pour visiter, au choix, les caves, les cuisines ou les sentiers boisés de Sicile

    C’est un verre de vin à la main que se conclut la visite des Caves Calatrasi, dans les vertes collines de la Valle dello Jato, à 30 kilomètres de Palerme, où abondent vignobles, oliviers et terres cultivées. Bien qu’elle exporte désormais aux quatre coins de la planète, la Maison Calatrasi a su garder toute son âme de vigneron sicilien. Ici, on prend le temps d’accueillir les visiteurs pour leur présenter par le menu les vins du terroir. En compagnie d’autres producteurs de vin, de fromages, d’oléiculteurs, d’agriculteurs bio, de boulangers, de pâtissiers, de restaurateurs et de propriétaires d’agritourisme (cette forme de « tourisme vert » très répandue en Italie qui propose hébergement et repas en milieu rural), la maison Calatrasi a adhéré à une charte pour promouvoir les produits de la gastronomie sicilienne. Les adeptes du slow food sont ainsi conviés à un circuit œnologique, culinaire ou encore de découverte de la nature dans la province de Palerme, dont le territoire couvre près du quart de l’île.

    Trois jours, pour visiter les caves et les vignes du terroir, avec cours de dégustation à la clef. Des œnologues et agronomes se chargent, en effet, d’initier les visiteurs aux arcanes de la culture et de la production viticoles de la région, en présentant les différents cépages blancs (notamment le cataratto et l’inzolia) et noirs (dont le fameux nero d’Avola). « Ici, nous associons la tradition ancestrale aux technologies viticoles les plus modernes », explique Silvia Sciarrone, responsable du laboratoire de Calatrasi. Nous procédons à des contrôles de qualité à chaque étape de la production, depuis l’arrivée du raisin jusqu’à la confection des cartons destinés au transport des bouteilles ». Il va sans dire que les repas – des plats typiques préparés à partir de produits cultivés dans la région – ainsi que le séjour en agritourisme sont au niveau des nectars dégustés.

    La formule gastronomique se décline sur le même principe. Le premier jour, le chef de La Botte, un restaurant renommé de Monreale, dans les environs de Palerme, dresse, à l’intention des visiteurs, un panorama complet de la cuisine sicilienne, notamment la célèbre caponata, la pasta con le sarde ou les involtini alla siciliana. Une bonne mise en bouche avant de passer à table. Le lendemain, tout le monde au marché, puis direction les cuisines d’un autre restaurant pour préparer un repas traditionnel. Les achats sont effectués dans l’un des plus anciens et plus pittoresques marchés palermitains. Dépaysement garanti ! Sans oublier, le troisième jour, la visite d’une célèbre pâtisserie, où les typiques cannolo, à base de ricotta, et cassata siciliana, le gâteau des fêtes, feront saliver les plus gourmands.

    Les amoureux de la nature, de leur côté, choisiront l’une des multiples formules qui leur permettront de sillonner les sentiers des nombreuses réserves naturelles de la province, d’observer une faune et une flore d’une rare diversité (l’aigle royal, l’emblème de Palerme, y a élu domicile) et de visiter les campagnes et villages environnants, gardiens de traditions perdues et de rythme de vie oublié. Là encore, il serait impensable de dissocier la découverte de la nature et celle de la cuisine locale. Les randonnées dans les bois et les montagnes sont donc ponctuées de visites chez des producteurs d’huile d’olive ou de fromages, et même chez un meunier, qui accepte d’ouvrir les portes de son moulin moyennant un petit supplément. Un restaurateur, dont le restaurant est situé dans les anciens greniers à blé du château de Caccamo construit à l’époque des Normands, concocte pour ses hôtes une grande variété d’antipasti et de spécialités locales, qui raviront le palais des gourmets.

    Ces différentes formules ont été élaborées en étroite collaboration avec l’Aapit, un organisme chargé de promouvoir le tourisme dans la province de Palerme. Les meilleures saisons pour effectuer ces circuits sont le printemps et l’automne – et éventuellement l’hiver qui n’est jamais bien rigoureux. L’été, en revanche, est à déconseiller à tous ceux ou celles qui redoutent la chaleur – à moins d’intégrer ce circuit de trois jours dans un séjour plus long, et d’aller se rafraîchir sur la plage. Pour Ulysse, la période idéale se situe sans aucun doute aux alentours de Pâques qui, avec ses pâtisseries et ses typiques brebis en pâte d’amande, fournit un nouveau prétexte pour céder à la gourmandise.

    Site officiel de l’AAPIT de Palerme : www.palermotourism.com
    Renseignements et réservations : Land Tour
    Tel : + 39 091 51 32 21 ou + 39 091 52 09 70
    E-mail : info@landtour.it
    Site : http://www.landtour.it

    Article paru dans le magazine Ulysse n° 107 (mars-avril 2006) et sur le site Le Monde.fr

    Un musée au charme indéfinissable

    Le Musée régional d’histoire naturelle et de la charrette sicilienne, dit Palazzo d’Aumale, est plutôt récent, puisqu’il a été inauguré en 2001. Il est situé à Terrasini, à 25 kilomètres environ à l’ouest de Palerme, un charmant village de pêcheurs qui possède l’une des plus belles côtes sur la mer. L’été, ses plages de rochers, Cala rossa, et sa mer cristalline attirent de nombreux Palermitains et touristes.

    Pourquoi l’appelle-t-on Palazzo d’Aumale? Eh bien, tout simplement parce qu’il appartenait au duc d’Aumale, qui n’était autre qu’Henri d’Orléans, quatrième fils de Louis-Philippe, roi de France, et Marie-Amélie de Bourbon. Outre sa carrière militaire et politique, ce fut un éminent historien élu à l’Académie française, un collectionneur éclairé et un brillant homme d’affaires. En 1853, il avait racheté l’édifice qu’il fit agrandir ainsi qu’un vaste domaine de 6000 hectares, le feudo dello Zucco, pour se lancer dans la production et le commerce du vin. Sous son impulsion, le cépage du Zucco produisit un excellent vin, plutôt fort puisqu’il était envoyé en France pour couper les vins à faible degré d’alcool.

    Aujourd’hui, le musée abrite une superbe collection d’histoire naturelle (oiseaux, papillons, coquillages ; les fossiles sont particulièrement impressionnants), d’archéologie (principalement des amphores retrouvées dans les fonds sous-marins au large de Terrasini) et surtout de magnifiques charrettes siciliennes, richement décorées, élément incontournable du folklore sicilien. Toutes ces collections sont présentées et agencées de main de maître, faisant de ce lieu une véritable perle de petit musée.

    Et si je vous dis que le Palazzo d’Aumale est situé non loin de la réserve de Capo Rama, un petit paradis sauvage qui surplombe la mer, vous n’aurez plus aucune excuse pour ne pas vous rendre en ces lieux enchanteurs pour une balade hors des sentiers battus.

    Heureux qui comme Ulysse…

    terrasini

    Impossible de résister à ce petit clin d’oeil et de ne pas parler des étapes du héros homérien en Sicile. Et elles sont nombreuses. La plus connue, sans doute, est celle de Polyphème, le Cyclope qui vit près des pentes de l’Etna et qu’Ulysse aveugle en lançant un tronc d’arbre dans son unique oeil pour s’échapper, lui et ses compagnons, de la grotte où le géant les retenait prisonniers. Mais il y a aussi l’île du roi Eole, que l’on identifie généralement à Lipari, l’une des sept îles éoliennes au nord-est de la Sicile. Le maître des vents fait le don à Ulysse d’une outre remplie de vents devant favoriser son retour à Ithaque. Mais croyant qu’elle contenait du vin, les compagnons d’Ulysse l’ouvrent, provoquant ainsi une tempête magistrale. Certains situent également quelque part en Sicile l’antre de Circé, la magicienne qui transforme les compagnons du héros en pourceaux. Après avoir échappé aux sirènes et franchi, sains et saufs, le détroit de Messine où sévissent Charybde, fille de Poséidon et de Gaïa changée en gouffre marin par Zeus, et Scylla, monstre marin perché sur un rocher, les navigateurs débarquent sur l’île de Thrinacie, qui n’est autre que l’un des noms de la Sicile antique (la Trinacria). Affamés, ils dévorent des boeufs consacrés à Hélios, le dieu du Soleil. Pour les punir, Zeus foudroie les malheureux et détruit le navire. Seul Ulysse, qui n’avait pas touché au troupeau sacré, a la vie sauve et parviendra à gagner la Grèce à bord d’un radeau de fortune. De là dire qu’Homère s’est rendu en Sicile pour y composer l’Odyssée, il n’y a qu’un pas que nombre de Siciliens n’hésitent pas à franchir…